<i>i
2Htt#
■*m-)jM.
h
,-'^
s
X>
I
•^ .-—
,'
m
HARVARD
Të
MEDICAL LIBRARY
IN THE
Francis A.Countway LibraryofMedicine
BOSTON |-
m 1
k
LÏBRÂRY
OF
CH ESTER N. FRAZ1ER
T. H. S^Btin [e jeune Scu.lp>.
cou
D'OPERATIONS
CHIRURGIE,
DR'MONTRE'ES AU JARDIN ROYAL,
Par M* D I O N I S $ Premier Chirurgien de feues Mefdames les Dauphines , de Chirurgien Juré à Paris.
OU AT R IL* ME EDITION,
Revue > augmentée de Remarques importantes , & enrichie de figures en t aille s-douc es qui représentent les Inftrumens nou- veaux les plus en ufage.
Par G. dilaFaye, Chirurgien Juré à Paris*
#/?■
œ/nL&f+Ki,
A PARIS, rue Saine Severin* Chez d'HoURy, fenl Imprimeur &: Libraire de Monfei-
eneur le Due d'Orléans.
M. DCC XL. Avec Approbations & Vrivïlege du Roy;
_ .' ■ \ :,
<
AU ROY,
/ R E ,
Ce Cours d'Oplmtions de Chirurgie ajue fofe préjenter aujourd'hui d VoTRE Majeste',^^ hommage qui lui éft dû j put f que ce fi en exécution de fes Ordres
âii
iv E P I T R E.
quelles ont été démontrées dans [on Jardin Royal. VotreMaïeste^ toujours attentive au bien defes Jujets • i? fur ce qui peut contribuer à la perfection des Sciences & des Aits , n a pas Jeulement ordonné par nne Déclaration particulière , que les Ana- tomies s'y fififient publiquement ; Elle a voulu encore que les Opérations de Chirurgie y fufifient démontrées à portes ouvertes & gra- tuitement \ perjuadèe quil ne Jujftjoit pas au Chirurgien de connoître l'homme pour le gué- rir des maux dont il efit fi fouvent attaqué y & quil lui étoit impojfible d'y parvenir ? sd nétoit pleinement inftruit de toutes les Ope- rations qui fie pratiquent fur le corps humain. Si l'Anatomie doit [es plus grandes lumières à cet établi (fiement 5 la Chirurgie nefi pas moins redevable aux bonte^ de Votre M A J E s T e' , qui lui a procuré les moyens de Je perfectionner. L'autorité des premiers Anatomijhs nous tenant enchaine^, ne nous permettott pas de publier de nouvelles décou- vertes; & l'attachement quon ayoitponr r ancienne manière défaire les Opérations ?ious împkhoit de chercher les moyens de les rendre
E P I T R E, v
plus heureufes & moins cruelles > mais par les (oins paternels de Votre' Majesté', nous fommes revenus de cette aveugle preven-> ûon pour les Anciens.] e fus choifts t S I R E , en 1672,3 pour démontrer les vérités Ana- tomiques , & les Opérations Chirurgicales t fat taché de m en acquitter avec toute lv ar- deur & l'exactitude qui font dues aux or- dres de Votre Majesté*. Les diverfes Editions de PAnatomic de Phomme , telU que je l'ai démontrée au Jardin Rojal^ font voir quel le a été favorablement reçue du Public \ mais comme on ne peut pas douter que le fuccès tien fit du au nom augufîe de Votre Ma/este' , fefpere auffi que puifquElle ma permis de mettre ce même nom à la tête de ce Cours d'Opérations dé- montrées dans le même lieu , il ne fera pas: moins bien reçu de tous les Chirurgiens en <£€-*> neral, vu qnilsny trouveront plus ces fen ardens 4S ces inflrumtns affreux dont les Anciens épouvantoient leurs malades. J'ofe même préfumer que ïimpreffon de ce Livre deviendra également utile ZS aux jeunes Elevés en Chirurgie , 4s *à ceux qui lapra^
aii|
vj E P I T R E.
tiquent fi dignement dans les Armées de Votre Majesté'. Trop heureux > que mon foible talent m ait procuré cette occajton de marquer encore le ^ele ardent £b" le pro- fond refpecl avec lequel je fuis 3
S I R E ^
be Votre Majesté* 5
Le trés-humble , très-obéiflànt & très-fidele Serviteur ôc Sujet •> Dïonis»
vî)
♦«S **##*#**•:** * # # * #*#?*# # # # ^fi>
4^?fe c»|«) tfs eis ef«3 &tô &*£ cms 54s tfs ws &s ?ys &fsetô&tô^55*
PRÉFAC È.
TOus les Philofophes conviennent de l'importance de la Phyfique y qui pour nous înftruîre de i'Hiftoire naturelle, ne fe contente pas de monter] ufqu'âux Cieux, d'examiner ce qui fe parle dans les airs , de defcendre dans le fond des mers & de fouil- ler dans les entrailles de la terre : mais qui pénétrant dans chaque Etre en particulier, nous fait connoître tout ce qui compofe èc fait l'ornement de l'Univers»
La Phyfique ne pourroït pas déveloper les refTorts qui font agir tous les corps que nous voyons fans le fecours de rAnatomie y c'eft par fon moyen que dùTequant de fé- parant jufqu'aux moindres particules qui composent un tout, elle découvre tous les fecrets de la Nature j &; un cours dePhilo- fophie fer oit imparfait, s'il étoit privé des, lumières que lui donnent les Démonftra- tions Anatomiques.
Si le Philofophe eft indifpenfablement obligé d'avoir recours à l'Anatomie pour découvrir l'intérieur de chaque Etre , que ne doit pas faire le Chirurgien qui a pour
a iiij
viîj PREFACE.
objet le corps humain, l'ouvrage le plus parfait qui foit forti des mains duCréateur. Le premier contente fa curiolîté en aug- mentant fes connoifTances par celles que l'Anâtomie lui donne , mais l'autre ayant à travailler fur l'homme, ne doit pas igno- rer un leul des reflorts qui le font mouvoir 5 s'il veut être bon Chirurgien.
Il faut donc que la connoilïance du fujet précède celle des Opérations qu'il doit y faire : c'eft par cette raifon que chaque liy ver au Jardin Royal on commence par l'Anâtomie fur le premier cadavre qui fe préfente, & qu'enfuite fur un autre on fait toutes les Opérations de Chirurgie j 8c c'eft cette même raifon qui m'a engagé de don- ner au Public l'Anâtomie de l'homme a- vant ce Cours d'Opérations que je lui don- ne aujourd'hui.
Le Roi mieux informé qu'aucun de fon Royaume de tout ce qui peut contribuer au bien de fes Sujets , ordonna par une Dé- claration particulière qu'il fît vérifier & en- registrer en fa préfence dans le mois de Mars 1673. que les Démonftrations de l'Anâtomie Se des Opérations de Chirur- gie fe feroient toutes les années dans fon Jardin Royal à portes ouvertes & gratui- tement , afin de faciliter aux Etudians en Chirurgie les moyens de fe perfectionner dans un Art qu'il a toujours regardé com- me un des plus néceflàire dans un Etat,
PRFFACE. a
J'appelle la Chirurgie un Art pour me renfermer dans fon éthimologie qui effcdé- rivée de deux dictions grecques ; de Keir qui fignifie main, 6c â'Ergon qui veut dire Opération, de manière que Chirurgien & Opérateur manuel font mots fynonimes, qui font communs à tous ceux qui travail- lent de la main. Quoique le Chirurgien par cette éthimologie femble être confon- du avec tous les autres artifans , c'eft d'el- le néanmoins qu'il tire toute fa gloire y puifqu'elle le diftingue & le met au-deflus de tous les autres. Les Anciens qui ont donné la dénomination à tous les Arts, ont nommé Peintre celui qui fait les ta- bleaux, Sculpteur celui qui fait les figu- res, &c. Mais ils ont lamé par exellence le nom de Chirurgien à celui qui travail- lant fur le corps humain , avoit pour ob- jet le plus noble de tous les Etres.
Ce feroit pourtant avec quelque juftice qu'on pourroit qualifier la Chirurgie de icience, contre l'opinion de quelques-uns qui la traitent d'Art Amplement mécani- que : il eft vrai qu'elle opère de la main 5 mais comme elle n'exécute que ce que l'en- tendement lui dicte , elle ne mérite pas moins le nom defcience, que les Mathé- matiques qui tracent fur le papier avec la règle & le compas , les figures & les dé- monftrations quel'efprit imagine$ces deux fciences ont également des inftrumens qui
x PREFACE,
leur font propres $ & comme Pufage de ceux-là n'appartient qu'au Mathémati- cien 5 l'ufage du fcalpel ôcde la lancette eft propre au Chirurgien : car la féparation de la Théorie d'avec la Pratique, eft éga- lement impoffible dans l'une & l'autre de ces Sciences $ & comme on eftimeroit igno- rant un Mathématicien qui ne pourroit pas former fes figures ni faire fcs Démon- ftrations , on doit croire celui-là incapable de foulager autrui, qui auroit befoin du fecours d'une main étrangère pour guérir des maux qu'il fe vanteroit^d'avoir décou- vert. On peut non. -feulement mettre la Chirurgie au rang des Sciences, mais enco- re on doit la regarder comme la plus no- ble, la plus certaine & la plus néceflaire de •toutes $ puifque ce qui fait la noblefle d'u- ne Science, c'eft la dignité de fon objet.
La Chirurgie a pour objet le même que Dieu a eu pour celui de fa toute-puiffance , fur lequel il a bien voulu travailler de la main 3 car pour former tous les autres , TE- - criture nous apprend qu'il a feulement par- lé, & ils ont été faits : &c lorfque cette fcienee commande quelque chofe à prati- quer par la fuite des conséquences qu'elle tire defes principes,c'eft fur ce même corps qn'elle opère. Eft-il rien de plus glorieux pour le Chirurgien que de dire , que Dieu après avoir fait l'homme & avoir donné la forme & la figure à toutesles parties de for*
PRÉFACE. x]
corps convenables aux actions aufquelles elles étoient deftinées , il l'abandonne en- tre les mains du Chirurgien pour avoir foin- de fa confervation , & le maintenir dans cette conformation de toutes les parties ou il a reçues du Créateur ? Dieu l'a prafci- que étant lur la terre $ exerçant en toutes occafîons cette Chirurgie parfaite en tou- tes fes parties, qui en même-rems qu'elle connoîtlemal y porte la main, & le re- mède pour le guérir $ & les Apôtres fuc- ceileurs de fa charité auffi-bien que de fon
f>ouvoir, ne dédaignoient pas d'appliquer eurs mains fur les infirmitez des malades 5 &: par ces fecours charitables , ils conver- tifloient une infinité de peuples, qui leur voyant faire des cures extraordinaires , fe 1 amènent convaincre des véritez qu'ils en- feignoient. Les Rois & les Princes raifoient autrefois leur principale occupation de panfer les malades qui imploraient leur fecours , ne trouvant pas qu'ils fut au-def- fous de leur dignité d'appliquer leurs mains Royales pour guérir &; foulager le même fujet que Dieu avoit formé de fes mains di- vines , &: fans chercher des exemples dans l'Antiquité , nous avons vu le Roi faire préparer en fa préfence &: diftribuer chari- tablement à tous ceux qui lui en deman- doient, un Remède qu'il avoit reçu du Prieur de Cabrieres ; ainfi de tous les tems la Chirurgie a été regardée comme très-
xîj PREFACE.
digne d'être pratiquée par les plus Grands
de la terre.
La certitude de la Chirurgie eft mani- festement prouvée par les effets merveil- lieux qu'elle produit : en abattant les cata- ractes , elle rend la vue aux malades fur l'heure même. En vuîdant la poitrine par le moyen de l'empyéme , elle fait parler les muets. Et faifant les réductions des luxa- tions de la jambe &: du pied y elle fait marcher les boiteux. Enfin rien n'eft plus fur que ce qu'elle fait y en ajoutant au corps ce qui lui manque 3 en retranchant ce qu'il a de fuperflu , et en le confervant dans cette perfe&ion que lui a donnée l'Auteur de la Nature : et quoique toutes ces Opérations nous paroiflent des mira- cles , parce qu'elles guériffent l'homme dans un moment , ce ne font néanmoins que les effets ordinaires de la Chirurgie % dont la certitude ne peut être affèz ad- mirée.
Pour fe laiiTer convaincre de la nécef- fité abfolue de la Chirurgie , il n'y a qirà faire réflexion, que toutes les autres Scien- ces &; tous les autres Arts ne font nécef* faires à l'homme que pour vivre commo- dément j mais que la Chirurgie lui eft néceffaire pour vivre abfolument 3 puif- que dès le moment de fa naiflànce il im- plore fori fecours pour lui faire une liga- ture à l'ombilic , ou pour lui couper fous
PR'E'FACE. xîij
la langue le filet que fouvent il apporte en naiflant , fans quoi il périroit aufli-tôt qu'il a vu le jour. On peut ajouter que fans cette Science la terre feroit prefque toute dépeuplée , parce qu'il eft peu de perfonnes à qui dans le cours de fa vie, on n'ait pas fait quelque Opération qui Tait empêché de mourir. Si on ne panfe pas un coup d'épée ou dë'moufquet au travers du corps , fi on ne trépane pas quand on a le crâne fraduré , fi on ne fait pas l'Opération du bubonocele dans un étranglement du boyau , on meurt in- failliblement , 6c par conféquent il faut convenir de la néceflité de la Chirurgie qui enlevé tous les jours plufieurs perfon- nes du tombeau qui y delcendroient fans elle. Combien dans les Armées a-t'elle guéri de bleflez? Combien de grands Ca- pitaines feroient péris par des plaies épou- vantables lî elle ne les avoit pas fecou- rus ? C'eft dans les Armées , c'eft dans les Sièges que la Chirurgie triomphe , c'eft-là que tout reconnoit fon empire 84 fa néceflité i c'eft-là que les effets & non pas les paroles font fon éloge. On entend, les uns qui faifant le récit de leurs blef- f lires , publient lui être redevables de la vie : on voit les autres qui par la con- fiance qu'ils ont dans la Chirurgie, expo- fent encore leur vie avec plus de géné- jofité pour le fervice du Prince, perfua-
xfv PREFACE.
dez avec juftice qu'ils trouveront chez elle
tous les fecours qu'ils en attendent.
Ce font les Opérations qui en produ- fant des effets fi furprenans , rendent la Chirurgie lî recommanciable : c'eft pour- quoi celui qui s'engage dans cette pro- felïîon , ne doit rien négliger pour s'en initruire &c s'y perfectionner. Paris lui en fournit les moyens mieux qu'aucune Ville de l'Europe j il s'y fait des démonftrations publiques en trois endroits différens, au jardin Royal , à l'Ecole de Médecine, & à Saint Cofme , qui toutes étant faites par des Maîtres Chirurgiens Jurez de Paris , s'y démontrent avec la dernière exactitude.
j'ai fait pendant huit années celles du Jardin Royal, où le concours des Etudians étoit li grand , que la plus grande falle des- tinée à ces Démonftrations n'en pouvoit pas tenir la moitié, c'eft ce qui nous obli- gea de faire des billets cachetez que nous diftribuions aux Garçons Chirurgiens qui fervoient les Maîtres, qui feuls y pouvoient entrer, & cela pour éviter la confufion par l'exclufion de ceux qui étoient en bouti- que chez les Barbiers , & de ceux que la feule curiofité pouvoit y attirer.
Ceft ce même Cours d'Opérations que j'ai démontrées tant de fois au Jardin Royal j, que je fends public aujourd'hui dans l'ef- pérance qu'il ne fera pas feulement utile à
PR FF A C E. xy
ceux qui par l'éloignement des lieux , ou par leurs féjours dans les Provinces n'ont pas pu y affiftér,niais encore a ceux de Paris qui ayant quelqu'une de ces Opérations à faire en le lifant y trouveront ce qui fe fera écliapé de leur mémoire.
Si ce Cours d'Opération eft reçu favo- rablement des Etudians , & fi les connoif- feurs le jugent digne de leur approbation > c'eft à la Chirurgie de Saint Cofme que tout le mérite en eft dû. Je n'ai fait que re- peter les inftru&ions que j'ai puifées dans cette Ecole célèbre en me faifant palier Maître. Les quatre Prévôts qui font char- gez de faire faire à l'Afpirant toutes les Opérations fur le fujet pendant la femaine Anâtomique , ne laiffant pafTer aucune cir- conftance eflentielle j s'il s'enacquite bien ils lui font rendre raifon pourquoi il les fait ainfi , &: s'il manque en quelque chofe, ils le redreflent &: lui apprennent j de forte que celui qui a fait le chef-d'œuvre à Paris , fe peut dire fans conteftation Chirurgien delà bonne roche.
Mr Félix le père dans le deflein de met- tre un jour fon fils à fa place , voulut qu'il fût Maître : il lui fit faire le chef-d'œuvre avec toute la féverité qu'il demande. Mon- sieur Maréchal qui remplit la même char- ge de premier Chirurgien du Roi, a voulu que fon fils fui vît cet exemple, il en a fait tous les a&es avec la même axactitude que
xvj PREFACE,
font tous les autres. Pour moi qui al deux fils qui ont voulu embraffer cette profef fion 3 dont un a été Chirurgien ordinaire de Madame la DuchefTe de Bourgogne , de l'autre Chirurgien Major de l'Armée du Roi en Efpagne j je les ai mis fur les bancs ; auffi-tôt qu'ils fe font déterminez à être Chirurgiens , ils ont faits les vingt-cinq actes du chef-d'œuvre avec la dernière ri- gueur l ôc dans cette Compagnie ils ont puifé les lumières qu'on ne trouve point ailleurs. Dieu veuille, que les aggrégations, les arfociations , les légers examens qui y en ont incorporé plufieurs qui ne fe fen-> toient pas allez forts pour y entrer par la voye du chef-d'œuvre , ne diminuent rien de fon ancienne fplendeur , ne la faflènt point relâcher de la régularité dans (es ades , en prodiguant la qualité de Maître à des fujets indignes de la porter , & qu'en- fin on continue de dire comme autrefois > que l'Ecole de Chirurgie de Paris eftla pre- mière du monde.
Ces Opérations ayant été démontrées dans une des falles du Jardin Royal, ou on avoit fait une efpéce d'amphitéâtre en at- tendant que le Roi en eût fait faire un au- tre plus fuperbe &: digne de fa grandeur, comme il a été exécuté par la fuite 3 j'ai fait graver la maifon du Jardin Royal que j'ai mife à la tête de ce Livre, & en même- tems le dedans de l'Amphitéâtre de Saint
Cofme
P R E* F A C Ë. kvîj
Cofme que vous voyez au commencement de la première Démonftration , dans le- quel tous les fpe&ateurs font aflemblez. J'ai pris ce modèle comme le plus magnifi- que de ceux qui font à Paris • 6c tel qu'il doit être pour faire très-commodément des Démonftrations publiques*
J'ai divifèce cours d'Opérations comme mon Anatomie en dixjournées, La premiè- re traite en général des Opérations ôc des futures 3 la féconde , dès Opérations qui fe pratiquent fur le bas- ventre 3 la troisiè- me, de celles qui fe font fur la veffie , la verge, de la matrice : la quatrième, de cel- les que demandent les aînés , le ferotum &c Panus : la cinquième , de celles de la poitri- ne & du col: la fixiéme, de celles qui fe font à la tête èc aux yeux : la feptiérne, de celles qui fe rapportent à toutes les parties du vifage: la huitième, de celles qu'on fait aux extrémitez fupérieures $ la neuvième de celles qui fe font fur les extrémitez in- férieures 3 enfin , la dixième & la dernière de celles qu'on peut pratiquer fur toutes les parties du corps. J'ai cru cet ordre moins embarafTant pour les Ètudians , que fi je les avois mis confufément comme nous les voyons dans les Auteurs,
J'ai mis à la tête de chaque Opération une planche qui repréfente l'appareil tel que. le Chirurgien le doit préparer avant que de faire fon opération ; à celles qui fon£
xvîïj P R F F A C E.
légères, & qui ne demandent point d'appa- reil je n'y en ai point mis , &: à celles où il n'en faut pas un confidérable , j'en ai fait graver plufîeurs fur une même planche , le nombre des figures eft de plus de foixan- te, ce qui fait voir que je ne les ai pas épar- gnées , que j'y en ai mis autant que j'ai jugé qu'il en étoit néceflàire pour l'inftru&ion , èc pour la perfection de cet Ouvrage.
Il y a des lettres alphabétiques difper- fées dans le fecours de chaque Opération , qui ont raport avec celles qui font gravées dans la planche 3 de forte que celui qui voudra sïnftruire de la manière de la faire $ trouvera marqué par A le premier inftru- ment dont il doit fe fervir , &; continuant par ordre, il finira par Pinftrument ou le bandage marqué par la dernière lettre qui fera gravé dans la planche.
Ceux qui voudront voir un plus grand nombre d'inftrumens , je les renvoyé au Livre qui a pour titre I Arfenal de Chirurgie de S cuit et , fameux Chirurgien d'UImes 5 cet Ouvrage a été imprimé en latin à Fran- fort , il y a plus de foixante ans , &: depuis peu il a été mis en françois, &; imprimé à Lyon j ce LivrereflTembleafTezàunArfenal où l'on voit quantité d'Armes antiques, ca- pables feulement de contenter la curiofitéj mais qui ne font d'aucun ufage à préfent.
J'ai évité autant que j'ai pu les noms rudes & barbares que les Grecs ont donnés
F R E* F À Ç Ë, xïx
aux Maladies, èc aux Opérations qu'elles requièrent-, j'ai tâché déparier François, & d'en difcourir fous les noms les plus ufi- tez dans notre langue.
Je commence néanmoins par expliquer leur ethnologie , afin que le jeune Chirur- gien fçache d'où font dérivés des mots iî difficiles à retenir , je continue par la dé- finition, les différences, les caufes &c les ïignes de chaque maladie ^ je prefcris les reniédes convenables pour en obtenir la diration. Et fi la maladie ne cède point à ces remèdes, &; qu'il en faille venir à l'Opé- ration, je marque ce qu'il faut faire devant, durant , & après l'Opération , & comment il faut fe conduire dans le panfement, de forte qu'il ne tient pas à moi fi on n'obtient pas la fin qu'on fe propofe, qui eft. la par- faite guérifon.
Je rais plufieurs remarques , & je impor- te iouvent des faits hiftoriques qui doivent encourager le Chirurgien à entreprendre les Opérations. Depuis plus de cinquante ans que je pratique la Chirurgie à la Ville &: à la Cour, j'ai tant trouvé d'occafions de l'exercer, que tout ce que j'avance eft fondé fur ma propre expériencejc'eft pour- quoi oh peut m'en croire , 6c d'autant plus, que je ne cite rien ou très-peu de chofes ïur la bonne foi d*autrui.
Les portraits que je fais de plufieurs geiis qui ont monté fur la fcehë pour jouer des
eij
xx PRFFA CE.
. rôles différens dans la Médecine &: dans lz Chirurgie font tirez au naturel , on peut y ajouter toute la foi poffîble, puifque j'en ai connu les originaux , & que dans les hif- toires que j'en fais, je parle avec ma fince- rité ordinaire, je ne les rapporte que dans la vue de rendre fervice au Public , afin qu'il évite de fe livrer entre les mains de ces fortes de gens qui promettent infini- ment plus qu'ils ne peuvent tenir, &: de ceux qui n'ayant qu'un remède, le donnent têtQ baillée à tous ceux qui fe préfentent. S'il y a quelqu'un qui s'en trouve offenfé y ou par lui-même ou par fes amis , je lui dé- clare que mon deflein n'eft point d'infulter perfonne fur fa vie, fes mœurs & fa probité > que je n'attaque que ceux qui prennent impunément la qualité de Médecin ou de Chirurgien, parce qu'ils auront quelque lé- gère teinture de l'une ou de l'autre de ces deux Sciences. Je ne blâme point ceux qui charitablement diftribuent des remèdes aux pauvres qui leur en demandent 3 je fçaî qu'il y a quantité de perfonnes qui en don- nent dans l'intention de foulager lesmala- des &: fans aucun intérêt, &: je fçaiauffi qu'on peut être fort charitable & zélé pour le-prochain, &t en mêrne-tems ignorant Médecin , & dangereux Chirurgien.
Enfin , pour remédier aux abus , ou plu- tôt pour éviter les inconveniens qui arri- vent quelquefois dans Pesercice de deux
PRE'F A C K xxj
•profefïïons fi néceflaires à la confervation. de la vie des hommes , il femble qu'on ne peut rien ajouter de mieux à la diicipline qui s*obferv6 aujourd'hui, que les anciens Reglemens des Ecoles de Médecine & de Chirurgie de Paris : en effet on ne voit rien qui nef oit fagement établi pour porter les Elevés à la perfection de leur Art> par rap- port à la faine Doctrine qu'on y apprend. Les nouvelles inftitutions qui y ont été fai- tes , en doivent encore beaucoup augmen- ter la réputation & Te/time chez les Etran- gers. M. Fagon non content des foins qu'il prend à avancer la Botanique, la Chymier & la Chirurgie, parle choix qu'il fait, ou qu'il approuve des Profefleurs les plus ca- pables dans ces trois parties delà Médeci- ne , êc par les fecours qu'elles reçoivent de fon grand crédit auprès du Prince , a pour- vu depuis peu d'années le Jardin Royal d'un Cabinet des plus rares de l'Europe, en tout ce qui regarde les chofes naturelles , afin que dans le tems des Exercices de ce lieu les Phyficiens de tout le Royaume , & des autres Pays les plus éloignés y puif- fent venir s'inftruire de là nature & des propriétés de tous les mixtes qu'on y ex- pofe à leurs yeux , & dont on leur rapporte Thiftoire la plus certaine , pendant que d'un autre côte quelques-uns des plus illuf- très de notre Compagnie, ont fondé des> Leçons publiques, où nos jeunes Maîtres
ëiï]
xxf] . • PREFACE, donnent tour à tour des preuves de leur capacité dans les démonstrations & les ex- plications qu'on les engage défaire del'A- natomie, des Opérations, del'ufage méca- nique des os & de leur maladie , en mê- me -tems que M. le premier Chirurgien nous anime tous par le zélé qu'il témoi- gna tant à maintenir nos droits , qu'à pla- cer dans des poftes avantageux qu'il a à fa nomination les perionnes en qui il re- marque un vrai mérite, &: par les exemples Singuliers qu'il nous donne fi fréquemment de la plus ingenieufe §c dç 1^ plus hçurçuf^ pratique.
XXllj
AVIS
DE L'AUTEUR
D ES
REMARQUE S
IL n'eft pas néceflaire de relever ici par un long éloge le Cours d'Opération s de Chirurgie, dont on donne une nouvelle édition. Il fuffit de dire que c'eft l'ouvrage d'un des plus grands Maîtres de l'Art , èc un ouvrage digne de la réputation de fon Auteur j que c'eft un de ces Livres excellens aufquels le Public a toujours rendu juftice, &: dont le mérite a trouvé autant de fufrrages dans les pays étrangers que dans le lieu de leur naiflfance.
Je me contenterai donc d'expofer en peu de mot' ce que je me fuis propofé en compofant les remarque dont j'ai augmenté la troifiéme édition & cette qua triéme.
Mon buta été i°5 d'éclaircir certains endroits que les Etudians n auroient peut-être pas bien entendu. 2.°. De décrire plus au long quelques opérations dont j'ai crû qu'un détail plus exaâ feroit plaifir. 30. Enfin d'ajouter les découvertes qu'on a faites dans la Chirur- gie depuis que l'Auteur a donné fon Livre au Public.
Si je m etois borné à expliquer les endroits du texte où il fe rencontre quelque difficulté j le nombre de mes Remarques auroit été fort petit , car l'Auteur s'explique prefque toujours avec une clarté qui ne laiite rien à défireiv Mais comme fon Livre n'eft an-
xx iv AVIS.
tre chofe que le recueil de dix Démonftrations qu'il a faites au Jardin du Roy , 6c qu'apparemment les bornes du tems l'ont empêché de les étendre autant qu'il auroit été à fouhaiter *, j'ai crû rendre fervice aux jeunes Chirurgiens en leur expofant avec plus d'é- tendue quelques opérations importantes, C'eft la ma- tière de plusieurs de mes Remarques , longues à la vérité, mais que je n'aurois pu abréger Tans en retran- cher beaucoup déchoies fort utiles & que les Etu- dians n'auroient trouvé qu'avec beaucoup de peine &c de tems dans un grand nombre d'Auteurs , dont la plupart leur font inconnus. Ainfi j'efpere qu'on ne me fçaura pas mauvais gré de leur longueur.
Je me flatte qu'on recevra encore mieux celles ou je rapporte les découvertes qu'on a faites depuis la mort de l'Auteur. Les Arts fe perfectionnent tous les jours , de la Chirurgie eft un de ceux dont les progrès font actuellement plus fenfibles. Aucun fiécle n'a été plus fécond' en Praticiens ftudieux Ôc habi- les, Denujs le tems que M. Dionis adonné fon ou- vrage au Public , on a trouvé pluileurs manières d'opérer plus fimples , plus fuies & moins cruel- les que celles qui étoient alors en urage , on a in- venté plu fieurs inft rumens, Se l'on a fait des obfer va- rions qui ont défabufé de quelques erreurs qu'un ref- pect trop aveugle pour les Anciens & que la prati- que ordinaire avoir accréditées, Aufli ceux qui de- puis notre Auteur ont traire des Opérations , ont-ils répandu de nouvelles lumières fur cette matière.
Cette réflexion auroit pu faire regarder le Livre de M. Dionis comme un ouvrage incomplet. Il eft vrai que l'Auteur y donne non- feulement la deferi- f ion des Opérations & des Inft rumens , mais encore une idée des maladies Chirurgicales & le détail des appareils & des traitemens qui conviennent après chaque 0f ératipn -, ce qu'on ne trouve pas du moins
A V I S. xxv
avec la même étendue , dans aucun autre Traité fur cette matière. Mais comme depuis la mort de l'Au- teur on a fait beaucoup de découvet tes , il faudroit en reconnoiflTant la bonté de cet ouvrage , convenir qu'il y manquerait bien des chofes importantes.
Pour remédier à ce défaut, qui fans ternir la gloire de l'Auteur , fait honneur à l'application ôc à la fa- gacité des Praticiens de nos jours , j'ai fait un nom- bre confiderable de remarques qui renferment les nouvelles découvertes de qui ferviront par-confé- quent de fupplément.
Ceft avec confiance que je donne au Public cette addition, parce que je ne l'ai point tirée de mon pro- pre fond , mais de la le&ure des meilleurs Auteurs , des leçons & de la converfation des plus grands Maî- tres de nos jours. J'avoue que c'eft 3. leurs dépens que j'ai enrichi ce Livre d'une infinité d'obfervations utiles & curieufes , & que c'eft par leurs travaux que je me fuis trouvé en état de donner une Edition de ce Cours d'Opérations beaucoup plus complette que les précédentes.
Cette quatrième Edition a plufieurs avantages fur la troifiéme. J'y ai ajouté plufieurs nouvelles Remar- ques que j'ai jointes aux anciennes , & j'ai mis les unes ôc les autres au bas des pages aufqueiles elles ont rap- port , au lieu que dans la troifiéme Edition , elles ne fe trouvoient qu'à la fin de l'Ouvrage , ce qui étoic incommode. J'ai fait graver quatre planches des in- ftrumens dont je parle. Comme la première des plan- ches que l'Auteur a donnée , n'étoit pas afiez di- ftin&e , j'ai crû devoir lui en fubftituer une où les inftrumens fuifent gravés avec plus de foin : j'y ai ajouté les pincettes a anneaux indiquées dans une de nés Remarques par la lettre &.
Noms des Auteurs cités dans les Remarques,
ALbinus. Antoine Maître-tean. Arnaud.
Arnaud deRonfïl. Ariitote. Bai bette. Belloite. Berengarius. Brififeau. Boudou. Bicnaife. Caumont. Chefelden. Colot. Cortefîus Johan. Baptifta*
Commercium Lùterarmm , &c.
Darçeat.
Denis.
Duverney.
Defprés.
Ephemerides d'Allemagne.
Foubert.
Eabricius at> aqua pendente.
Fabricius Hildanus.
Frère Jacques.
Gérard.
Granier.
GalTendi.
Galien.
Garengeot.
Guerin.
Goulard.
Habicot.
Hiftoire de l'Acad. des Scienc.
Joubert..
Jonnot
Journal des Scavans.
Junckers.
La Peyronniee,
Ledran.
La Haye*
Lecat.
La Motte.
Lktre.
Lafnier»
Morand.
Marchetis..
Manne.
Meuriffe.
Meekren.
Munnick.
Muys.
Mery.
Manget.
Mezeray,
Mercure de Fiance.
Michel.
Nuck.
Peyer.
Paré Ambroife^V
Petit.
Perchet.
Rulleau.
RamdorhêV
Rouhauk.
Rau.
Ruyfch.
Saviart.
Sennert.
Sabourin.
Sthal.
Tollet,
Thibault*
Taliacot.
Tulpius.
Vacher.
Verduin..
Virgili.
VerHier.
Ver duc.
Wertembergias*
Winflow,
XXV1J
TABLE
DES TITRES ET SECTIONS'
de ce Livn , contenant dix Bémonfirations.
PREMIERE DEMONSTRATION,
enfeignanr les chofcs néceflaires pour pratiquer
les Opérations,
D
V gênerai des Opérations r page i.
Des tnfirumens communs de chirurgie , i S
Des tentes & canules , 28
Des botirdonnets & plumaceaux , 3 6
Des emplâtres , 4 5!
Des comprejjes , 4 ?
Des bandages y 5 ° Des futures tant en gênerai qu'en particulier , 5 9
SECONDE DEMONSTRATION,
contenant les Opérations qui fe font fur le
ventre inférieur..
J>e la ligature de l'ombilic 3 7%
De la Gaftroraphie a 79
De VExemphale , 1 o 4
De T Epiplomphale y * 108
De VEnteromphale y ibid
De l'Epiplo-enteromphale% ibid.
De l'Rydromphale , ibid,
Qe U Pneumatomphale 3 ibid*
xxviij TABLE.
De la sarcomphale , i 0 ^
De la Varicomphale , I 0 p
De la Hernie ventrale , i i p
De la Paracentefe , 122
De l'Opération Ce [arienne y 122
TROISIEME DEMONSTRATION,
renfermant les Opérations qui fe pratiquent fur la veffie , fur la verge & fur la matrice.
Del* extraction de la pierre , page 173 Des pierres trouvées dans les reins du Pape Innocent
**• 182
Du la fupprejfion d'urine , 1 p 1
Du Catheterifme , j y a
De la pnclwn au perinê ', 1 9 e
Du haut appareil , 221
De la pierre dans l'urètre y 2 3 2
D* la taille des femmes , 226
Hipire du Frère Jacques -„ <2 3 9 & fuiv.
£*j Opérations fur la verge , 25^
D« phjmojts. 2 ^ g
D« Paraphymojis , 2^2
Ite l'adhérence du prépuce , 265
D« porreaux de la verge , 2 6 7
D* / Wfr* ##j wV/l />4J /> w<? , 2 6 S Z)w d^att </« gland & des moyens dy remédier y
169 De la carnojîté ; 27 r
Des Opérations fur la matrice y 2 74.
Des accouchemens & des occajîons qui demandent le
Chirurgien , 2 8 3 , "2 8 4. & fuiv.
Des fuites des accouchemens , & des defcentes oit
chutes de matrice qi(i en arrivent y 3 a 3 & fuiv*
TABLE xxiV
QUATRIEME DEMONSTRATION^
traitant des Opérations qui fe font aux aynes , au fcrotum 3 8c à l'anus.
Des hernies -, de leurs caufes , & de leurs différente»
efpeces , page 3 1 3 & fuiv.
Dm bubonocele , 34,0
D?* hernies des femmes , 36a
jDw opérations du fcrotum , d* <fc* cjw£ /orm <k tar
miâr.' qui les caufenti 365
D* l'Hjdrocele , ibid.
Dtf Pneumatocele , 3 7 II
D# Sarcocele 5 372
H//?0J?e d'à» farcocele inégal a un pauvre MalaboH j
372
D« varicocele & du circojele 9 37^
D? l'hernie humorale , 380
De /<* relaxation du fcrotum , 382
De la caftration , 384,
De* opérations a Vanus , #• ^^ f4«/>* pour le f quelles
on les fait, 388
Du fondement clos naturellement , 390
De la chute du fondement , ^ 392
D« condilomesy crêtes , r^<fr* <^ fungus\ 3 9 ^
Des hémorroïdes y S 99
De la fiftule 4 l'anus , 4 ° 5
CINQUIEME DEMONSTRATION?
contenant les Opérations quife pratiquent à
la poitrine de au col.
De l'Empiême au fujet du fang > du pus m de l'eau con^
tenue dans la poitrine > 422
Des fiftule s du thorax > 4 4 *
&?s Opérations du mammtlon | - 444.
&xx TABLE
tj)es abfces a la mammelle > 44 g
[Du cancer 9 4,50
^Delagibbojîté , 466
|Z>* /<* faignée de la jugulaire ~ 470
iD^ /# Broncotomie > 4 7 £
SIXIE'ME DEMONSTRATION,
traitant des Opérations qui fe font à la tête &:
aux yeux.
fyes fr allures du crâne \ page 4 8 1
(P« Trépan , ç 1 ^
£)# panfement du Trépan > 522
!£>é l'hydrocéphale > * * 2 f
%>ç l'anchiloblepharon 3ou agglutination des paupières ■
pu Lagophtalmos , eu rttraclion de la paupière ftipe- rieure, ç 35 tye l'Eiïropion > ou renverfement de la paupière infé- rieure , * , K 5D« crithe ou grain d'orge * ^<j QD« calaùon ou grain de grêle , ^7 (De Vhidatis , /o«/>e d£j paupières , 53 g &# difiichiajis , c?« «&«£fc r^ rfe #/£* 539 !D« phalangojîs , ou herifjement des cils , 540 'Du ptojis y ou renverfement des cils , ibici. De s maladies des tuniques de l'œil , 542 *Be l'hypopion , ou colleclion du pus aux yeux , ibid* pD« pterigion , ou excroiffance dans l'œil * 543 î)« proptojis , o« forgetement de l'œil , 547 rD* l'hypoebyma f ou cataraiïe , 54^ JD* s ordures entrées dans l'œil , 55g D** maladies des angles des yeux , 5 59 Del'Eckantis, ibid. Del'Anchilops , 5 60 %)t l'Mgilops 9 55 1
TABLE. ; &xxj
'Des moyens d'empêcher de loucher , *$yz
Des yeux artificiels t 57$
SEPTIEME DEMONSTRATION,
concernant les Opérations qui fe pratiquent
à toutes les parties du vifage.
Du polype, ^7%
De VoiLene > 585
Des plaies du nez. , 5$7
Des faignées de la Tête , 5 9°
De ï Artenotomie , 59 5
Du bec de lièvre , 597
Des opérations des gencives > 60 f
De celles des dents , 608
De selles de la langue , 623
De celles de la luette , 62 y
De celles des Amigdales , 6 3 z
De celles du gosier , *> 3 4»
De celles des oreilles > t 635
Des parotides , 63 8
Dugoetre 9 6 39
Des Ecrouelles , 641,
HUITIE'ME DEMONSTRATION, expliquant les Opérations qu'on fait aux extré- mités fupérieures.
De la faignée , & de tout ce qui raccompagne > 64,4,
De ÏÀnevriJme , 68 8
De la future du tendon , 7 I îi
Des doigts adherens , 7 1 y
De la courbure des doigts y 7 *T
Du Panaris , ibid*
De l'extirpation des doigts , 7 2 5 De la transfujïon > & pourquoi on Va condamnée > 71%
xxxij TABLÉ.
NEUVIEME DEMONSTRATION, traitant des Opérations qui fe font fur les extrémités intérieures.
De V amputation d'une jambe , 732
Des jambes de bois y 7 3 1
Des Varices f ; 7 76 z
De la faignée du pied , 767
Des pieds contrefaits , 77 $
De l'entorfe > 777
Des durillons & des cors aux pieds ? 780
De l'ongle qui entre dans la chair 7 % 1
Biftoires de quelques Empiriques , 7S6
DIXIE'ME ET DERNIERE
DEMONSTRATION,
comprenant les Opérations qu'on peut pratiquer
fur toutes les parties du corps vivant, ou
aptes la mort.
De Vextraclkn des corps étrangers , 797
Du Seton , S 14
De l'ouverture des abcès * 817
Du car bonde , 815
De l'antrax , 8 2 6
Des tumeurs Enhftées^ Bip
Des cautères , 835 Des Ventoufes , ,841
Desfangfues .847
Des Veflic atoires , 849
D* VEchimofe . 852
Df j Verrues ou porreaux . 8 5 ?
De l'ouverture d'un dsrps mort > 858
Ite l'Embaumement , 86 8
Fin de la Table»
COURS
■v'* '
la.Je-etirtr Le .
C O U R S
D'OPERATIONS
DE
CHIRURGIE,
DEMONTREES
AU JARDIN DU ROY,
DES OPERATIONS EN GENERAL.
PREMIERE DEMONSTRATION.
Ou s voici arîemblez , Meilleurs, fui- vant la coutume fi fagement établie à la gloire du Prince & à l'avancement de la Chirurgie, pour commencer au- jourd'hui fur le fiijet que vous voyez, un Cours d'Opérations que j'efpere que nous achè- verons dans les dix journées qu'on employé d'or- dinaire à cet exercice.
Les Démonftrations que nous avons à vous faire, font abiolument néceffaires à ceux quife deftinent à la Chirurgie & qui Yeulenc mériter le nom de
A
Portrait d'un bon Chirurgien.
% Des Opérations de Chirurgie, Chirurgien *, nom autrefois fi eftimé que les plus grands Princes même ne dédaignoient pas de le porter , en fe faifant appeller du nom de la partie de Chirurgie dans laquelle ils exceiioient, comme on peut juger par l'étymologie de ces noms d*Her- cule , d'Efculape , de Machaon , &c. Il vantez pour- leurs belles cures.
En effet cette Profefïîon s occupant toute a la confervation èc au rétabliflement de la fanté de l'homme , le chef-d'œuvre le plus accompli de l'U- nivers , ne doit-on pas convenir qu'elle eft autant au-deflus des autres emplois 9 que fon objet eft pré- férable au refte des êtres , & (a fin aux plus grands defTeins qu'on fe puifTe propofer i Pour peu aufîî que l'on réfléchifïe fur les puilfans fecours qu'on ti- re tous les jours de ce grand Art qui n'agit que fur des principes fûrs 8c manif elles , on fera bien- tôt convaincu que rien n'eft plus utile dans un Etat que de bons Chirurgiens.
Par de bons Chirurgiens je n'entens pas parler de ceux qui prétendent à cette qualité, parce qu'on leur aura appris à faire une emplâtre & une faignée, ni de ceux qui connoiflfant leur foiblefte n'ont ofé s'expofer à fubir la rigueur du chef-d'œuvre ', mais j'entens parler de ceux qui après une loua- ble éducation > ont été inftruits des préceptes de la Chirurgie par de bons Maîtres , qui ont enfuite pratiqué dans les Hôpitaux des Villes & dans les Armées félon les lumières & la faine méthode qu'ils ont puifées dans l'Ecole de S. Corne , qui eft âfTurément le lieu où fe forment les plus habiles Chirurgiens de l'Europe. Je parle enfin de ceux qui ont pour principal but de leurs travaux la gloi- re de guérir ou de foulager autant qu'il eft pollî- ble, généralement toutes les perfonnes qui ont be- foin de leur affiftance } Se qui n'étant point avides du gain , courent également chez les pauvres corn* me chez les riches.
Première D e'm onstration. 5 La Chirurgie a été définie diverfement par dif- Définition ferents Auteurs j les uns l'ont honorée du titre de ^ Ia chlrur- fcience â les autres ont prétendu qu'elle étoit un art amplement mécanique , &r d'autres ont foutenu qu'elle étoit fcienee 6c art tout enfemble , 6c que ces deux chofes n'en pouvoient être féparées Tans la rendre imparfaite -, pour moi qui fuis du nombre de ces derniers } je dis que la Chirurgie dans toute fon étendue eft une habitude de l'entendement for- mée par l'étude 6c par des réflexions fur l'expérien- ce, pour connoître les maladies du corps humain 6c en même-téms une dextérité acquile par un ufage fréquent 6c bien ordonné , pour appliquer avec les mains aidées des inftrumens les remèdes aux mala- dies qui en ont befoim
Tous les anciens ont auffi divifé la Chirurgie en Divifion de deux parties -, fçavoir sen Théorique & en Pratique, * lrurêic » ils dilent que la première eft une fcienee qui enfei- gne la manière d'opérer pour la guérifon des mala- dies , & ils veulent que la féconde foit un art qui guérit effectivement par l'opération de la main adroitement dirigée. Il y a des Médecins qui ont fuivi la même diviiîon qu'ils ont exprimée en des termes differens 3 partageant toute la Chirurgie en Chirurgie médicale 6c raifonnée , & en Chirurgie manuelle 6c operative; C'eft en conféquence de cette diftinétion qu'ils établirent deux fortes de Chirurgie , qui peuvent être pofledées féparément par différentes perionnes , prétendant que la pre- mière eft le partage des Médecins , 6c que la fé- conde appartient aux Chirurgiens.
Mais il faut demeurer d'acord qu'un Chirurgien qui n'auroit que cette Chirurgie pratique , ma- nuelle 6c operative pour fon partage, feroit un Chi- rurgien qui coureroit fou vent rifque de tuer ou d'eftropier fes malades , quand il n'auroit pas de Médecin pour le conduire ; 6c même en la prefence du Médecin ne feroit- il pas encore en danger de
4 Des Opérations î>e Chirurgie ; faire des fautes , fi fa tête n'étoit la conductrice de la main ? En effet pour marcher furement ii faut avoir des yeux clairs voyans de des jambes fouples Se agiles , l'un fans l'autre eft infuffifant. Un aveu- gle,par exempte, qui aura de bonnes jambes,& qui fera mené par un conducteur éclairé Se fidèle , ne laifTeroit pas de trembler en marchant , parce que la lumière fera féparée de la puifTance qui le fait marcher : de même quelque expérience qu'un Chi- rurgien puifTe avoir , s'il n'a pas la connoiiïance xjui le doit régler dans fon ouvrage , il travaillera -en aveugle *, Se s'il n'efl pas bon Théoricien , il ne fera jamais praticien habile. La Théorie \[ faut jonc qUe [e Chirurgien pofTede l'une Se bie 'àc^î™' l'autre de ces deux parties de la Chirurgie. Lapre- Pranque, miere s'acquiert par la connoiiTance des maladies qui arrivent à l'homme , & la féconde par l'habitu- de que l'on contracte à bien exécuter toutes les opérations qu'elles peuvent demander pour erre guéries. Celle là a été renfermée par le fameux Guidon dans ilx Traitez , dont le premier parle dts tumeurs , le fécond des playes , le troifiéme des ulcères, le quatrième des fractures , le cinquiè- me des luxations , Se le fixiéme des maladies qui ne font point comprifes dans les cinq Trairez pré- cédera , comme la teigne , la goutte , la vérole , la perte Se beaucoup d'autres , dont l'intelligence , aufîi-bien que de celles que je viens de rapporter , fait ce qu'on appelle la Théorie Chirurgicale , fur- laquelle doit être fondée la féconde partie qu'on nomme la Pratique.
Je fuppofe donc que tous ceux qui font ici pré- féra , ont déjà ces premières connoifTances de la Chirurgie *, ci je me borne dans ce Cours à ne vous entretenir que de ce que chacun entend par les opérations Chirurgicales que je prêtera vous dé- montrer toutes , Se qui rempliront abondamment tout le tems qu'on a coutume de donner à ces Leçons publiques.
Première D e'm o n s t r a t i o -n. $
Tout le monde fçait l'obligation indifpenfable Pour être dans laquelle eft le Chirurgien d'être informé degi°cnn) ^f"^ TAnatomie avant que d'entreprendre de connoître être Anaço- les maux auiquels nous fommes alïujettis ôc de fe mi bazarder de faire aucune opération. . La connoiftan- ce de la ftru£ture de nos corps eft la bafe ôc le plus, ferme appui de la Chirurgie ^aufïï lui a-t'on don- né le premier rang entre toutes les feiences qui for- ment un habile Chirurgien,, C'eft pourquoi nous- commençons toutes les années nos inftruétions par les démonftrations Anatomiques , afin de dif- pofer nos Auditeurs à ailifter avec fruit aux Opérations de Chirurgie qu'on démontre dans la fuite.
On doit entendre par opération de Chirurgie une prudente ôc méthodique application de la main fur le corps de l'homme pour lui conferver ou lui rendre la fanté.
Toutes les opérations de la Chirurgie fe redui- Quatre (br... fent fous quatre efpeces , dont la première rejoint tes d'°Fera~ ce qui a ete lepare , ôc le nomme Syntheie $ la fé- conde divife les parties dont l'union eft contraire a la fanté, ôc celle-là s'appelle Diérèfe -, la troifiéme qu'on a comprife par le mot d'Exérèfe , ôte ce qui eft étranger ; ôc la. quatrième qu'on appelle Pro- thèie , ajoute ce qui y manque»
La Synthèfe eft une opération qui réunit ôc remet Ce qi«-c*efe avec adrefle les parties de notre corps divifées ouqueSïntb* a déplacées contre le cours ordinaire de la nature. El- le eft de deux fortes , ou commune ou particulière, la première fert à toutes les opérations , c'eft à cel- le- la qu'on' rapporte l'application d&s attelles , des ■ comprefles, des bandages , la bonne lituation de la partie malade, ôc généralement tous les inftrumens, ôc toutes les manières qui peuvent contribuer à ré- tablir, ou à rafermir les parties chacune en fon lieu» La féconde s'exerce tant fur les parties molles , que fur les parties duresjcelles des parties molles fe fak
A iï|
ë Des Opérations de Chirurgie. en deux manières*, fçavoir , (ans divifion , Ôc alors elle s'appelle taxis , c'en;- a-dire arrangement ; ou bien avec divifion ôc on la nomme raphéaxx future. Celle des parties dures a aulli deux efpeces , puif- qu elle s'applique à ralîembler les os rompus , & à remplacer les os luxez ou difloquez. (a) Cette opé- ration a la prééminence fur les autres , parce qu'ou-
deSiMé'rèfe!^6 q^^ e^ la P^L1S nécefTaire , elle ufe encore des moyens les plus fimples pour reftituer au corps humain cette intégrité des parties qu'il a reçue de l'Auteur de la nature.
La Diérèfe eft une opération qui divife ôc fépare les parties dont l'union ôc la continuité eft un obf- tacle à la guérifon , ou qui font jointes & collées enfembie contre l'ordre naturel. Cette opération fe pratique en quatre manières 5 fçavoir,en entamant, en piquant , en arrachant Ôc en brûlant ; ces quatre efpeces de divifions conviennent également aux parties molles 6c aux parties dures , ôc cela s'exé- cute en tant de différentes circonftances , que la fubdivifîon que je vous en ferpis , vous feroit plus ennuyeufe qu'utile, puifque j'efpere vous les faire voir toutes dans le cours de ces opérations, (b)
(a) Quelques-uns aiment mieux divifèrla fynthèfe çn fyntbèie de continuité & en fynthèfe de contiguïté. La fynthèfe de continuité a pour objet les divisons con- tre nature , qui font de deux efpeces -, fçavoir , les plaies & les fraëtures, La fîtuation de la partie malade , le ban- dage, l'agglutination & la future font les moyens que la Chirurgie employé quelquefois féparement & quel- quefois enfembie. La fynthèfe de contiguïté a pour ob- jet le déplacement des parties , comme les hernies , les luxations ,1a chute de la matrice, celle du vagin & de l'anus. La première réunit ce qui a été divifé , la féconde jemet dans la fîtuation naturelle ce qui a été déplacé,
(è ) On peut divifer la diérefe en commune ôc en par^ ticuliere. La diérefe commune renferme toutes les opé- rations où Ton ne divife les parties que pour parvenir à quelque fin. Jelie clt rincifen que Ton lait pour tiier
Première Démonstration, y
L'Exérèfe eft une opération qui retranche ôc tire ce que c»eft hors du corps les choies qui lui font fuperflues ou^ i>Exe" nuiiibles & étrangères. Cette opération fe fait en deux manières , ou par extraction , comme lorfque ion eft obligé de tirer des choies engendrées natu- rellement dans lecorps,&: qui pourtant lui font de- venues étrangères , comme un enfant mort *,, ou de l'urine retenue -, ou par détraction , quand on ôta du corps les çhofes contre nature qui ont été in- troduites du dehors ; on en vient à bout > foit en faifant playe , foit fans faire playe > comme lorfque les matières fe font fourées dans des cavités qui ont des iiïues aifez larges > telles que celles du, nez , des oreilles , &c. Enfin pour bien exécuter ce que l'Exérèfe demande *, il. faut examiner , 1% quelle eft la partie dont on veut tirer quelque chofe. 2°. quels font les corps étrangers que Ton veut faire fortir , Ôc 30. quels fondes inftrumens. qu'on y peut employer.
La Prothèie eft le quatrième genre d'opération d fcéfi,nitîo* de Chirurgie par lequel on ajoute au corps quel- chèfe. que inftrument qui fnpplée à des parties qui lui manquent -, ces défauts viennent ou naturellement comme quand quelque partie manque à un enfant dès fa première formation > oui par accident , com- me quand on a perdu à l'armée un œil , un bras ,. ou une jambe 5 dans ce cas4à Ton a recours à quel- que organe qui repare la partie dont on eft maU heureufement privé. On tire quatre militez dif- vt'Ahé à* ferentes de la Prothèfe, la première regarde lalal'r0Lhefe" néceflîté de quelque action , comme d'ajouter une Jambe de bois pour marcher ,- la féconde- eft f cfiS
les pierres hors la veflie > telle eft auffi celle que Ton fait à la poitrine pour évacuer les rîuides épanchés , iu- le diaphragme , etc. La cîir;èie particu ie« a pour U>t la réparation des parties dont l'jnion eft contr ^natuv e.t Elire remédie , par exemple ,à Timperforation de l'anu** 5, à celle du va^ïn dans les femmes", & du gland dans te& hommes, &cr
A iiij
S Des Opérations de Chirurgie. rendre à quelque pâme Ton ufage, ou pour en faciliter l'action , comme quand on arj>lique a la route de l'intérieur de la bouche de ceux qui ont le palais rongé ou percé une petite platine d'ar- gent ou de plomb , fans quoi ils ne pourraient parler que du nez 9 5c n'avaleroient qu'avec pei- ne j la troifiéme pour l'ornement, comme quand on enchaffe dans l'orbite un œil de verre peint de figuré de même que le naturel j & la quatriè- me pour redreiTer la mauvaife conformation de quelque partie -, c'eft dans ce deîTein qu'on fait porter un corfelet de fer à de jeunes enrans donc l'épine ôc les cotez fe déjettent ôc prennent une courbure vicieufe. Quel ordre il Sous ces quatre efpeces d'opération font conv faut tenir prifes toutes celles que j'ai à vous faire voir , mais Pour dé™°""i'on ^ convient pas fur l'ordre que l'on doit tenir radons. pour les démontrer •, les uns dont Tnevenin eft du nombre veulent que l'on commence par celles qui appartiennent à la Synthèie , que l'on continue par celles qui regardent la Diérèie , enfuite que l'on vienne à celles qui dépendent de FExéuèfe , & que l'on finirTe par celles que la Prothèfe ordonne de faire ; les autres , parmi lefquels eft Fabricius d' A- quapendente, font précéder à toutes les autres opé-* rations celles qui fe pratiquent fur la tête",ils paiTent après à celles de la poitrine , ôc defeendent à ceU les du ventre pour finir par celles des extrêmitezj&: d'autres enfin prétendent que pour garder le fujet aflfez de rems , il faut fuivre l'ordre Anatomique le plus uiité j &c pour cet efret commencer par le bas ventre , afin de le vuider incontinent après que l'on aura achevé les opérations qui fe font à cette ré- gion , d'où l'on montera à la poitrine , & de-là à la teté 5 refervant les extrêmitez pour les dernières. Ce fera auflî cet ordre que nous tiendrons comme étant Se le plus commode pour la confervation de notre fujet , &c le plus fuivi dans les demonftra- Ùons publiques,
Première Démonstration. $ De toutes ces opérations il y en a de douces 8c. qui font quelquefois fort aifées à faire , comme la faignée j d'autres qui ont beaucoup de difhcukez de de danger , comme l'opération du bubonocelle ", 8c d'autres , qui ne fe peuvent faire qu'avec de très-grandes douleurs , 8c qui font horreur aux fpe&ateurs , comme l'amputation d'un bras > ou d'une jambe.
De plus 5 il y a des opérations dont les unes font Que les opé\.
tri f rr '- ' \ 1 ■ C 1> rations fonç
abiolument neceiiaires a la vie , enlorte que l on néceffairç$. ne peut fe difpenfer de les faire fans expofer le ma- lade à pérkjtel eft le trépan ou l'empiéme s 8c d'au- tres qui ne font néceflaires que pour la commodité de la vie , comme quand on tâche de fermer une fiftule lacrimale , ou d'abatre une cataracte. Enfin de ce grand nombre d'opérations que vous voyez décrites dans les Auteurs , ils y en a pluiieurs que l'on a rejettées , parce qu'elles étoient trop cruelles ou tout à fait inutiles , comme ces grandes inci- llons à la tête , 8ç ces cauterifations du foye , de la rate 8c des jointures.
Ce n'eft pas feulement fur le nombre des opéra- l* chîruro tlons que nous ne nous accorderons pas avec nos ^?e ^j^"- Anciens , nous nous écarterons encore davantage 4ue jamais, d'eux par la manière dont nous apprendrons à fai- re pluiieurs de celles qu'ils nous ont enfeignées. Ils les ontraportées comme on les pratiquoit dans leur tems , où l'on ConnoirToit très-peu l'œconomie ani- male -, mais aujourd'hui que la Chirurgie a acquis parles foins 8c par le génie d'une infinité d'habiles gens, plus de lumière 8c de politetTe qu'elle n'en a jamais eu , l'on a feparé ce qu'elle avoit de rude 8c de barbare3l'on en a retranché cq^ fers ardens 8c ces inflrumens affreux que les malades ni même les alîiftans ne pouvoient voir fans trembler : 8c par une méthode plus douce 8c plus humaine l'on gué- rit encore plus furement les malades que l'on ne faifoit autrefois avec ces grands préparatifs. çapa* blés d'épouvanter les plus intrépides.
ïo Dès Opérations de Chirurgie, Circonftan- Pour bien opérer , il faut le faire avec prompri- res pour bien tu<^e & aflurance du fuccès, avec agrément du côté opérer. du malade, Se avec dextérité Se fureté de la part de l'ouvrier, La promptitude s'entend de la diligen- ce qu'on apporte dans l'opération ou dans la guéri- fon , la fureté fe connoît quand on fçait employer les moyens que l'art preferit pour guérir parfaite- ment le mal3& empêcher ou qu'il ne revienne , ou que fa guérifon ne foit la caufe d'un autre plus grand. L'agrément confifte à ne point faire de la douleur que le moins qu'on peut , à ne point trom- per le malade , c'eft- a-dire > à ne rien faire que de fon confentement , Se a ne point imiter ces char-. latans qui promettent toujours de rendre en peu de temslafanté \ parce qu'il faut qu'un. Chirurgien fe diftingue de ces fortes d'ignorans , Se que l'effet fuive toujours les promeffes. Enfin la dextérité ou l'adrelfe de l'opérateur doit paroître non-feulement dans la délicatelfe & 1 exactitude de fon travail > mais encore dans les mures réflexions qu'il eft obligé de faire fur iix ou fept çirconftances que l'on exprime communément par ce vers latin ,
€Juis } quid , ubi , quibus auxiliis , cur , quomodo , quando»
C'eft-à-dire , qui , qu'eft-ce , ou , quels moyens , pourquoi , comment y Se quand }
Oui , regarde le malade , fçavoir fi c'eft une per- fonnefoible ou ïobu&e: Qu'e(l-ce, a rapport à la na- ture du mal , fi c'eft un éclat de grenade , une baie ou un morceau de bois ou de fer qu'on doit tirer s Où i s'entend de l'endroit du corps où il faut opé- rer , Se du lieu où l'on laiffera le malade , dans fon lit ou dans une chaife -, Quels moyens , ce font les inf- trumens , les machines Se les médicamens propres à l'opération Se à traiter le mal } Pourquoi , c'eft la fin qu'on fe propofe en prenant les meilleures voyes , pour guérir le malade -, Comment , fignifie la manière d'agir , Se c'eft ce que l'Art enfeigne > 8$
Premiers Démonstration, ii Quand , dénote l'occafion pour bien prendre fon rems , & ce tems eft de deux fortes , l'un que l'on appelle tems de nécetlité , qui ne veut pas que l'on dirrere 9 comme lorfqu'il eft queftion d'arrêter une hémorragie 9 & l'autre que l'on nomme tems d'é* le&ion , qui permet de choiiir un jour ou une fai- fon commode loriqu'il n'y a point de néceffité prenante , comme dans la Lithotomie.
Il ne fufrit pas au Chirurgien d'avoir fait fes ré- flexions fur ce qu'on vient de dire pour bien ac- complir ce que Ton Art demande , il faut encore qu'il jette les yeux, i°. fur lui même, 20. fur le malade , 3 °. fur les affiftans , 8c 4Q. fur les chofes externes.
La perfonne du Chirurgien doit être avantagée Qualités per. de trois fortes de qualitez , dont les premières font formelles du dues à une nature bien élevée , les fécondes à une lrur&ien# raifon cultivée, & les troiliémes à un grand ufage : par Aa nature on comprend les dons du corps , les bonnes mœurs , & une difpoficion naturelle qui nous fait préférer la Chirurgie a toutes les autres Profeffions : par la raifon on veut qu'il ait un ef- prit docile & capable de pofleder une feience d'une aufîi grande étendue *, ôc par l'ufage , on prétend qu'il ait beaucoup d'expérience acquife par un long exercice. Il faut aufli qu'un Chirurgien foit ambi^ dextre , c'eft-a-dire 5 qu'il puifTe travailler égale- ment des deux mains , y ayant des opérations qu'il faut néceftairement faire de la main gauche. Mais il doit fur rout être fon propre juge , Ôc fe rendre à foi-même la juftice qu'il mérite , c'eft- à-dire que quand il ne fe fent pas afTez fort ni aflez exercé pour une opération difficile , il la doit laitier faire à un autre plutôt que de l'entreprendre téméraire- ment. ( a )
(a ) On pourroit ajouter ici qu'un jeune Chirurgien, qui n'ayant pas encore beaucoup pratiqué , a d'ailleurs toutes les qualités que l'Auteur demande, doit avane
il Des Opérations, de Chirurgie, Difpofitions Trois difpofitions defprit font auiîi requifes dans aumaude. un malade s'il a envie de guérir ,• fçavoir , une grande confiance , de la patience 8c de l'obéifTan- ce j en même tems que le malade fait choix d'un Chirurgien , il doit croire qu'il n y en a point de plus habile ; 8c dans cette perluafion n'écoutant plus tous ceux qui lui propoferont des fecrets imaginai-* res ou des remèdes particuliers , il s'abandonnera entièrement à lui t comme s'il étoit fur que fa Tan- te fur entre les mains de cette perfonne qui tra- vaille à la lui rendre. La patience eft une fuite de fa confiance , car il faut que le malade fouffre fans murmurer tout ce que le Chirurgien lui veut faire, ne doutant nullement que tout le traitement qu'il en reçoit ne l'approche de plus en plus de fa gué- rifon } 8c que s'il lui fait de la douleur , c'eft on qu'elle eft inévitable , ou qu'elle donne occafion i quelques efforts utiles -, rien au refte n'étant plus dangereux pour un malade que de s'impatienter 8c de difîiper ce qu'il a de vigueur 8c d'efprit, à fe tourmenter en vain. L'obéi [lance eft encore un effet de fa confiance , car il faut que le. malade fuive aveuglement tout ce que le Chirurgien lui prefcrit , fçachant qu'il n'y a pas de moyens plus fur pour recouvrer fa fanté. Ce qu'il faut Les affiftans doivent auiii avoir trois vertus prin-- les afilftans"3 cipales , qui font la fageîfe , la fidélité de la difcré« rion : s'ils n'étoient pas figes 8c prudens , ils infpi- reroient fouvent au malade des chofes qui préjudi- cieroient à fa fanté , 8c çondefeendant à fes défirs ils lui accorderoient tout ce qu'il demanderoit ; ils fuiront néanmoins toutes les manières rudes 8c
chaque opération confîderable , penfer plufîeurs fois > i°. A ïo-dre qu'il doit Cuivre. 2°. A la ftructure tant na^ turelle que contre nature des différentes parties fur Lfquelles il doit opérer. $°. Aux difficultés qu'il peuç- ienco< trer en opérant. Ces réflexions le mettront çj\ {çat d'agir plus fûrç.nent.»
Première D e'm onstratiok. i 3 brufques , & feront complaifans en tout ce qui ne le pourra pas blefter. Si l'on ne leur iuppofoit pas de ia fidélité , l'on ne pourroit compter fur tout ce qu'on leur ordonnerait , 8c au lieu d'avancer la guérifon , ils la retarderoient ou l'empêcheraient en changeant ou n'exécutant pas les chofes réglées &c commandées : enfin s'ils n'étoient point difcrets, ils iraient inconiidérement rapporter au malade tout ce qu'ils auraient entendu dire de fa maladie , car un rapport imprudent peut mettre un malade ' dans un péril éminent de fa vie , comme il eft ar- rivé pluheurs fois. Cette même vertu les engage encore a tenir le fecretfur certaines imperfections qu'ils découvrent ou qu'on leur déclare. Les chofes externes aufquelles il faut avoir és;ard r Attention pour la commodité du malade 8c la guenlon de la externes, ^j maladie , comprennent la maifon ou la chambre qui doit être en bon air, éloignée du bruit, 8c gar- nie de tout ce qui eft nécelïaire pendant la cure j le boire 8c le manger doivent être proportionnez à l'état du malade. Les trop fréquentes vifltes qu'il faut empêcher , ia joye que l'on doit procurer , la triftefte qu'il faut bannir comme pernicieufe -, les inftrumens même 8c les médicamens qu'on fera préparer fuivant les facilitez du malade , 8c une in- finité d'autres circonftances dont le détail ferait trop long.
De tous ces préceptes généraux ■ il nous faut ti- rer des infini étions qui nous conduifent à bien fai- re chaque opération en particulier , 8c qui renfer- ment ce qu'il faut obferver avant l'opération * du- rant l'opération 8c après l'opération.
Avant que de fe mettre en état d'opérer , il faut Ce qu'il faut convenir de l'importance 8c de la poiïibilité de Po~ l'opération, pération , ce qui fe connoît à la conftitution , aux fonctions &: aux liaifons de la partie offenfée, aux forces du malade, 8c aux circonftances du tems, du lieu , 8cc. Lqs réfolutions ayant été prifes , il
14 ses Opérations î>ê Chirurgie, faut préparer tout ce qu'on juge néceffaire pour l'exécution -, ce qui connfte en ce que l'on appelle appareil ,* c'eft la coutume d'envoyer chez le ma- lade , quelque tems avant que le Chirurgien ar- rive , des ferviteurs pour difpofer tout * mais fou- vent par la quantité de linges qu'ils coupent , par les morceaux de charpie qu'ils tont , Se par l'étala- ge de beaucoup d'inft rumens ils jettent la crainte & l'épouvante dansl'efprit du malade, en lui don-1 nant une idée cruelle de l'opération qu'on va lui faire. Je voudrois que les Chirurgiens ne Te préfen- tafTent devant lui que dans le moment qu'ils doi- vent opérer , & que les chofes dont ils ont befoin fufTent toutes prêtes chez eux , ou dans une cham- bre voifine de celle du malade , afin de lui épar- gner la vue de tels préparatifs qui ne font qu'inf- pirer de l'horreur pour ceux qui les font. Ce qu'il Ce qu'on doit obferver durant l'opération eft par-* ptaàzttVol ticulierement ce que l'on nomme le modus faciendi P ération. ou la manière de la faire , qui confifte à mettre en pratique dans le cas qui s'offre actuellement, tour- tes les règles que l'Art enfeigne dans dts cas pa«=- reils , s'acquittant de tous (es devoirs avec dou^ ceur , avec adrerfe , avec propreté Se avec délicat te(fe. Je veux donc que le Chirurgien foit affable à fon malade , qu'il l'encourage & le rafîure , qu'il compatiflTe à fa peine , qu'il lui promette de ne lui caufer que le moins de douleur qu'il fera polîible. Il faut qu'un Chirurgien foit naturellement adroit pour bien opérer , Se qu'il ait fortifié cette adrelîe par un grand exercice dans fa Profeflîon* où il au* ta appris à fituer fon objet , à choifir les inftrumens les plus commodes,à en inventer de nouveaux dans des cas particuliers , Se à s'en fervir d'une manière qui apporte autant de foulagement au malade qu- elle donne de fatisfa&ion aux fpe&ateurs, La pro- preté donne par avance une bonne idée du Chirur- gien^ elle n'eft pas une des moindres ckconftan-
Première D e'm onstration. 15 ces dans l'opération : la delicatefTe eft encore re- commanciable 3 mais il ne faut pas qu'elle (oit ou- trée , c'eft~à-dire qu'au lieu d'aller au fait prompte- mentjon manie, on tourne la partie en cent façons, ôc on en obfervefcrupuleufementdiverfes circonf- tancespeuefTentielles} j'entens par délicatelîe cer- te légèreté , cette dextérité ôc cette circonfpecte application de la main du Chirurgien qui fait avouer au malade que Ton a extrêmement ména- gé fa feniibilité,& à ceux qui étoient préfens,qu il ctoit impollible de mieux faire une opération»
Quoique l'opération foit achevée , le Chirur- c^"'11 y,a gien n en elt pourtant pas encore quitte , s il ne re-i>opération. medie aux défordres qu'elle peut avoir caufez , dont le principal eft la perte du fang qu'il doit ar- rêter incelTamment par les moyens que fon Art lui enfeigne , ôc que je vous expliquerai en vous dé- montrant chaque opération en particulier* Il faut enfuite panfer la playe , y mettre une tente ou des plumaceaux fecs ou chargez de quelque médica- ment félon que la nature du mal l'exige , puis un emplâtre , une comprefTe ôc un bandage convena- ble : il reftera au Chirurgien à juger delà (îtuation qu'il doit donner à la partie affligée, préférant celle où le malade fouhre moins de douleur , où la par- tie eft le moins opprelTée ôc où le pus a plus de pante au dehors $ ôc en dernier iieulil eft à propos qu'il inftruife la garde Ôc les alîiftans de ce qui eft de leur devoir , qu'il recommande le repos du ma- lade , ôc qu'il l'oblige de fe tranquiliier par l'ef- perance d'une prompte ôc parfaite guérifon , ôc qu'enfin en le quittant il l'affure que l'opération qu'il vient de lui faire étoit Tunique moyen de le rétablir en fanté. Il ne fuffit pas de vous avoir indiqué la conduite Mauvaue«
qu'un Chirurgien doit tenir en opérant , il faut en- ma"ie;es
& c m r 1 r ' u ^u ll fauc
core que je vous ralle remarquer plutieurs abus ou éviter,
manières choquantes qu'il doit abfolument éviter.
i£ Des Opérations de Chirurgie; Il y a des Chirurgiens qui ne font pas fitôt entrez dans la chambre du malade qu'ils y répandent l'a- larme par le bruit & par mille queftions inutiles qu'ils font,ou qui voulant témoigner un grand em- preiTement lient leurs cheveux ôc trouffent leurs bras comme s'il s'agiiToit de déployer toutes leurs * forces , ce qui jette l'effroi dans l'efprit du patient Se des pârens , ce procédé ruftique eft condamna^ ble aulli-bien que ces cérémonies mal placées que quelques autres obfervent entr'eux à qui fera l'opé- ration , fe préfentant les uns aux autres des cifeaux ou un biftouri devant le malade qui par-là fe voit miferablement expofé à tomber fous le couteau du plus mal- habile. S'ils font pluiieurs en droit d'opé- rer , c'eft au malade à choifir celui qui fera plus à fon gré. Et lorfquele Chirurgien ordinaire a qui il appartient de mettre la main à l'œuvre 9 croit être obligé d'en faire la proportion à quelqu'autre , qui par ion rang ou fon âge eft au-deifus de lui , cette fcène fe doit paffer hors de la préfence du malade qui eft a(fez affligé de ion mal fans être encore fa- tigué par ces complimens hors de faifon. e Cérémonies Je n'approuve point non plus que pendant une inutiles, opération tous les Chirurgiens préfens aillent fon- der ou mettre leurs doigts dans la playe ; ce (ont autant de douleurs nouvelles qu'on fait eifuyer au malade , qui ne font que prolonger le tems de fon martyre , c'eft a celui qui opère à examiner ce qu'il y a a faire 8c il ne doit tout au plus y admettre avec lui qu'un des Chirurgiens confultans qui font-la pour l'affilier de fes avis. Il eft des Chirurgiens qui s'ofFenfent des cris d'un malade , qui le grondent èc s'emportent contre lui , comme s'il devoit être infenfible aux maux qu'ils lui font endurer j ces fa- çons d'agir font trop cruelles , il faut qu'un Chi- rurgien ait de l'humanité , qu'il exhorte fes mala- des a la patience , qu'il compatiffe à la douleur «qu'ils foufFrent , ôc s'il ne peut pas fe difpenfer de
leur
Première D e'm onstration. 17 leur en faire , du moins qu'il leur laiïïe la liberté dé crier & de gémir. Je voudrois aufli qu'il n'aiîiftât à une opération que les perlonnes qui y font nécef- faires , car ce grand nombre de curieux ou defpec- tateurs inutiles né fait qu'embaraiîer.
Une opération n'eft pas plutôt finie que le mala- Le JMfttf*
1 j r • 1 /-i • • r Sien doic ê*
de ôc les parens interrogent le Chirurgien lur ce tre circonf- qu'il en penfe , c'efi pour lors que fa prudence pa- ?"& ef^sfes toit en ne difant rien au malade qui le pùiiïb cha- griner , & ne déguifant point la vérité aux amis & aux proches. Qu'il ne reffemble donc pas a Ceux qui par des craintes mal fondées mettent leurs ma- lades fur le bord du tombeau , enforte qu'à les en- tendre parler il eft toujours prêt d'y defcendre. Je fçai que quelques-uns en ufent ainfi par un trait de politique en ce que fi le malade meurt 3 l'on décla- rera que le Chirurgien Tavoit prédit -•> de fi au-con- traire il guérit , l'on publiera , difent-ils , qu'il lui a fauve la vie. Il ne faut pas cependant prendre une route toute oppofée , en promettant des guérifons infaillibles ,* je n'ignore pas non plus que ceux qui la fuivent , prétendent par ce moyen s'attirer plus de pratique , croyant qu'il eft plus naturel a un ma- lade de fe mettre entre les mains de celui qui l'afïu- re de le guérir5qu'entre celles d'un Chirurgien donc l'abord trille , le difeours compofé 3c le pronoftic incertain 3c fâcheux femblent être les avant-cou- reurs de la mort. Ces deux extrêmitez font autant d'écueils que le Chirurgien doit éviter , parce que le monde eft prévenu de toutes ces rufes , 3c qu'il ne juge de la fincerité 3c de l'habileté des opéra- teurs , que par l'événement des cures qu ils ont entreprifes , il faut qu'ils tiennent un milieu entre l'efpérance 3c la crainte , faifanr néanmoins plu- tôt entrevoir de Pefpérahce que de la crainte ; parce que l'une ne peut produire que de très-bons effets , 3c la féconde eft capable de caufer des troubles
très-dangereux,
B'
ï8 des Opérations de Chirurgie 5 On doit Je vous ai dit qu'avant que d'entreprendre au- pareureavan?cune opération , ii falloit préparer (on appareil : on l'opération, entend par appareil toutes les chofes 9 fans quoi l'o- pération ne peut s'exécuter , ôc que l'on réduit à fix principales , qui font les inftrumens , les tentes , les plumaceaux , les emplâtres , les compreffes ôc les bandages. Je dis les principales ôc les plus univer- felles , parce qu'il y a une infinité de chofes comme des lacs , des attelles , des bancs , des boettes ôc d'autres machines qui conviennent à des opéra- tions particulières > dont je ne vous parlerai point à prefent 3 me propofant feulement aujourd'hui de vous faire connoîcre tout ce qui regarde les opéra-
tions en gêner;
pourquoi Ne (oyez point furpris fi je commence par les on commen- inftrumens , Ôc fi je mets les bandages au dernier ^rumens!1 " ^eu 5 je Wk cn ce^a l'ordre dans lequel le Chirur- gien employé tous ces moyens en opérant ; j'ai ju- gé cette méthode plus inftructive qu'aucune autre: j'ai cru auflî devoir faire graver ces fix fortes de chofes chacune dans une planche à part , afin que vous en conçuiîiez des idées plus diftin&es ôc plus nettes.
DES INSTRUMENS DE CHIRURGIE.
IL n'eu: pas pofîible de fe pafTer d'inftrumens dans la pratique Chirurgicale:les Anciens en ont tranf- mis a la pofterité piufieurs deffeins q je nous voïons dans leurs livres •, mais on peut dire à la louange des Chirurgiens modernes que les inftrumens dont on fe fert aujourd'hui , font plus commodes ôc moins groiîiers , on ne s'eft pas contenté d'en retrancher quelques anciens qu'on a trouvé inutiles ou trop rudes , on a encore poli ôc perfectionné ceux donc on a confervé l'ufage , ôc on en a inventé piufieurs autres.
II. FIGURE . INSTRUMENTS COMMUNS A TOUTES LES OPERATIONS
Pi s
On
préparer pareil a l'opérati
Po on coi ce par ilrum<
Première D e'm onstration. ï 9 Nous regardons Pinftrument comme une caufe féconde , qui fait ou aide à faire quelque chofe 9 étant dirigé par une main induftrieufe,de force que la main 8c Pinftrument , font deux caufes efficien- tes fans lefquelles une opération ne pourrait pas être exécutée 5 mais avec cette différence que la main eft la principale , puifque c'eft celle qui pro- . duit 8c qui règle le mouvement de Pinftrument9au lieu que l'autre n'eft qu'une caufe Subordonnée*
Des inftrumens les uns font communs aux Chi- rurgiens 8c à pluileurs autres artifans , comme des Cifeaux , des Aiguilles , des Rafoirs ou des Cou- teaux *, les autres font particuliers a la Chirurgie , comme une Lancette : entre ceux qui appartien- nent proprement au Chirurgien il y en a que l'on appelle généraux , parce qu'ils fervent à diverfes maladies 8c à divetfes parties du corps , comme un Biftourij 8c d'autres que l'on nomme propres,parce qu'ils ne font employez que pour certains maux , 8c dans telles ou telles parties , comme le trépan pour les fractures du crâne.
La raifon 8c l'expérience doivent nous appren- dre à nous bien fervir des inftrumens ; la première nous fait choifir Pinftrument convenable à l'inten- tion que nous nous propofons , 8c la féconde nous rendant adroits nous donne de la hardiefte à le ma- nier , n'y ayant rien qui affure 8C qui encourage plus un Opérateur dans l'ufage des machines que les heureufes épreuves qu'il en a faites.
Par les différentes machines qui peuvent être employées dans une opération il y en a qui font né- ceûaires pour l'exécuter , 8c d'autres qui contri- buent feulement à la mieux accomplir : le nombre des premières qui fervent à réunir les parties divi- sées , à féparer les continues 5 à tirer les corps étran- gers t à donner divers arrangemens , 8cc. eft in- nombrable ; 8c fouvent les fecours que nous en ti- rons , ne nous feraient jamais donnez par les mé-
zù Des O^e'ratïoks de Chirurgie ; dicamens , ni par tout autre moyen : car comment s'y prendroit-ôn pour faire fortir fans une fondé les urines de la velîie , quand elle aura perdu fou reflbrt 2 & comment abbatre une catara&e fans une aiguille î Les fécondes, telles que font les lits , les cou-iïins ou les bancs , qui facilitent les opéra- tions font auili en très-grande quantité 3 3c elles «ne doivent pas être négligées 5 puifque leurs ufages concourent à la perfedtion de l'œuvre.
Après vous avoir parlé du général àes inftru- mens, il faut les examiner en détail : ceux que vous voyez gravez fur ces planches conviennent pref- qu^à toutes les opérations , c'eft pourquoi vous les •devez connoître préferablement aux autres •> c'eft aulïipar ceux-là que je commence cette Démon- ft ration. a. Les Cifeaux font les inftrumens les plus com-
cifeaux. niuns du Chirurgien *, cette première paire A. que je vous repréfente eft plus forte que les autres,c'eft celle dont on fe (ert pour couper les bandes , les comprennes 3 les emplâtres , & pour faire les ouvra- ges les plus groiliers , aufïi eft- elle proportionnée à de tels fervices. B. La féconde paire B. eft plus fine % les lames en font
plus déliées & plus longues , on les appelle Cifeaux à incitions : le Chirurgien en doit avoir une qui ne ferve qu'à les faire -, il y a un petit bouton au bout de celle des lames qui doit erre introduite dans la plaie *, ce bouton empêchant que la plaie n'en foit piquée, fait éviter de caufer de l'irritation Se delà douleur à la partie. L'acier de cette paire doit être fin 3c bien tranchant , afin qu'elle coupe net 3c proprement pour faire moins louffrir le malade, c. Cette troifiéme paire C.eft appellée Cifeaux cour-
Cifeaux bes y les Jeux lames en font courbées pour pouvoir faire des incitions en des lieux où des droits ne pou-* roient fervir -, il y a aufïi un bouton à la pointe de la lame externe qui eft toujours celle qui fe met
Ciieaux
incifions.
courbes.
Première Démonstration, iî dans la plaie qu'on veut dilater (a). Il faut re- marquer que les Chirurgiens ne doivent pas renie les cifeaux de même que les femmes de les tailleurs qui fourrent le pouce dans un des anneaux de le doigt indice dans l'autre , mais il aura le doigt an-» nulaire dans. le fécond anneau au lieu de L'indice , ce qui lui donnera plus d'adrefle de de force , par-* ce que de cette manière les doigts indice de du milieu appuyeront fur les, branches des cifeaux de les conduiront.
Le Rafoir D.eft des plus anciens inflrumens de la r^^ Chirurgie. On s'en fervoit autrefois dans plufieurs opérations pour incifer de trancher , mais n'étant ferme fur fon manche , de y ayant d'autres outils plus commodes 3 l'on ne s'en fert plus gueres que pour rafer les endroits où il y a des cheveux ou des poils.
Quoique le Scalpel E. ferve. particulièrement Scaf;e|, dans les directions , il peut néanmoins être enco- rc utile dans beaucoup d'opérations , comme dans l'amputation où il faut couper la chair de les mem- branes qui font entre les deux os d'un bras ou d'u- ne jambe , avant que de les feier. Cet inftrument rranche des deux cotez, de il y a un manche ou d'é* beine ou d'y voire qui étant mince de plat par (on extrémité fert à féparer les parties membraneufes de fibreufes dans les préparations Anatomiques.. Cet autre Scapei F. .a un dos, c'eft- à-dire qu'il ne Autre scal» tranche que d'un coté , c'en: un couteau dont la la- Pel- me eft courbe -, il eft fort commode pour décharner
(a) te bouton qoe l'Auteur croit eflentiel aux ci* fçaux , cil regardé ait-contraire comme inutile de même comme embaraiïant , par tous les Praticiens , qui ne fe fervent aujourd'hui que de cifeaux à pointe- moufle. Ces cifeaux ont ce double avantage , qu'ils ne peuvent point piquer les parties dans lefqueiles an les introduit , 8ç qu'ils laiffent au Chirurgien la liberté de placer indife- sémment fes doigts dans les anneaux-
8 i'i
cette
12 Des Opérations de Chirurgie l un corps lorfquon veut l'embaumer ou faire un fquelette. .©• L'airigne G. eft encore un infiniment néceflaire
L'Aingne. ir difléquer 3 on l'a nommé ainfi parce qu'à Ton extrémité il y avoit deux pointes courbes en façon de pattes d'araignées \ mais ayant reconnu l'in- commodité de ces deux pointes , l'on n'y en fait plus qu'une qui fert à faire tenir par quelque fer- viteur un vaiifeau ou un ligament que l'on veut anatomifer \ de lorfquon en a befoin dans quelque opération , comme dans le bubonocelle , on en prend dont la pointe eft moufle ou aplatie,de crain- te qu'en piquant quelques parties fenfibles 3 elle n'excite de la douleur ôc de la convulfion. H. La Lancette H. eft de tous les inftrumens le plus
une ^n-n^ce^re au Chirurgien , d'autant que fans celui- là il ne peut faire l'opération la plus commune de la Chirurgie,je veux dire la faignée3& comme il s'en fert à toute heure il eft obligé d'en avoir plusieurs ; les uns veulent qu'elles (oient fort pointues , les autres qu'elles ayent peu de largeur s ceux-là pré- tendent mieux conduire la pointe de leurs lancet- tes dans la veine , ôc en les élevant plus ou moins faire l'ouverture telles qu'ils la jugent à propos ; ôc ceux-ci difent qu'avec une lancette large ils font d'abord l'ouverture allez grande , fans être obligé de foulever leur inftrument en le retirant du vaif- fe'an , & qu ainfi ils exemptent de la douleur qui n'eft pas tant caufée par la ponction que par cette élévation. Celles dont je me fert tiennent un milieu entre les pointues & les larges , Se n'obligent qu'à faire' une petite élévation ; auflî la douleur qu'elles font eft- elle très-legeres , on les appelle lancettes à pointes de grains d'orge. LachaiTe eft ordinaire- ment faite d'écaillé de tortue , elle doit être mince & féparée en deux , pour la mieux nettoyer : c'eft un abus que de les avoir garnies d'argent , parce qu'alors étant trop lourdes , le Chirurgien ne peut
Première Démonstration. i$ les conduire avec la déiicatefle que demande la faignée , au refte elles doivent être très- plares ôc très polies , afin de faire à la veine pour l'ouvrir la fente la plus menue qu'il eft pofïibie ôc la plus aifée à refermer.
Cette autre Lancette I. eft bien plus grande que LaRCT;ne à la précédente 3 elle eft deftinée pour des ouvertu- abfcès. res longues ôc profondes que Ton ne pourroit faire avec une lancette à faigner \ la pointe n'en doit pas être trop fine , 6c le tranchant trop délié , de peur qu'elle ne s'émouffe quand on vient à couper des chairs ou des peaux un peu dures. On fâifoit autrefois les lancettes pointues à leurs extrémités ôc larges dans leur ventre , elles refïèmblent à une feuille d'olivier : mais a prelent on les fait égales depuis leur ventre jufqu'à la chafte j on les tient plus fermes fous cette forme , ôc elles ne vacillent point dans le tems qu'on s'en fert.
Ce petit infiniment K. eft appelle une fonde. K* ,
ru A ï o / , Ll / \ i Une ronde,
Liie elt ronde ôc égale par tout , excepte a un oout où elle a une petite tête qui l'empêche de piquer la plaie que l'on veut fonder. Il y en a de différen- tes tant en groileur qu'en longueur. C'eft par le moyen de la (onde que nous connoiflons le chemin ôc la profondeur d'une plaie , c'eft la fonde qui nous allure de Texiftence des corps étrangers ; fi le coup a pénétré > ou fi les os font découverts : enfin c'eft la (onde qui nous donne les premières lumiè- res dont nous avons befoin pour parvenir à la gué- rifon d'une plaie.
Cette autre marquée L. eft appellée une fonde *> plate , elle eft d'un grand fecours en des endroits piatte» ou la fonde ronde ne peut aller , car elle nous fait connoître quand il y a des féifïures ou fêlures aux os 3 ou quand, le periepane eft féparé 3 ainfi elle n'eft pas moins utile que la première. M>
Cette troifiéme M. eft une fonde creufe en gou- Unc cfpeee tiere? ayant prefque dans toute fa longueur une creeiJfe.n &
B nij
14 pes Opérations te Chirurgie; cavité en forme de canelure pour conduire la poin- te des inftrumens qui font des incitions -, elle eft pour cet effet plus grolTe 8c plus force que les deux autres , 8c ces deux petites anfes qui font à (on extrémité la font tenir ferme de la main gau- che au Chirurgien dans le tems qu'il s'en fert, Ces fondes font ordinairement de fer , mais il eft mieux qu'elles foient d'argent,, N« Le Byftoury N. eft un inftrument fort en ufage,
t *} ° y° i\ y en a ^e pluïieurs fortes . celui-ci eft un tranchant de tout un coté , mais de l'autre qu'on appelle fon çIlos il ne tranche que iufqu'à fon milieu , il peut fé déployer en avant 8c en arrière comme une lancet- te à abfcès , au lieu de iaquelle il fert quelquefois, il eft commode pour pluheurs efpèces d'incifions , particulièrement pour celles que l'on fait à la tête. On fçait aiTez que dans l'ufàge de ces inftrumens on doit tenir immédiatement avec les doigts les lames qui circulent fur leurs manches , lefquels fervent comme de contrepoids à la main pendant qu'elle opère , 8c d'étuits aux lames dans un au- tre tems.
unBifto Le Biftoury O. appelle droit, parce qu'il ne
droic. fe peut pas ployer en arrière comme l'autre, & que
la lame y demeure en droite ligne avec le manche comme dans un couteau , il ne tranche auffi que d'un côté , étant aplati de l'autre , on met quelque- fois un petit bouton de cire à la pointe , afin qu'elle ne bleiTe pas quand on eft obligé de la faire entrer dans une plaie : cet inftrument eft fort utile aux Chirurgiens d'Armées qui font des incitions à tous momens 8c en toutes fortes de parties, P. Cet autre P. eft un Biftoury courbe fait en forme
^0"r^c;ftoury de croiftant , le tranchant de ia lame eft en dedans 8c le dos en dehors ,* il y en a de petits , de moyens 8c de très-forts; ces derniers font nommez couteaux courbes 8c font deftinez pour les grandes opéra- tions , on ne choifit les courbes que lorfque tes.
Première Démonstration. 25 droits ne peuvent pas fervir, comme quand on veut dans l'opération du bubonocelle dilater les anneaux du mufcie oblique defcendant , en ce cas on coiir- duit la pointe du biftoury dans la canelure de La fonde creufe , ce qui exempte de mettre un bou-r- ton à l'extrémité de la lame.
La Spatule Q. eft un inftrument nécelTaire au . Q- . Chirurgien pour faire un emplâtre oc pour étendre les onguents fur les plumaceaux , elle doit être forte , plus large par un bout que par l'autre , pla- te d'un côté 6c à demi ronde a l'oppofue , les Chi- rurgiens un peu curieux en ont toujours une d'ar- gent plutôt que de fer qui n'eft jamais fi propre ôç qui falit davantage les mains.
Cet inftrument R. eft appelle feuille de mirthe _. R; ... a cauie ae la reilemblance > d autres 1 ont nomme de mirthe, demi fpatule , parce qu'il a prefque la figure d'une fpatule qui toutefois eft pointue 3 moins étroite de plus grolTe. Il fert à nettoyer le dehors d'une plaie , il y aune façon de cure oreille à fon extrêmité,avec quoi l'on peut tirer les corps étranges entrez dans les oreilles , ou les petites pierres arrêtées dans l'urètre,
Cette autre feuille de mirthe S. eft beaucoup s. plus mince que la précédente , étant à demi tran- ^"mirthe! * chante,elle eft crochue à fon extrémité en forme de déchauiloir. Outre l'ufage qu elle a de commun avec la première , elle fert encore dans les direc- tions lotfque Ton veut féparer des membranes ou des filamens. Je l'ai toujours employée heureufe- ment dans l'opération du bubonocelle % où je la préfererois aux inftrumens tranchans, de crainte de bleller l'inteftin.
L'élevatoire T. eft un inftrument qui prend fon TT T%, nom de Ion ulage > vous en verrez plulieurs hgu- toire. res dans la fuite de ces opérations , mais celui-ci eft courbe par ces deux extrêmitez dont l'une eft quar- rée 8c loutre ronde , pour fourrer celle-là dans des
z6 des Opérations de Chirurgie , ouvertures longues & larges , & celle-ci dans des trous ronds , elles font toutes deux dentelées au de- dans pour ne pas glilTer fous l'os que l'on veut élever , il fert quelquefois à faire l'extraction des corps étrangers , comme des baies ou des éclats de grenades } mais il eft principalement utile à élever une pièce dos enfoncée fur la duremere.
' Vt II y a des pincettes de plufieurs façons qui pren-
nent leurs noms des parties auiquelles elle reiiem- blent , comme des becs de cane , de corbeau , ou de 2rue,elles ont chacune leur ulaçe différent com- me vous le verrez : je ne vous prefente ici qu'une paire de pincettes V. qui eft la plus commune de toutes , &c que les Chirurgiens doivent porter fur eux dans un étuy par tout où ils vont. Il convient mieux de les avoir d'argent que d'acier, parce que ce dernier métal eft plus fujet à la rouille. L'extré- mité fuperieure de cette paire fert à ôter quelque efquille , ou à arracher des poils , elle a un redore qui la tient toujours ouvertes , Se les branches in- férieures étant plus longues que les fuperieures, el- les font très-commodes pour lever les plumaceaux de deiTiis une plaie , ou pour les y remettre. ( a )
«t«. *■' -u L'aisuille X. eft fort en ufage chez les Chirur-
Une aiguille, . *?:v r i r rr
giens ; ils s en fervent en tant de différentes occa- fions qu'ils font obligez d'en avoir de toutes les fortes, je vous en parlerai amplement en vous mon- trant les futures -, celle-ci eft une aiguille droite fort pointue , dont les deux cotez vont un peu en s'élargirTant , ils font tranchans jufques vers le mi- lieu , le refte eft rond , Se fa tête eft percée d'un grand trou pour pafler le cordonnet. Elle fert a re- coudre un corps dans les préparations d'Anatomies publiques ou dans les embaumemens.
(a) On préfère aujourd'hui à ces pincettes une au- tre efpece de pincettes ( <&c. ) , qui ont deux anneaux?* Fextremité de leurs branches , & qu'on tient comme des cifeaux Ces anneaux empêchent qu'elles ne puiffent échaper , & leur ont fait donnei le nom de pincettes à anneaux.
Première D e'm onstration. 17 Celle-ci eft une aiguille courbe Y. groiTe &c for- V. te , elle doit être d'un bon acier , car Couvent elle coud*! * ployé ou Te cafte , fur tout quand on s'en fert pour coudre la peau d'un corps mort , laquelle eft beaucoup plus difficile à percer que celle d'un homme vivant. Elle a le même ufage que la droite, & de plus elle eft abfolument néceilaire dans la Gaftroraphie (a).
La Scie Z. eft un inft ruinent commun au Chi- unfscie, rurgien &c à plufieurs artiians ,• mais celle du Chi- rurgien étant toujours faite par de très- bons Cou- teliers l'emporte fur les autres par fa propreté ôc fa politelTe , & par la féparation prompte &c nette qu'elle fait des parties aufquelles on l'applique ; elle doit être petite & légère afin qu'on la puifte manier avec plus de liberté , ôc elle a un manche pour être tenue plus ferme : il faut que la lame en foit exquife ôc les dents bien aiguifées pour fcier avec plus de douceur , Ôc divifer dans le moins de tems qu'il eft poftible les os d'un bras ou d'une jambe , quand on en fait l'amputation : on ne peut aulîi fe paiTer de fcie quand il s'agit d'ouvrir un crâne ou pour embaumer la tête ou pour faire la démonftration du cerveau.
Le petit nombre d'inftrumens que vous venez de voir n'eft proprement que ceux que l'on ap- pelle généraux , il y en a quantité d'autres parti- culiers que je n'ai pas reprefentez dans ces tables , parce que je vous les ferai voir chacun dans l'opé- ration où ils conviennent.
(a) Les aiguilles qui fervent à cette future , doivent être extrêmement polies & tranchantes iur les côtés, jufcju'à leur partie la plus large , très-aigues par leurs pointes & arrondies par le talon. Eli ?s doivent avoir à leur tête deux rainures affez profondes pour y lo^er le fil » deforte qu'elles paftent aifément & fans blefîer les parties. Ces rainures doivent être du côté du tranchant & avoir une ouvertme où Ton puilfe paiTer le fil.
3.3 "t>es Opérations de Chirurgie III. Fig. DES TENTES ET CANULES.
LEs Tentes ne doivent pas être les dernières parties a confiderer dans la compofition d'un appareil , il eft tant d'opérations qui en deman- dent qu'il faut qu'un Chirurgien toit inftruit de tout ce qui les regarde, ce qui peut fe réduire a trois chofes que nous allons examiner ; fçavoir3 leur ma- tières , leurs figures , & leurs ufages.
Je trouve cinq fortes de matières dont on, peut former des tentes 3 c'eft au Chirurgien à choife
Première De'm o n s t r a t i o n. ïtf celle qui convient le mieux à l'intention qu'il fe propofe , car elles fe font de charpie , de linge a d'épongé préparée > d'argent Se de plomb.
Les tentes de charpie (ont les plus mollettes &C les plus douces,elles fatiguent moins une plaie que les autres *, on s'en fert pour tenir un. médicament au fond de la plaie , elles s'imbibent du pus liquide de la fanie corrofîve , & par ce moyen elles empê- chent que cet excrément ne nuife à la partie.
Celles que l'ont fait de linge font ordinairement les plus gtoffes de toutes , elies font longues <5c du- res, ayant a la manière des clous une tête épaiiTe de plus large que le relie , afin qu'elles ne puiftènt pas entrer dans la capacité de la poitrine 6c du ventre , qui font les endroits où l'on s'en fert le plus fouvent»
. On appelle éponge préparée celle que l'on fait bouillir dans une liqueur où il entre de la cire , après quoi on la lie encore toute chaude avec de menue ficelle pour lui donner une forme de ten- te. Quand on veut dilater une plaie l'on met une de ces tentes après en avoir ôtée la ficelle , qui ve- nant a fe remplir des humiditez de l'ulcère s'en- fle tellement , que l'on a de la peine à la retirer ; il eft bon de s'en fervir quelquefois 5 mais l'ufage continuel en feroit dangereux , parce qu'eu le gonflant , elles pourraient par leur compreflîon rendre calleufes ou fquitreufes les parties qu'elles touchent»
Les tentes qui font d'argent s'appellent canules , parce que femblables à un tuyau elles font percées félon toute leur longueur j l'on en fait de plusieurs manières , telles que vous les voyez ici reprefen- tées , je vous les expliquerai dans un moment, elles fervent à conduire dehors les matières con- tenues dans les grandes cavitez , & elles ont cela de commode qu'avec une petite tente de linge qui les bouche , on peut panferle malade fans les oter de la plaie.
|o des Opérations de Chirurgie ,
On en fait aufïi de plomb qui ont la même fi- gure , & le même ufage que celles d'argent *, il y a des gens qui préfèrent le plomb à tout autre mé- tal , difant qu'il eft ami de l'homme , puifqu'on a vil des baies de plomb refter pendant toute la vie dans le corps de diverfes perfonnes fans les in- commoder -, mais fi ces baies ont pu demeurer fi long-tems fans nuire , c'eft que leur figure s'a- juftoit aux endroits où elles étoient cantonnées , Ôc Qu'elles fe trouvoient hors de l'action des fibres mouvantes &c de la route des liqueurs 3 je crois qu'une tente d'argent blefieroit encore moins par- ce qu'elle fe maintiendroit mieux dans fa forme , étant d'une fubftance plus dure &c dont on doit moins craindre qu'il fe détache des corpufcules mé- talliques par la corrofion des fucs. Ce qu'il y a de commode au plomb , c'eft qu'un Chirurgien peut fabriquer lui même de ces tentes quand il n'y a point dbrfévre pour en préparer d'argent , ou quand les malades font fi pauvres qu'ils ne peu- vent pas en faire la dépenfe.
Entre toutes les tentes qu'on ne peut guéres mieux fe figurer que comme des clouds à tête ron- de, il y en a de courbes de de longues,de menues 5c de çrofTes , de plates & de rondes , il faut que les unes &c les autres foient toujours proportionnées à la figure , à la grandeur & à la profondeur de la plaie , c'eft ce qui fait qu'on ne peut rien détermi- ner en particulier de leur force , parce qu'elle dé- pend du Chirurgien qui doit la faire quadrer avec . la fin pour laquelle il s'en fert.
L'on tire quatre urilitez des tentes , la première c'eft de porter les médicamens 5c de les tenir ap- pliquez au plus profond des playes , la féconde , c'eft d'abfoiber la fanie qui y croupiroit 8c qui fe filtre aifément dans les pores des tentes y la troi- fiéme , c'eft de tenir une playe ouverte pour em- pêcher que les lèvres ne reprennent avant que le
Pemiere Démonstration. ^31 fond foie rempli , & la quatrième , c'eft de con- duire dehors les matières qui doivent fortir ,• d'où vient qu'on la met toujours au plus bas lieu de la plaie.
Quoique ces avantages des tentes foient confî- dérables , il y a néanmoins des Chirurgiens qui en condamnent l'ufage ; ils difent premièrement qu'il faut éviter aux plaies de aux ulcères tout ce qui rait ' de la douleur , de crainte qu'il ne s'enfuive fluxion ôc inflammation -, or félon eux la tente fait de la douleur, donc on ne doit point s'en fervir. Ils ajou- tent en fécond lieu , qu'elles meurtriffent & froif- fent par leur dureté les chairs qui font délicates étant dépouillées de la peau •, troisièmement , ils allèguent que les tentes bouchant une plaie y re- tiennent la fanie qui la ronge ôc la rend caverneufei de en quatrième lieu ils prétendent que tout ce qui empêche la réunion d'une plaie eft à fuir ,• or les tentes mifes dans une plaie font qu'elle ne peut pas fe réunir , il faut donc y concluent-ils, retran- cher l'ufage des tentes.
Mais il eft facile de repondre à ces quatre rai- fons ', quant à la première on convient que fur tou- tes chofes on doit exempter de douleur fon mala- de autant qu'il eft poftible 5 mais pour cela il n'y a ici qu'à faire les tentes petites , égales , & fi unies qu'elles ne bleiTent point -, pour la féconde , je ne comprens pas comment des tentes peuvent faire de la contufion à une plaie, car elles doivent être fi molles qu'elles cèdent aifément au reflbrt naturel des parties : contre la troifléme je fuis perfuadé qu'une tente s'abreuvant de la fanie empêche que la plaie en foit ulcérée & cavée , Se s'il y en avoit tant que la tente ou les plumaceaux ne puflent pas l'abforber toute, il faudroit panfer plus fouvent, ou faire la tente de manière que le Superflu de cette féroilté virulente pût s'échaper de la plaie. Pour répondre à la quatrième raifon, je dis que fi l'on
31 T)ÉS Opérations de Chirurgie , s'obftinoit à laifTer trop long-tems des tentes dans une plaie, on s'oppoferoit à la réuni- n , mais on les met dans les commencemens pour faire for tir les corps étranges , le fang grumelé ou extr avafé j en- fuite quand elle eft mondifiée 8c que les chairs font belles & vermeilles , on en ôte les tentes pour lui permettre de venir à cicatrice : ainfi la rélolution de cette queftion ne dépend que de fçavoir le tems où il faut les employer 8c celui où il faut les bannir* -A : Examinons à prefent les tentes que vous voyez
Petite Tente ici gravées, la première A. eft très-petite, on la raie charPie' de charpie tortillée j de manière qu'elle a une tête faite de la même manière que le refte , on s'en ferc dans l'ouverture des petits abfcès en l'accompa- gnant d'un peu de mondicatif pour nettoyer les chairs altérées par le féjour que le pus y a fait. M B* " Cette féconde B. eft plus grofte 8c plus longue
Terate de que la premiere,elle eft faite aufli de charpie,avec
charpie. une t£ce ^uj pempêche d'enfoncer plus avant que l'on ne veut j elle eft molle pour ne pas blefter > 8c néanmoins elle a afifez de refiftance pour fe faire pafTage ôc pour tenir la plaie ouverte i on la trempe dans quelque liqueur , ou bien on la cou- vre de quelque onguent, elle convient à beau- coup de plaies principalement quand elles font fraiches. c. La troiiiéme C. eft femblablement de charpie ,
Groffb Tente e[[e a beaucoup plus de volume que les préceden- arpie. ^ „ ^ ^ ^ d'une même grofteur dans toute fâ longueur : ladrefle du Chirurgien paroît a bien fai- re ces fortes de tentes , car tous n'y réufliffent pas également : elles fervent à plufieurs plaies , & par- ticulièrement a celles de l'anus après que l'on y a fait l'opération de la fiftule. D. -~* Cette quatrième D. eft une tente de linge faite Tente de Je plufieurs petits morceaux de toile roulez les uns
knfiC' - fur les autres ; la pointe en eft émouffée & éfilqe
pour
Première D e'm onst ration. 35 pour ne point offenfer les parties qu'elle doit tou - cher, ôc quoiqu'elle ait une tête grolTe faite de mê- me linge , on y met encore un fil alTez long , pour pouvoir la retirer en cas qu'elle tombât dans quel- que capacité : car on s'ea fert à la gaftroraphie , ôc on l'applique à la partie inférieure de la plaie pour y conferver un égom. Cette grande canule E. eft d'argent auflï-bien que ^ E« „
& r . 11 1 ■ Grande Ca*
les quatre luivantes, elle a deux petits anneaux aux nulc. deux cotez de la tête par lefquels on paffe un petit ruban, afin de la tenir fujette dans la plaie, Ôc quoi* qu'elle foit perfée d'un bout à l'autre, elle a encore 1 deux petits trous proche fon extrémité intérieure , pour laiiïer échapper le pus ou l'urine «jiiand les membranes de la veilie, des pellicules , ou des gru- meaux de fang touchant le tout de cette extré- mité le bouchent -, c'eft principalement après la li- thotomie , ou la ponction du périnée que l'on fe fert de cette canule.
En voici une autre F. que Ton appelle canule à c^. ^ platine , parce qu'a fa tezt elle a une petite plaque platine, ronde percée de deux petits trous qui font traver- fez par un ruban ; on s'en fert à Pempiême ou bien à la paracenthèfe préferablement à celle qui a des anneaux , le pus Ôc les eaux étant mieux retenues par une platine qui s'applique exactement contre la peau autour de l'ouverture extérieure de la playe qu'on a faite.
Celle-ci G. eft une canule platte garnie dune pla- . O» tine de même que la précedente,dont elle ne diffère anu cp te* qu'en ce que fon corps eft ovalaire comme un ci- lmdre applati par les cotez, au lieu que le corps de celle-là eft tout rond comme un cilïndre ordinai- re -, il faut qu'elle foit ainfi quand on trouve des fujets qui ont les côtes tellement ferrées que Ton ne peut pas faire entr'elles une ouverture affez grande qui puifte recevoir une canule ronde. h*
La canule H. eft courbe > elle a auiîî une platine 9 anulc coaf*
34 frÊS Opérations de Chirurgie, pour le même ufage qu'aux autres , le corps de cet* re canule eft courbe pour s'accommoder à la figure des playes où les droites ne conviennent pas. #etk<: Ca- ^a dernière & eft une très-petite canule qui a «iule. deux anneaux à fa tête , & dont le bout qui doit
entrer dans la playe eft percé latéralement de deux trous l'un au defliis de l'autre pour le partage de l'air qui entre par la bouche après l'opération de la broncotomie > à quoi elle eft particulièrement deftinée. *. Si je mets ici les fêtons au rang des tentes , c'eft
eton' qu'on fe fert des uns 8c des autres pour la même intention ? ôc que l'effet de ceux-là a un très-grand rapport avec ceiui des tentes.
On appelle féton un petit cordon qui traverfe une playe depuis (on entrée jufqu'à fa for rie h ce cordon K. étoit autrefois fait de crin de cheval ; mais ayant reconnu qu'il coapoit & incommodoit une playe , on en a quitté l'ufage , les uns fe fervent de ces mèches de cotton qu'on met dans les lam- pes , Ôc les autres de plufieurs fils de chanvre unis enfemble ; pour moi je ne trouve rien de meil- leur qu'une petite bande de toile , parce que le linge convient aux plaies. %. Pour parler le féton au travers de la playe , il faut
•éton6aillC * avo*r utl Pec^ *nftrumcnc l» °lue *'on appelle ai- guille a féton $ elle eft ronde , &c a la pointe faite en i tête d'ail pour ne pas piquer la playe en panant *, elle eft percée d'un grand trou vers fa tête par où 1 on enfile le féton , ôc il faut quelle foit fort lon- gue pour aller de l'entrée à la fortie d'une plaie qui perce la cuifTe de part en part. Somment il Le féton eft d'un grand fecours pour porter ^^"lé médicament tout le long de la plaie i il doit être fort long , parce qu'à chaque panfement il faut retirer la première partie qu'on a parlée , &: en faire fuivre une féconde que l'on aura cou- verte d'onguent autant qu'il eft néceflàirs pour
Première Démonstration. 35 occuper toute la longueur de la plaie ,* on coupe enfuite ce qui en eft iorti 8c qui a amené avec loi la matière 8c le pus : quand tout le féton eft ufé 8c que l'on a befoin de s'en fervir encore , il ne faut pas en palier un nouveau avec l'aiguille , mais on l'attachera au bout de celui qui finit : on obfervera de faire entrer le féton par le côté fuperieur de la plaie 8c de le faire fortir par celui qui en eft l'égoût.
Quelques-uns objecteront que le féton eft un ; tftiîUl du corps étranger qu on entretient dans la plaie , 8c qu'ainfi la pratique en doit être défendue : mais comme il a toutes les utilitez des tentes ; fçavoir , d'empêcher que les entrées 8c les ilTu.es des playes ne fe ferment avant le milieu , de porter les remè- des dans toute leur profondeur , de conduire aifé- ment au dehors les matières nuilibles , ôec. Il y a toujours des cas où l'on ne peut sy&n difpenfer. La plaie étant mondifiée , on ôte le féton 8c alors elle fe guérit parfaitement bien, (a)
L'on ne peut pas preferire pofitivement le tems qu'il doit refter dans les playes , c'eft au Chirur- gien à en décider fuivant l'état où il les trouve : les unes tardent plus à fe déterger ou fe purger que les autres , 8c il ne faut pas le retirer fitôt d'une plaie darquebufade que d'une playe qui auroit été faite par un coup d'épée , mais il faut prendre garde de ne pas l'y laifTer trop long-tems , car la plaie de- viendroit calleu(e 8c fiftuleufe.
Ce que j'appelle ici féton c'eft le cotton ou la Ce qu'il faut bandelette que l'on introduit dans la playe \ 8c que s"c£e0nnf e pac l'on y laiiTe quelques jours ; je ne prétend pas par- ler prefentement de l'opération du féton que l'on fait à la nucque du col , 8c que je vous enfeignerai dans fon lieu.
(a ) Il faut avoir foin de mettre enfuite une compreiïe an peuépaifîë, ou de la charpie brute fur toute la lon- gueur de l'endroit fous lequel le féton a paiîé, En rapro- chant par ce moyen les parois du fmus , on procure une prompte réunion.
Cij
3<£ Î>£S OPERATIONS I>E CHIRURGIE,
IV. Figv DES PLUMACEAUX.
Q
Uand après une opération la plaie demande
rne tente ou une canule , on y en met une de
celles que je viens de vous faire voir , mais dans ies
plaies où il n'en faut point , on le ferc alors de
bourdonnets qui font des tampons de charpie donc
on remplit les cavitez , 5c de plumaceaux dont on
les couvre.
D'où rient j^s mot je plLll-naceau prend Ton origine de ce
/îwmaceau. que les Anciens Te fervoienc de plumes couiues en-.
Première D e*m o n s tration. ^j ■tre deux linges , qui non- feulement s'imbiboienc des matières , mais qui éroient encore très-propres à défendre la partie contre le froid qui eft toujours ennemi des playes 8c des ulcères, parce qu'en y refTeurant les fibres qui font très-délicates , il cor- rompt leur arrangement 8c arrête le mouvement par lequel les liqueurs purulentes tendoient à fe réparer.
Nous remarquons que' dans les premiers tems? on fe fervoit d'une efpèce de champignons pour panfer les playes , en d'autres tems de mèches 8c d eroupes , 8c en d'autres de cotton 8c d'épongés s, mais aujourd'hui que le linge eft plus commun on a ceffé d'employer ces autres fortes de fub- ftances , 8c nous ne nous fervons plus que de Ta charpie qui certainement eft préférable a tout ce que- les Anciens avoient inventé dans ces oc- cafions.
La charpie e(l faite de. linge éfilé ; pour cela c* nue c**m l'on déchire de la toile en pluheurs petits mor- quc charPiV ceaux dont on tire les fils les uns après les au- tres j il faut que la toile ne foit ni groile. ni fine , ni neuve ni trop ufée j il faut donc qu'elle tienne le milieu entre ces quatre qualitez y 8c fur tout qu'elle foin nette 8c blanche de lefiive.
De cette charpie on fait des plumaceaux 8c des bourdonners qui ont retenu le nom des Anciens ■quoiqu on en ait changé la matière. On leur don- ne une figure proportionnée à celle de la playe •pour les y appliquer ou fecs ou couverts d'onguent* ou trempez dans quelque liqueur fuivant l'inten- tion pour laquelle on les met*
Les bourdonners 8c les plumaceaux ont cinq vfa&s «te* ufages important Par le premier ils nous fervent ®°'^$onp^ à arrêter le fang qui coule abondamment d'ane maeesH**. plaie > 8c c'en: pour cette raifon que dans le pre- mier apaxeil on ne mes ordinairement dans la plait
€ii|
38 des Opérations de Chirurgie , que de ia charpie féche : (a) fecondement on tient par leur moyen une plaie dilatée , quand il s'agit de faire fortir quelque corps étranger ou une ef- quile. En troifiéme lieu ils iniinuent les médica- mens dans toutes les parties d'une plaie. Quatriè- mement ils pompent les matières virulentes 8c les férofitez acres qui s'écoulent de la plaie , empê- chant ainfi qu'elles ne la corrompent. Enfin en der- nier lieu , ils garantirent la plaie des impreffions d'un air froid ou chargé de particules nuifibles ; ce font particulièrement les plumaceaux plats dont on la couvre qui ont ce dernier ufage. chatpieron- On prépare une efpèce de charpie qui corri- geante. me les méches de Cilicie confument & mangent les chairs baveufes qui mrviennent aux playes &: aux ulcères. Pour cet effet on lave & on parfume des morceaux de toile avec du fouffre , du nitre &: d'autres chofes fembiabies , enfuite dequoi on les réduit en charpie. On fe fert encore d'une char- pie raclée que Ton fait en ratifiant de la toile avec un couteau \ cette charpie eft très-fine & fa prin- cipale utilité eft de delTécher une playe pour la dif- pofer à la cicatrifer plutôt.
On fait des plumaceaux en manière de tam- pons que l'on appelle bourdon nets , 8c il y en a d'autres qui font plats retenant le nom de pluma- ceaux •, les premiers rempliffent la playe , & les- feconds la couvrent ; ceux-là ont pour l'ordinai- re la figure d'une olive , Se de ceux-ci il y en a- de ronds , ôc d'autres en ovale , comme ceux qui font repref entez par cette planche que je vais vous expliquer. a. "B. e. Ces trois premiers bourdonnets A , B , C , que donnetf.OUr" V0QS voyez î dont l'un e^ peut » l'autre moyen , de l'autre plus gros , font faits de charpie tortil-
(*) Cette charpie doit être brute & fans préparation 3 on lai préfère même de petits morceaux de toile ufée & déchirée par lambeauxt
Première D e'm onstration. $9 lée de façon qu'ils relfembient à des noyaux d'oli- ves. On les fait plus durs quand on en veut dila- ter l'entrée d'une playe 5 mais quand on n'a âzC- fein que de porter les médicamens ou d'abforber le pus, on les fait mollets, pour ne point expo- fer témérairement la partie au froiflement Se à la contufîoiu Si la playe n'étoit pas grande on fe ferviroit de ces petits , Se lorfqu'elle efl ample 8c profonde on y en met de plus gros , il feroit toute- fois plus à propos de la remplir d'un plus grand nombre qui fulTent menus, parce qu'ils s'y arran- geroient mieux..
Ces deux autres D* E. ont la même figure que d. e. deux tes précédens , mais ils font plus gros , ils font liez Plu™aceaux dans leur milieu par un fil, long de quatre ou cinq pouces > ce font des bourdonnets que l'on met premièrement dans le fond d'une plaie oa dans un grand abfcès , on ne lie que les deux on trois premiers , les autres n'ayant pas befoin d être liez , parce qu'entrant les derniers ils fortent tou- jours d'abord que l'on commence à retirer les pré- cédens qu'ils couvrent : ce fil aide ainfi à dégager les plumaceaux , 6c iL fait connoître quand il n'y en a plus dans la playe , vu que ceux aufquels il cft attaché par le bout font les derniers à mettre dehors.
Ce gros tempon F. tient à un double fil vers la „, F- ®*®*
fcv D S, r • . n > , -'il Tampon».
tête , parce qu étant rait juire a la capacité de la plaie , il arrive fouvent qu'il fe tuméfie afifez pour qu'elle le prefie de telle forte qu'il faut que le fit ioit fort pour le retirer , on s'en fert principale- ment après l'opération du bubonocele pour bou- cher l'ouverture que Ton a faite aux anneaux des, mufcles de l'abdomen en intention d'empêcher que l'épiploon Se les inteftins ne fortent point de la capacité du ventre où on les a remis.
Ces deux plumaceaux plats G. H. (ont de R^ ©. K; pire ronde , l'un eft petit, Se l'autre eft plus grand ^S^l
Ciiij
40 ces Opérations de Chirurgie , félon les endroits où l'on doit les appliquer -, on ne leur donne pas beaucoup d'épaiffeur -, mais il faut de l'exercice Se de ladreffe pour les faire propre- ment. i. k. Les dettx derniers I. K. font de grands plu-
ovalaires, maceaux plats figurez en ovale ; on s en lert très- fréquemment » on en met plufieurs à côté les uns des autres aux grandes plaies > Se quand un Chi- rurgien fait fon appareil il en doit préparer un plus grand nombre qu'il ne femble en avoir be- loin , car fouvent il eft obligé d'en mettre plu- fleurs les uns fur les autres > 8c principalement lorfqu'il veut arrêter une hémorragie opiniâtre qui demande une compreïïion confiderable des artè- res 8c des veines par où fort le fang 5 ce qu'on pro^- cure d'ordinaire plus ailément par ces moyens qui affermifTent les ligatures qu'on a jugé à propos de faire aux vaifïeaux , 8c qui retiennent les pou- dres & les eaux ftyptiques plus long-tems appli- qués fur les ouvertures. Ceci fufrira pour vous donner une idée des bourdonnets 8c des pluma*, ceaux : Venons à prefent aux emplâtres.
Première D e'm onstration. 4* V. Fig. DES EMPLASTRES.
LEs Emplâtres font des comportions plus foli- Edmoiogie des que les onguents &: que les cérats lefquel- #c£Slt~ les on amolit pour les étendre fur un linge ou fur du cuir. On les applique extérieurement fur toutes les parties du corps. Ce mot d'emplâtre vient du mot Grec EmpUz,cin > qui fignifle appofer ou for- mer fur quelque chofe , patee qu'on les applique fur la peau qui leur fert comme de moule. La coi>
4* des Opérations de Chirurgie^ noiflance des emplâtres dépend de celle de leur matière , de leur figure > & de leurs ufages» Mztkre tes Par ^a matiere on entend deux chofes , ou l'éto- €3î£iâtres. fe dont on les fait , ou la compofîtion dont on la couvre. Aux parties délicates Se douloureufes com- me les lèvres , les yeux , on fe fert de taffetas 8c de linge fin : aux robuftes comme les bras 6c les jambes , l'on prend de gros linge , ou de la futaine, & quelquefois du cuir. Quant a la compofîtion il eft très-difficile de la fpécifier , car on fait des em- plâtres de tout ce qui fe trouve fur la terre j la cire », la poix , les huiles , & les graifîes , en font les ma- tières les plus communes , on y ajoute de la lithar- ge , de la cérufe , des gommes , des liqueurs , 8c une infinité de fortes de poudres , fuivant la na- ture de l'emplâtre que Ton veut faire 8c les pro- priétés que l'on y requiert eu égard aux cas par- ticuliers où on les employé. De toutes œs diffé- rentes drogues les unes font la bafe de L'emplâtre 8c lui donnent du corps > 8c les autres y font mi- fes pour y diftribuer 8c communiquer leurs vertus qui patient jufques dans la partie à laquelle on l'a- plique : le mélange 8c la cuiflbn de tous ces divers ingrédiens forment un tout emplaftique qui s'atta- che facilement, & qu'on peut garder long-tems en rouleaux ou magdaleons , fans qu'il diminue de fa bonté. Ce genre de remède à qui l'on donne une confidence médiocrement dure a été imaginé par les Anciens pour fomenter , ramolir , ou for- tifier les parties par des médicamens capables d'y refter pendant plufîeurs heures , ôc même plufîeurs jours fans fe fondre. Quand on veut employer la matière on l'aproche du feu pour la pétrir 8c l'é- tendre fur quelque étofe mollete. Fïpure des La figure des emplâtres varie en tant de façons taplâcres. qU'on ne peut pas les marquer toutes -, on les réduit feulement à deux efpeces générales qui font la iigure droite 8c la figure courbe : fous la premiers
Première D e'm onstration. 4$ font comprîtes les emplâtres qui font bornez par des lignes droites comme les longitudinaux 8c les quarrez \ 8c fous la (econde font renfermez ceux qui ont une circonférence courbe comme les ronds, les ovales & ceux qui font faits en cronTans; ils font encore divifez en petits , en moyens 8c en grands , accommodez à la figure 8c à la grofleur de la partie où l'on doit les impofer. De plus il y en a d'univerfels qui conviennent à toutes les parties du corps comme les ronds , 8c les quarrez , 8c de particuliers qui ne peuvent fervir chacun qu'en un feul endroit du corps comme celui du périnée pour la lithotomie ; 8c celui fait en croix de Malche pour les amputations.
Les emplâtres font néceflaires en général pour u rages des contenir les autres remèdes mis dans une plaie ou mp a"res^ répandus à fa furface *, 8c en particulier pour im- primer la vertu des médicamens dont ils (ont com- pofez ; à ce dernier égard , les uns defféchent 8c cicatrifent une plaie comme le Diapalme , les au- tres cuifent 8c digèrent la matière du pus comme le Diachilon , d'autres vuident 8c nettoyent com- me le Divin , d'autres amoliflent 8c dillipent com- me le Diabotanum 3 8c ainfi du refte.
De ces douze emplâtres gravez fur cette plan- che font autant de figures différentes 8c qui pour une plus grande propreté doivent tous avoir a tou- te leur circonférence un bord de la longueur d'une ou de deux lignes qui ne foit point couvert de la compofition.
Le premier A. eftrond , c'eft le plus commun A 8c celui dont on fe fert le plus fouvent. Un Empli-
Le fécond B, eft quarré ; on en fait de grands tre r<£d* 8c de petits, Vn Empli-
Le troifiéme C. eft ovale -, c'eft-â-dire , plustrc *™té- long que large fous une figure courbe > on s'en fert Un Empiâ- à toutes les playes qui ont plus de longueur que de trc ovaic# largeur, 8c on le fend par quelques coups de cifeaux
44 »*s Opérations de' Chirurgie , pour l'appliquer plus commodément quand on le pofe fur des plumaceaux. Ç. Le quatrième D. eft longitudinal , on lui doir-
«•e"^^^ Tie cette %ure quand on en veut entourer un bras.
éimi ou unc jambe dans une fracture j on en fait d'au-
tres plus petits & figurez de même pour mettre autour d'un doigt.
e. 'm Le cinquième Er eft: taillé en croiftant ou en wc en croifl demi-lune , convient à la fiftule de l'anus , lorf- fant. qu elle eft à coté , on en taille.de même de très- petits qui fervent aux paupières.
f. . Le fïxiéme F. eft l'emplâtre triangulaire figuré ^uhfml ^e & ^orte Pour s'aj«^er au plis de l'aine dans le kire. bubonoceie. On en fait auffi à trois angles pour
la fiftule lacrymale, mais ils font beaucoup plus petits que celui-ci. G» Le feptiéme G. eft taillé en croix de Malthe , il
tte en Crofx eft très-commode pour appliquer fur le moignon % éc MaUhe, c'eft-â-dire , à l'extrèmiré qui refte d'un membre coupé ; on donne une pareille figure au petit em- plâtre dont on fe fert après l'amputation d'un
un Empiâ- Le huitième H. eft l'emplâtre feneftré ainfi ap- we feneftré. pe}}^ s parce qu'il eft percé dans fon milieu , il eft d'ufage aux fractures avec plaie , cette ouverture fait qu'on peut panfer la plaie fans être obligé' de lever l'emplâtre de deflus ies endroits d'alentour ; il convient auffi a la broncontomie. i. Le neuvième I. eft nommé trapézial , il eft cou-
yn Empia- / ^^ c£s ^eux extrèmitez , de manière qu'il
etrapeziai. i . t.
peut s appliquer commodément iur des membres
sre
TT ?• . . Le dixième K, eft appelle 1 eculîon , parce qu il UnEmplâ- rr 'r . t
tre en écuf- en a la figure ; on taille de cette raçon un grand *on# emplâtre iorfque l'on veut appliquer des véfica*
catoires entre les deux épaules. Vn Em r L'onzième L. fe nomme l'emplâtre ypfiloïde ,. wrcypfiio^de" parce qu'il a la figure d'un Y. grec i il eft fait ajnfi
î* R E M I E K fi D e'm ONSTlAT I O tt. 4Ç
|>©ur s'en fervir au périnée après l'opération de la lithotomie.
Le douzième M. a le nom de T. parce qu'il **• lui rerTemhie j on l'applique fur des incirions qui treen x^ ont une telle figure , il y a de plurieurs autres for- tes d'emplâtres que je ne rapporte pas ici 9 parce qu'il dépend fouvent du génie du Chirurgien de leur donner une figure conforme à la [partie ou à la maladie qui les demandent.
VI. Fig. DES COMPRESSES.
jifi DÉS OPE*RATIOtfS DE CHIRURGIE ,
LEs Comprefles font des morceaux de linge ployez en plusieurs doubles dont on couvre ou on environne quelque partie : on les employé fé- ches ou trempées en quelque liqueur ,felon l'inten- tion qu'on fe propofe de remplir dans leur ufage. Dnteïa'qid?e ^e nom ^e ComprefTes leur a été donné parce comprefles. qu'elles font de la comprefîlon à l'endroit où on les applique , & afin qu'il loit par tout également prefle comme il doit l'être , il faut qu'elles n'ayent ni coutures ni ourlets , circonftance que le Chi- rurgien doit obferver dans tous les linges qu'il employé aux panfemens des bleflez.
Vous aurez une entière connoiflance des com- prefles , quand je vous aurai appris dequoi , com- ment , Se pourquoi on les fait. ,Per qu0). La matière des comprefles eft toujours de linee
«lleslontiai» • j • a /. 0 ', , 11^
tes# qui doit être uni , mollet , propre & blanc de lef-
five, elles doivent avoir une épaifleur confiderable quand il eft queftion de comprimer beaucoup , ou de munir la partie malade contre un rude froid : il ne faut point les faire de linge neuf, car c'eft une règle générale que les linges qu'un Chirur- gien employé doivent toujours erre à demi ufez , afin qu'ils obéiflent davantage de qu'ils foient plus douillets. Comment Nous ne pouvons ici vous preferire que fort
•nies fait, généralement la figure & la grandeur des com- prefles, parce qu'on les doit proportionner à la for- me de la partie , à la commodité du malade , 8c à mille circonftances de la maladie ,* nous dirons feulement qu'il faut toujours qu'elles débordent d'un ou de deux doigts de tous cotez , les emplâ- tres fur lefquels on les met. Il y en a de quarrées , de triangulaires , de longitudinales , de tranfver- fales , de circulaires & de plufieurs autres figures , clans toutes lefquelles on n'obferve pas tant de ré- gularité que dans celles des emplâtres. J'en ai fait graver les principales dans cette Planche , que je
pRlitïtRïDï'MONSTKATlOH. 4?
yous expliquerai après que je vous aurai dit deux
mots fur leurs ufages. , Poot ^.^
Les comprennes fervent à cinq chofes. Premié- ic, £ai?.U 2° rement elles afTurent & arTermiflent le bandage. Deuxièmement elles conservent la chaleur de la partie qu'elles défendent du froid. Troifiémement elles fervent de moyen pour tenir fur le mal la li- queur dont on les a imbibées. Quatrièmement elles remplirent les inégalités d'un bras & d'une jambe, £c font par-là qu'on les bande plus commodément. Cinquièmement elles empêchent que les lacs ne meurtriffent & n'écorchent une partie en y faifant des extenfions , parce qu'alors on a foin de l'envi- ronner d'une comprcfle circulaire.
La première A. de toutes ces comprennes eft la Co^- quarree , c'eft celle dont on fefert le plus fouvent , quarrée. parce qu'elle convient à quantité de maladies , Se qu'elle fe peut appliquer fur beaucoup d'endroits. On les fait plus ou moins grandes félon les occa- sions.
Cette féconde B. eft appellée fplénique par les a.
Anciens , à caufe qu'étant plus loneue que large r Com?rcfre 11 i r i» £n • j-r 1Plcniaue«
elle a la figure d une rate. Elle reçoit encore dir-
ferens noms félon les diverfes manières de l'appli- quer : étant mife en long elle fe nomme comprefle longue , quand elle eft pofée de travers 3 elle s'ap- pelle tranl verfaie j Se lorfqu'on l'applique de biais, c'eft une comprefTe oblique.
La troifiéme C. eft appellée longitudinale quand Co£" ffe ©n la met le long d'un bras ou d'une jambe , Se longitude » elle aura le nom de circulaire h* l'on s'en fert pour nale* entourer ces parties : elle eft beaucoup plus étroite que longue , on ne la pofe d'ordinaire fuivant la longueur de la partie que fous un atelle ; Se quand elle eft mife circulairement , c'eft pour ren- dre un membre égal , ou pour empêcher que les lacs dont on le garotte par deflus ne falïent de la Couleur.
'jfl des Opérations de Chirurgie,
^ p La quatrième D. eft une comprelfe circulaire
titcuWite. 'fendue jufqu au milieu par un defes chefs > ce qui
donné des facilitez pour i'ajufter aux inégalitez
d'une partie , -& pour l'appliquer fur les fractures
des bras & des jambes , qui font les occafions où
Ton ne fçauroit s'en pafïer.
£• La cinquième E. eft une comprelfe que fa fiVu-
Comprefle c ' î • il
triangulaire, re a ^alc nommer triangulaire , elle convient aux aynes , ôc on la fait toujours très-épauTe , parce qu'elle doit comprimer fortement pour empêcher que i'épipîoon ou les inteftins ne s'échapent par les anneaux dilatez des mufcles de l'abdomen. F> Cette fixiémeF. e(l coupée en croix de Makhe,
en crow^de afin qu'elle puiife emhralfer plus exa&ement un -Maichc» moignon , car c'eft particulièrement aux ampu- tations qu'on s'en fert -, on doit faire un point à chaque angle , de crainte que les differens plans de toile qui font fon épai(feur ne fe dérangent en la pofant. G. La feptiéme G. eft une comprelfe feneftrée ayant fe^ftréPc?ffe llne ouvetture dans fon milieu pour laitier la liber- té à l'air d'entrer Se de lortir par la trachée artère après l'opération de la broncotomie 5 elle eft encore d'un grand fecours aux fractures avec plar^. H- La huitième H» eft la trapéziale figurée comme
trapcziaîe! * Pem plâtre de ce nom , c'eft- à- dire , qu'elle ell: fen- due par i'ts deux extrêmitez pour s'appliquer plus jufte à des membres de furrace inégale , fur lef- quels on la pôle toujours circulairement. t. La neuvième I. eft une grande comprelfe qnar-
Comprcflc r^e fendue depuis fes deux angles inférieurs juf- pour .pa c ^ ^s ^ milieu pour s'ajufter à la figure de l'épaule qu'elle doit recouvrir dans les luxations de l'humérus avec l'omopolate. k. Cette dixième K. eft une comprelfe appellée lo-
4ozan«prefî,e zange ' parce °iue ^es cotez ou pans qui font au nombre de fix font entr'eux des angles obliques , dont ceux qui font oppofez l'un à l'autre font
égaux
Première D e9m o^stratî on. 49 égaux aufli-bien que les cotez. On donne fouvenr cette figure à une comprefFe plutôt que de la faire ronde , parce qu'elle a le même ufage que la cir- culaire , ôc parce qu'il eft plus aifé Ôc plus prompt de couper ainfi en droite ligne les quatre angles d'une comprend quarrée , qui eft la plus commu- ne ■ que de la tailler exactement en rond»
L'onzième L. eft compolée de trois comprefîes ^ ^ - étroites ôc longues , dont les deux obliques s'entre- obliqua croifent en forme de croix de Si André -, ôc l'autre que vous voyez fituez verticalement les traverfe par leurs angles aigus : on les applique avec fuccès îous cet arrangement dans l'aneviâime ôc dans les varices , parce qu'y ayant trois compreiTes dans le milieu > cela comprime très-bien l'endroit où le vaifieau eft ouvert ou dilaté.
La douzième M. eft une compreftè arondie , il U; y en a de parfaitement rondes comme des boules b . Comptée 6c d'autres qui ne le font que d'un côté 9 comme dts demi globes \ les unes ôc les autres fe mettent fous l'aillelle avant que de faire le bandage après la réduction de l'humérus luxé ,• on en met aufli une dans la main à ceux qui ont eu des os du bras ou difloquez ou fracturez*
Enfin cts -dernières font de petites comprend ;3*> & dont les unes N. N* font quarrées ôc épaifTes pour p^îès, 0m* les faignées du bras ôc du pied. Les deux O. O. font longuettes j on s'en fert aux ligatures des vaifleaux pour nouer le fil par defïus ,* ôc les deux autres P. P. font roulées ôc très-petites l pour erre employées dans les futures , ôc particulièrement dans celle du tendon»
D
5© dès Opérations de Chirurgie ; VII. Fig. DES BANDAGES.
Définition A Près avoir garni une plaie de tenues fk de et Bandage. /^ pJuï-naceaux", & l'avoir couverte d'un emplâ- tre & d'une comprefie , on finit par le bandage a qui n'eft autre chofe qu'une circonvolution de baiv des faites avec adreffe amour de quelque partie du corps , pour lui conferver ou lui rendre la fanté. ce que c»eft Avant que de pouvoir faire un bandage > il fauc que an e, £.avojr ce ^uç c>efl. qU'une bandç. On appelle ban- de un lien long & large dont on couvre de on en-
Première D e*m onstration. 51 velope les parties qui en ont befoin pour leur ré- tabliifement. Remarquez donc que la différence qu'il y a entre bande & bandage , c'eft que la bande eft l'infcrument 3 ôc le bandage eft l'ufage êc l'appoiition de la bande.
Les bandes différent entre elles en plufleurs fa- , différence
r . . * .. - des Baadcs.
çons , tçavoir , par leurs matières , car il y en a de cuir Ôc de linge *, par leur figure qui doit être con- venable aux divedes parties qu'il faut bander -y par leur grandeur , vu que les unes font longues ôc larges , les autres courtes Ôc étroites -, ôc par leur Structure , plus ou moins artificielle a puifqu on en doit tailler pluGeurs exprès pour divers cas parti- culiers y Ôc qu'on en trouve d'autres toutes faites , comme une ferviete, une ceinture , ôcc.pour des befoins ordinaires.
On confidere à une bande fon corps qui en eft. la partie la plus ample & la plus forte , & les ex- tiêmitez fe prennent félon fa largeur , ou félon fa longueur y c'eft ce qu'on nomme chefs > ainfi il y en a toujours quatre en une bande , quelque petite-quelle foit , parce qu'elle ne peut manquer d'avoir deux bornes à fa longueur , &: autant à fa largeur.
La plupart âcs bandes reprêfentent des parallé- logrames rectangles ou quarrez longs j mais on fait quelquefois à leurs bouts ôc même dans leur milieu plusieurs incifions , comme vous pouvez l'appercevoir fur cette planche.
On veut qu'une bande ait quatre conditions Quatre con^
irions re-
a r • 1 • ' 1 • dit
pour être parraite ', la première que la matière en quifes à Hnc ioit bonne ? c'eft-à-dire que fi c'eft du linge , il ne Bande, foit ni trop vieux ni trop neuf, afin qu'elles foient douces ou molles , déliées ou légères : la féconde qu'elles foient nettes Ôc blanches pour n'impri- mer aucune mauvaifes qualité •, latroifiéme , qu'el- les foient d'une toile unie ôc pleine non ouvrée , de qu'elles foient coupées de droit fil , d'autant que
Dij
52 eés Opérations de Chirurgie > ce qui l'eft de biais fe relâche &c fe déchire j & là quatrième 3 quelles foient égalés fans ourlets 8c fans nœuds, comme les compreiTes , de crainte de bleiTer : ajoutez qu'elles ne doivent point avoir de liiiere , fi on veut que le bandage loir accom* pli. Au refte on prendra de femblables précautions pour faire des bandes de cuir ou d'étofe. r^raîe °dc?éfc ^es bandages font où communs ou propres , les Bandages, communs peuvent -être appliquez en plusieurs par- ties pour xdifférens maux -, comme les bandages fimples 3 tant égaux qu'inégaux , & les propres ne conviennent qu'en certains endroits , & à telles ou telles maladies :: &: le nombre de ces dernières fortes eft auffi grand qu'on Compte de différentes parties au corps. Je ne précens pas vous les ex- pliquer ici toures , la difcution en eft d'une fi grande étendue qu'elle demande un cours parti- culier : je ne vous parlerai auiîi des bandages * qu'autant qu'il eft nécelîaire pour vous faire com- prendre les opérations que j'ai à vous démontrer.
ïje bandage eft ou ïlmple ou compote , on "ap- pelle firaple , celui qui n'a qu'une forte de con- tours , & qui fe fait avec une feule bande , à la- quelle on n'a rien découpé ni ajouté. Ce bandage eft de deux fortes , égal , ou inégal -, le iimpie égal eft circulaire , il embralfe la partie en rond comme un cerceau ,* la bande -en ell uniment ter- aminée (ans imparité decircuits ; le iimple inégal fe divife en quatre efpeces , on l'appelle doloire , lorfque les circonvolutions ne font que biaifer un peu , en fe couvrant les unes les autres > il fe nom- me mouife lorfqu'elles s'inclinent ôc gauchiffent davantage *, il a le nom de rampant quand elles s'é*- loignent tellement les unes des autres qu'elles laif- fent entre elles des efpaces découverts , Se il eft appelle renverfé i lorfque l'inégalité de la partie oblige de faire des replis Se des renverfemens en menant la bande fens deiîas deiîeus ; le bandage
Première Démonstration. $.$■. compofé eft celui quife fait de plufieurs bandes jointes enfemble , ou d'une, feule coupée en plu- fieurs chefs. . Application
Tous les bandages ne font pas commencés de fi- desBamUge*. nis de la même manière , les uns fe commencent par une des extrèmitez de la bande comme ceux des fractures ,. les autres à quelque diftance d'un de fes bouts comme ceux des (aiguées , ou même par le milieu de la bande , lorfqu'elle eft roulée à deux chefs comme la capeline.
On pofe fouvent le premier chef de la bande fur la partie malade j quelquefois fur la voifine x d'autrefois fur une partie, éloignée & oppofée , 8c toujours fuivant l'intention pour laquelle on fait le, bandage ; mais il ne faut jamais le finir fur l'endroit, de la plaie * parce que l'épingle dont on doit atta- cher le dernier chef ne manquèrent, pas d'y faire de la douleur.
Les bandages fervent aux remèdes , ou tiennent Leurs ufsges,. eux-mêmes Heu de remèdes. Le nombre de ces derniers efb fort grand ; car tous les bandages u'on fait aux fraclures & aux luxations les guérif-
q
fent prefque feuls : les difrérens ulages qu'on re- connoît aux bandages font qu'on les nomme dif- féremment ', on appelle incarnatifs ceux qui ap- prochent les lèvres d'une plaie l'une de l'autre *,, expulfifs ceux qui conduisent au dehors les ma- tières purulentes des àbfcès ôc des ulcères -, ces ma- ladies fe guériiîènt affez ordinairement par ces derniers moyens : quant aux premiers qui ne font que fervir aux remèdes , on les appelle rétentifs , ils font très- communs en coraparaifon des autres bandages , ils ne contribuent encore à la guérifoa qu'en retenant les médicamens fur la partie mala- de •■, il y en a plufieurs de ceux-ci qui ne convien-v nent encore qu'à certaines parties , comme à la gorge ou au ventre , lefquelles ne peuvent pas fup« porter d'autres bandages*
Diij
'54 des Opérations de Chirurgie J
La matière du bandage ayant toutes les condi- tions marquées ci-deffus, le refte dépend du Chi- rurgien qui connoilfant les différences des banda- ges , Se les cas où ils doivent être appliquez , n'a plus qu'à pofer proprement les bandes ôc à les le- ver avec adrefïe. Manière de Qn bandera élégamment une partie (i l'on ob-
bien Taire un r , . n ° r . -\ r i
Bandage, ierve les circonltances luivantes : il raut que le Chirurgien mette le malade dans une fituation commode , qu'il faffe tenir la partie qu'il doit ban- der , par un ou par plufieurs de Tes ferviteurs \ que la bande étant roulée ferme Se fes circuits égale- ment Se entièrement couverts les uns par les autres comme des anneaux concentriques , il la prenne d'une main & tenant le chef de l'autre , il la pofe fans héiiter , ni donner foupçon qu'il ne fçait par quel endroit commencer : dès ce moment pour ne point faire languir fon malade , il doit avec autant de diligence que d'exactitude entourer de la bande la partie affectée ; (a) l'agrément Se la propreté y font néceifaires , afin que le malade , les affiftans , Se l'Opérateur même (oient contens de l'ouvrage : le bandage fait , il examinera fi les circonvolutions font également conduites Se alïurées , s'il n'eu: ni trop lâche , ni trop ferré , Se s'il quadre à la forme Se au volume de la partie : enfuite il la mettra fur des couffins de manière qu'elle ne puiffe point va- ciller , ni fouffrir de douleur , obfervantpour règle générale que le bras (oit iitué un peu ployé , Se la jambe tout-à-fait étendue.
Si la dextérité du Chirurgien fe fait voir , lorf- qu'ii fçait pofer les bandes avec juftelfe Se élégan- ce , elle ne paroît pas moins , quand il eu: obligé de lever ces mêmes bandes , Se qu'il s'en acquite d'une manière ailée , fans confufîon Se (ans emba-
fa" Pour bien appliquer cette bande , il fau: la tenir dar.i la main , & n'en dérouler à chaque circuit que ce qui eil néceiïaire pour entou'rer la partie.
Première D e'm o n s t r a t ï o n. 55 ras. Pour débander la partie, il faut qu'il la mette ,£e f^°* dans la même ntuation qu elle etoit quana il 1 a lever la ban- bandée , qu'il la faflfe tenir ferme par des aiïiftans , de* & qu'alors défaifant l'apareil , ôc levant les bandes doucement & promptement , il le déroule tantôt d'une main & tantôt de l'autre fans les laider écha- per de les mains , Se obfervant fur tout de ne point exciter de douleur : 11 les bandes font collées les Unes aux autres , ou bien à la partie , il doit pour les dégager plus facilement > les humecter de quel- que liqueur qu'on diversifiera fuivant l'état de la maladie , fe fervant d'huile par exemple quand la partie eft douloureufe , du vin quand, il y a de la ftoideur & de la débilité , doxicrat lotfqu'il y a de l'inflammation.
Examinons à prefent quelques bandages qui pafJ^^ font reprefentez dans la Planche feptiéme , je n'y ai fait graver que ceux dont on le fert tous les jours , & qu'un Chirurgien doit fçavoit indiipen- fablement.
Le premier A. eft le couvre-chef, ainfî appell parce qu'il couvre & enveloppe toute la tête 1 il eft chef, fait avec une ferviete pliée en deux pour être pofé fur la tête 5 & des quatre angles qui pendent à cô- té du vifage , il y en a deux qu'on noue fous le menton , ôc les deux autres fur la nuque du col , ce bandage le plus uiité de tous convient a toutes les plaies de la tête.
Le fécond B. eft le bandeau -, il eft de deux Le ^.^ ^ fortes , l'un fimple qui fe fait avec une bande tour- née circulairement autour de la tête >9 êc l'autre fi- gurée qu'on compofe de plufieurs morceaux ou de plulieurs redoublemens de toile confus enfemble v ayant quatre rubans aux quatre angles pour le nouer derrière la tête , ce bandage eft particulier pour le front.
Le troifiéme C eft le fcapuîaite , ainii nommé £ ^ ^ parce qu'il appuyé fur les épaules : il eft fait d'une iake.
1. A.
5^ des Opérations de Chirurgie, pièce de toile de deux ou trois pieds de long fur fept ou huit doigts de large ; on l'a fendu par le milieu fuivant fa largeur pour y pafTer la tête , il fert à foutenir tous les bandages qu'on fait à la poitrine & au ventre. L'un des C. le fait vok hors du fujet , ôç l'autre le montre appliqué fur le fujet, 4« D* Le quatrième D, eft la ferviette 5 on en prend
ta Serviette» ■ r ' rr \ C • i j -
une qui loit allez longue pour taire le tour du corps , on la ployé de fan long en trois ou quatre , èc on en bande toutes les plaies de la poitrine ÔC du bas ventre j on y attache par devant èc par der- rière les extrêmitez du fcapulaire qui empêche qu'elle ne tombe, 5. te. f. G. Le cinquième £. F. G. eft une bande a faigner l faiener.6 * e^e e^ longue d'une aulne ou environ , &: large de deux doigts , E. vous la fait voir avant que de s'en fervir -, F. vous montre un bras qui en a été bandé après la faignée , 8c G. vous apprend com- ment fe fait le bandage de la faignée du pied , le- quel on appelle l'écrier. Je vous parlerai plus am- plement de ces deux bandages en faifant les lai- gnées où ils conviennent. 6- h. 1. Lefîxiéme H. I. eft un bandage pour le bras ou
Un Banctage t ■ i n / t r C •
ïsmpanc. pour la jambe appelle rampant , il le tait avec uns bande roulée à un chef de deux ou trois doigts de large , & longue de deux aulnes ou environ. Quand on le fait au bras on commence par un cir- culaire ou deux autour du poignet , & on le con- tinue jufqu'à l'épaule en laiflTant des eipaces entre chaques circonvolutions , & lorfqu'on le pratique à la jambe > on commence par un étrier , paftant le premier chef par delTous la plante du pied 8c montant en rampant jnfqu au haut de la cuilfe : ce bandage eft amplement contentif, parce qu'il ne fait que contenir les remèdes fur la partie H. en eft un appliqué fur le bras , &c I. montre la bande dont on fe fçrt pour le faire».
rea»
PlemiereDemonstratiok. 57 Le feptiérae L. eft le plus fimple de tous ; il le * *••
r * vil o ■■'»■?■ Bandage
mit avec une bandelette courte & qui n a que ce finale. qu'il faut de longueur pour en faire un ou deux tours circulaires fans monter ni delcendre.
Le huitième M. eft encore un fimple contentif ; A^r^nr mais pour le faire il faut un morceau de toile plus dagc fimpi* large que pour le précèdent : on y met quelquefois de petits cordons , ou bien on le coud fur la partie.
Le neuvième N. eft un bandage convenable 9. n. pour une jambe qu'on a defTe in de bander avec avfcX's9rï fermeté , il fe fait avec une bande pareille à celle verf* du rampant ; on jette le premier chef fous la plan- te du pied , 6c en le remontant on le croife de ma- nière qu'on fait fur le tarfe comme une croix de faint André , après quoi on pourfuit les circonvo- lutions jufqu'au jarret : 8c il faut remarquer qu a l'endroit où commence le gras de la jambe on doit faire des renverfés 8c les continuer jufqu a ce qu'on ait atteint le plus épais de ce même membre ; car autrement le bandage feroit des godets , §c ne ferreroit. pas également h jambe comme elle a be^ foin de l'être.
Le dixième O. eft une bande roulée à deux chefs r îo- °*
/ 15 i- j- 1 •«• Bande rou«
égaux ; on 1 applique ordinairement par le milieu , iée à deux tenant les deux chefs chacun dans une main. OnchcfSî fait cette bande plus ou moins large ou longue fuivant la différence des parties ou dos maladies. Elle fert à faire la capeline 8c le fpica qui font des bandages dont on ufe très-fouvenr.
L'onzième P. eft une petite bande large de deux * \- % doigts 8c aflez longue pour faire deux tours fur *™&W où la partie : elle eft fendue proche l'un de les bouts , uniflant, pour y palier l'autre chef-, ce bandage eft appellé incarnatif ou unifiant , parce qu'il réunit les lèvres d'une plaie faite en long , afin d'épargner par ce moyen une future. On le commence par le milieu de la bande fur la partie oppofite de la plaie j paç exemple , fï on veut s'en fervir au front où il con*
58 des Ope'ràtionts de Chirurgie J vient particulièrement , on pofera le milieu de la bande fur l'occiput , & coulant de part & d'au- tre les deux chefs au-deiîîis des deux oreilles , on en paflèra l'un par la fente de l'autre au droit de la plaie *, puis les tirant tous deux , on fera join- dre fi exactement les bords de la plaie l'un a l'autre , qu'ils fe puiffent reprendre fans aucune difformité. Banda« à ^e douzième Q. eft un bandage à quatre chefs*
%uacre chefs, il fe fait avec une bande de toile dont les deux ex- trêmitez ou chefs pris fuivant la longueur font fen- dus chacun en deux : lorfqu'ils font fendus en trois > tfeft un bandage à fix chefs , de quand ils le font thacun en quatre il eft à huit chefs : ce bandage s'accommode à plufieurs parties. Nous le mettons principalement au rang des incarnatifs ou unifîans , vu qu'on s'en fert pour raprocher les lèvres d'une plaie faite en travers. Avec ces deux derniers ban- dages on évitera beaucoup de futures dont le Chi- rurgien doit exemter fes malades autant qu'il eft poflible , parce qu'ils aimeront toujours mieux pour guérir être fournis au fentiment obtus d'un bandage > que d'efïïiyer les douleurs aiguës des futures. ïo. R. £e dernier R. eft un bandage figuré reprefen-
T. *" age en tant un T. on l'appelle figuré parce qu'il eft fait de deux bandes coufues enfemble j il y en a de fim- ple comme celui-ci , ôc d'autres qui font fendus Se doubles , dont on fe ferr en différentes occafions. Ce bandage convient à plufieurs parties ; il eft em- ployé fur tout après l'opération de la lithotomie &delafiftuleii'anus.
Si j'entreprenois de defeendre dans le détail des bandages , je vous demanderais bien plus de tems qu'il ne nous eft permis d'en paffer a nos affem- blées : ce que je vous ai appris fuffira pour vous en donner autant de connoifïànce que vous en de- vez avoir pour le prefent 5 venoas aux futures*
P R e'm 1ERE D e'm ONSTR.ATION. 59
VIIIe. Fig. LES SUTURES.
LA future eft une opération de Chirurgie qui §Dé*mïan de par le moyen d une aiguille enfilée 5 aide à re- la SMtaïe* << joindre &: à remettre dans une parfaite continuité les parties de notre corps violemment diviiées , ôc encore fanglantes.
Ce mot de future fe prend en deux façons , ou pour l'union des os du crâne joints enfembie en manière de dents de fcie qui s'engagent les unes entre les autres 5 ou pour une couture qu'on fait
éo des Opérations de Chirurgie y aux plaies qui eu ont befoin , &c c'eft dans céder-* nier fens que nous l'entendons , quand nous difons que la future cft le meilleur moyen qu'on doive, employer pour réunir les plaies nouvellement fai- tes , lorfque le bandage favorifé de la fuuation la plus avantageufe n'en peut venir à bout *, parce que les lèvres de la plaie étant approchées les unes contre les autres, par le iecours des points d'aiguil- le , les extrêmitez. des principales fibres qui ont été coupées Se déchirées le trouveront encore appli- quées les unes aux autres, comme elles éto îent avant que detre rompues &: féparées. Ses divi- Les Anciens ont inventé pluueurs futures , qu'ils ont réduites fous trois efpèces , les incarnatives , les reftrin&ives , & les confervatives. . Suppreffion L 'incarnative eft ainfi appellée , parce que rejoi- fuetur«elqdes gnant les bords d'une plaie , & les tenant unis en- Anciens, femble par le moyen des fils dont on les a traverfez avec une aiguille , elle fait quils fe collent , fe re- prennent ôc s'incarnent comme ils écoient aupara- vant. On la iiibdivife en cinc^, l'entrecoupée , l'en- tortillée , l'enchevillée , ou emplumée , la future: avec agraphes ,. &: la future féche. De ces. cinq fu- tures nous en iupprimons deux comme trop cruel- les & tout à fait inutiles , qui font l'enchevillée ou l'emplumée , &c la future avec agraphes. La premiè- re fe nommoit enchevillée , lorfqu'on fe fervoitde petites chevilles , & emplumée quand on prenoit; des tuyaux de plumes : on enfîloit deux ou trois aiguilles d'un double fil qu'on paffoit au travers des bords d'une plaie faifant un trou a un doigt de diftance l'un de l'autre 3 &: dans les anfes de ces fils on mettoit une cheville ou une plume , & on en lioit une autre avec les bouts, du même fil , afin que ces plumes t infient les bords de la plaie réu- nis : (a) 8c pour faire la féconde on avoir des,
fa) La plupart des Praticiens d'aujourd'hui ne s'ae-* «ordent pas lur c«t article avec noue Auteur. Ils rs^ax^
Première D e'm onstration. 6t agraphes crochues & pointues par les deux bouts , êc on en fouroit une dans la partie fupérieure , de la plaie , 8c l'autre dans l'inférieure pour rap- procher les lèvres. Vous jugez bien par le récit que je fais de ces deux futures , de quelle cruau- té elles étoient , Se en même-tems de leur inuti- lité , puifque dans le cas où elles femblent le plus néceiiàires , comme dans des plaies profondes où la contraction des parties charnues coupées tient les bords fort écartez , 8c dans les plaies des ten- dons , elles expoferoient à des convuidons terri- bles 8c à des froifTemens qu'on évite en diminuant le mieux qu'il eft poflible par des comprenions mo- dérées la dilatation de ces plaies , 8c en attendant que les fibres fe relâchent <k fe prolongent pour fe reprendre. Je ne vous en parlerai donc pas da- vantage ; je vous expliquerai dans un moment les trois autres 9 qui font l'entrecoupée , 1 entortillée 8c la future féche.
On avoit donné le nom de rertrinclive à une ef- pece de future avec laquelle on prétendoit arrêter le îang dans les grandes plaies où il y avoit ouver-
dentla future enchevillée comme un des moyens les plus utiles pour guérir les plaies tranfverfales & profondes des mufcles , parce que la cheville prenant les bords de la plaie dans toute fon étendue & dans tous fes points, cette efpece de future refilte davantage à l'effort des parties diviiées , qui tendent par leur refibrt naturel à s'écarter l'une de l'autre. Ils font encore cett^ future aux plaies du bas ventre. Les moyens dont on te fert pour la Faire , font l'éguille , le lien & les chevilles. Les aiguilles doivent être grottes & courbes à proportion de la pro- fondeur de la plaie. Le lien doit être compofé de plu- fieurs fils de chanvre cirés & arrangés à côté l'un de l'autre , deforte qu'ils forment une efpèce de ruban , & en affez grande quantité pour foutenir l'effort des lèvres de la plaie, qui tendent à s'écarter l'une de l'autre. On le préfère au cordonnet , qui étant rond coupe les par- ties. Les chevilles doivent être égales en longueur à la plaie , greffes comme un tuyaifde plu^e } Se faites de taffeças cjxé ou de tojle ^çainsce.
£i des Opérations de Chirurgie , raies de vaiiïèaux confidérabies -, ôc pour cet effet , on en avoit imaginé de diverfes façons du nom- bre defquels étoient celles du Cordonnier , du Couturier , du Pelletier 5 &c. toutes plus inutiles les unes que les autres -, car pour peu qu'on faife de réflexion fur cette future , on ne pourra pas s'empêcher de la condamner : ôc certainement fup- pofé qu'on eût coufu la peau il exactement que le fang n'en put fortir , ne s'échaperok-i! pas par le vaifleau ouvert , d'où il s'écouleroit dans tous les in.terftices des muicles , ce qui enflerait ia partie , la pourriroit Se la gangreneroit ? Ainfi c'eit. avec Julie raifon que nous retranchons cette iurure , Se d'autant plus qu'il eft d'autres moyens &c plus iûrs Raifon de Se moins pénibles pour arrêter le fang. Ônanéan- eetw fup- xno'ms confervé Image de celle du Pelletier pour la future des plaies des inteftins. Je vous la mon- trerai demain en faifant la gaftroraphie.
On appeiloit confervative cette efpece de iuture ancienne 5 par laquelle on empêchoit que clans les grandes plaies où il y avoit déperdition de fubftan- celes bords ne s'éioignaflent trop l'un de l'autre -y mais comme un bandage y fuffit , ce feroit envahi qu'on pafferoit de longs fils à travers une plaie où ils ne feraient qu'embarrafler dans les panfemens 8c irriter (ans cefle par le tiraillement qu'en fe- roient le mouvement Se le relfort naturel des par- ties, jufqu'.à ce qu'elles fuflent coupées, ou ces fils rompus ; c'eft pourquoi je la bannis avec la rei- trin&ive.
Ce n'eit point de ma propre autorité que je re- tranche ces futures , je ne fuis pas le feul qui leur ai fait leur procès : le peu davantage qu'on en a tire , Se les maux qu'elles ont caufez , les ont fait condamner pour toujours. Depuis plus de trente ans que je fais la Chirurgie > je ne les ai jamais pratiquées ni vu pratiquer par aucun autre , Se de plus de quatre cens Chirurgiens que nous fommes
V R £ M I £ R £ D e'm t) N S T R A TI O N. #£
ici afïèmblez , je ne crois pas qu'il y en aie un feul qui les ait va mettre en ufage.
Le feul avantage qu'on tire des furures c'eft la ^t*K^ de* réunion} deuxehofes concourent a la procurer, ucur *' le Chirurgien &c lanamre. Delà part du Chirur- gien deux circonftances doivent abfolument être obier vées , la première d'approcher les lèvres de la plaie 1 une de l'autre , ôc la féconde de les main- tenir dans cette fituation *, ôc du côcé de la nature , il faut qu'elle fe ferve de Ton baume comme d'un <:iment le plus propre à coller ôc à réunir ces lè- vres l'une avec l'autre. Ne vous étonnez pas iî -je mets le Chirurgien avant la nature , elle tra- vailleroit infru&ueufement fur une plaie s'il n*en mettoit par fon induftne les parties en état de fe réparer par les lues que cette fage œconome leur fournit pour cela. Afin de concevoir comment fe Comment fait cette réunion , il faut fçavoir que toutes les ^accomplie, parties de notre corps ne font compofées que de tuyaux perpétuellement traverfez par des liqueurs qui tendent à fe répandre de toutes parts , ôc qui lont inceffamment pouffées pour circuler d'une 'partie dans une autre. Delbrte qu'aulîitôt que le Chirurgien a approché les lévresd'une plaie par le moyen des futures & d'un bandage, ôc qiëil les a afîùjetties dans certe difpofition , ces numeurs qui cherchent à pafîer ôc à repalTer d'une lèvre dans l'autre trouvant les conduits rompus s'exrra- vafent j Ôc leurs parties les plus gluantes Ôc les plus balfamiques s'arrêtant dans les intervales qui ref- tent toujours dans une plaie la plus exactement refermée , s'y épaifîifTent ôc s'y endurcirent par la chaleur du lieu, ôc s'accrochant aux deux parois de la plaie , elles les tiennent unies de relie ma- nière que les extrêmitez dés filamens ôc des vaif- feaux capillaires ramollies ôc repaitries recompo- fent en peu de tems un tout continu ôc de même çiiîu qu'avant leur défunion.
64 ces Ope'rations de Chirurgie ,
C'eft aux plaies tranfverfes qu'on ne peut pas fe difpenfer de faire une future , 6c particulière- ment a celles que le bandage ne peut pas réunir 3 (a) car lorfque les bandages , tels que font les uniiTans oc lés incamatifs 5 peuvent joindre immédiatement l'un à l'autre les lèvres d'une plaie , il faut épar- gner au malade les épreuves de toutes les autres voyes. Les plaies déchirées où des morceaux dé chair pendent , & celles d'un nez ou des oreilles à demi coupées , demandent auiîi d'être coufues ; mais c'eft un abus ]ue de vouloir faire la future à des parties , telles que le nez & l'oreille , lorsqu'el- les (ont entièrement féparées de leur tout , quoi- qu'il y ait des Auteurs qui l'ayent confeillée & c'eft une folie de croire qu'on puiiTe refaire un nez emporté , en appliquant premièrement en fa place un morceau de chair de la citifïè ou du bras à figuré comme des narines 3 ainfi que quelque-ims difent l'avoir tenté avec fuccès. Cas ou ks Quoique les futures (oient des moyens infail- fnutUes "w^^ies Pour j°m^re Àfê plaie, 6c en procurer la nuifibles. réunion > il. y a néanmoins des occaîions où il nous eft défendu de nous en fervir. En voilà ftl ou.iept aufquelles elles ne fe dévoient point pra- tiquer : i°. aux .plaies foupçonnées d'être veni- meufes , parce qu'il eft à propos de donner iifue au venin , 6c de faire pénétrer les remèdes dans l'intérieur des parties où il s'eft infiniié ^ i°. aux parties de la poitrine , à caufe de fon mouvement continuel ', {b ) 30. à celles qui font accompagnées
de fa) Il eft inutile aurti de faire la future aux plaies des
J parties dont la fïtuation feule fuffit pour maintenir lés évresdelaplaie raprochées l'une de l'autre. Le bandage & la fauation de la partie font deux moyens préférables à la future 3 lorfqu'ils fuffifent.
(b) Les principaux mufcles qui recouvrent la poi- trine ne fervent point à la rèfpiration , & n'ont dans le tems de cette action qu'un mouvement qui leur eft corn"
Première Démonstration. 65 de grandes inflammations t parce que les points d'aiguilles les augmenteraient encore j 40. aux plaies contuks , vu que les chairs n'y auroient pas allez de fermeté pour foutenk le fil, 50. a celles où de grands vaiifeaux font ouverts , car il s'agit de les fermer par la ligature ou par des aftrin- gens *, 6°. aux plaies où les os font découverts , à caufe de l'exfoliation qu'il en faut attendre } (a) 70. aux plaies où il y a une déperdition notable de fubftance , parce qu'il en doit foi tir du pus poar la régénération de la chair.
Lorfqu'une plaie n'eft point de la qualité de celles Appareil que je viens de vous marquer , & qu'un Chirur- ^rSiies fu" gîen eft convenu de la néceilitç d'y faire une fu- ture, il doit avant que d'en venir a cette opération
manqué à tous en même tems par l'élévation des cotes > &qui ne peut çueres caufer de tiraillement aux points de la future. Il femble donc que le mouvement continuel de la poitrine n'empêche point qu'on ne faflela future aux plaies de cette partie qui ne font point pénétrantes» On la fait tous les jours aveefuccès aux plaies du bas- ventre) qui a comme la poitrine î un mouvement conti- nuel.
(a) Ceci demande une explication, car files os font découverts &: altérés, la luture n'y convient pas ; mais s'ils font feulement découverts ,ou même divifés par un initrument tranchant , les plus habiles Praticiens font cette opération, îorfque les autres moyens <?jue Tait four- nitpour procurer la réunion des pluies n'ont pas lieu , ou ne fuffifent pas. Cette pratique eft fondée fur un grand nombre d'obfervations & fur les raifons fuivantes i°. En xaprochant les parties nouvellement divilées , & le» maintenant en cet état , on les préferve d :s impreffions de fa^r, qui font très-dangereufes pour les plaies où les os font découverts. i9- Le fuc n. urrilTier des parties di- vilées & ainfï raprochées eft le bsume le plus propre à les réunir. 3° S'il Survient des accidens capables d'em- pêcher les bons effets de la future, ce qui arrive rare- ment , il eft aifé de couper les fils & de panier la plaie par la voye de la fupuration , qui eft toujours beaucoup plus longue , & que l'on ne doit f uivre que loriqu'on ne peut faire autrement.
E
46 des Opérations de Chirurgie ; avoir , ourre l'appareil ordinaire d'une plaie 3 trois*
•Forme deschofes nécellaires pour la faire j une aiguille A. avilies. ^u £[ g# ^ une canule C. on choifit une aiguille proportionnée à la nature de la plaie , car il en faut pour cela de plufieurs figures de de diverfes grandeurs j il y en a de droites , de d'autres qui font plus ou moins courbes -, mais les courbes (ont préférables , parce qu'il n'y a point d'endroit au corps ou l'on ne puifle s'en fervir plus commodé- ment que des droites -, l'acier en fera doux , tou- tefois un peu ferme afin qu'il ne ployé point i elles doivent être polies , pointues de (ans rouille 3 afin qu'elles percent plus promptement, de qu'en paf- Ént dans une playe elles ne raclent point : la tête de cet inftrument doit être fendu pour y palTer le fil ou le cordonnet , de creufée par fes cotez en y façon de petite goutiere , afin que le fil fe plaçant dans les crenelures , n'arrête pas l'aiguille en l'em- pêchant depafîer aifément à raifo'n de la grolïeur
Qualité du qu'il forme à ccttQ tête. Ce fil doit être uni , rond , égal , mollet , Se d'une groffeur convenable ainfi que l'aiguille j on préfère le fil d'Epinay ou de Florence à la foye , parce qu'elle coupe les chairs , encore plutôt quand elle eft teinte , toutes ces teintures étant cauftiques de rongeantes. On met le fil (impie ou double fuivant l'effort auquel il faut qu'il renfle , de on n'oublie pas de le cirer , afin qu'il ne fe pourrifie pas> de qu'il tienne mieux. La canule doit être d'argent , plutôt courbe que droite , pour s'en fervir en toutes les parties du corps -, elle fera fenêtrée pour donner paflTage à l'ai- guille , de fendue par fon bout pour laifîer fortir le fil. ïl y en a qui prétendent que les doigts du Chirurgien valent mieux qu'une canule pour tenir le bord d'une plaie pendant qu'on la coupe j de de fait il eft des occafions où l'on peut s'en paf- fer , mais non pas en toutes. C. vous reprefente
Première D e'm onstration. 6j comment elle doit être fabriquée (a).
En faifant une future il y a fix ou fept préceptes r. généraux à obferver , dont le premier eft de bien ^e§les à
t> . r garder pouc
nettoyer la plaie de tous les grumeaux de lang ^'exécution Se des autres corps étrangers > le fécond d'en faire des futures* joindre les lèvres par un ferviteur qui les tienne ainfi durant l'opération j le troifiéme de ne point trop prendre de la peau en longueur en la per^ tant obliquement -, le quatrième de ne pénétrer la chair en profondeur qu'autant qu'il faut pour ne pas laiffer au fond de la plaie une efpace où des humeurs pourroient s'amafïèr ôc fe corrom- pre ; le cinquième de féparer les points les uns des autres par des intervales médiocres j le flxiéme , c'eft d'éviter la piqûre des nerfs , des membranes Ôc des tendons ^ Ôc le feptiéme confifte à mettre quelquefois une tente au plus bas lieu de la plaie pour lui faire un égoût. Inftruit donc de ces règles générales on pourra mettre la main à l'œuvre, mais comme l'entre-coupée , l'entortillée , ôc la future féche fe font différemment , je m'en vais vous démontrer ces trois fortes de futures l'une après l'autre*
L'entre-coupée ou entrepointée s'apoelle ainfi , MéttIl0!3ê
,\ i \t ■ .,, ll « pour rentre»»
parce qua chaque point d aiguille on coupe le coupée, fil après y avoir fait un nœud : elle fe pratique en deux manières , ou avec un fil (impie , ou avec un fil double. Pour la faire en la première , on prend de la main droite l'aiguille enfilée , ôc la canule de la gauche j il y en a qui veulent qu'on en trempe la pointe dans de l'huile , afin qu'elle faiTe moins de douleur en entrant , ôc alors appuyant de la canule
■ (a) On ne fe fert plus de cette canule dans aucun cas 3 parce qu'elle eft inutile, & qu'elle peut meurtrir lés bords de la plaie. Le pouce & le doigt indice places à l'endroit où doit fortir la pointe de "l'aiguille, font le iftême effet que cet infiniment , & n'en ont point les mconvéniens,
EÏj
&S D£s Ope'ratïoks de Chirurgie J la lèvre fupérieure de la plaie > on enfonce l'ai* quille de dehors en dedans , Ôc quand elle eft à demi paliee dans la fenêtre delà canule , on la rire tout-à- fait*, puis failant la même chofe à la lèvre in- férieure j on paiTe le même fil de dedans en dehors -, fi la plaie demande plu fi eurs points , on y en fait autant qu'il en eft befoin , & enfuite on noue cha- que point d'aiguille féparément, fe gardant de faire le noeud fur la plaie , qui doit être a fa partie fu- périeure -, il faut faire le nœud du Chirurgien qui eft de paifer deux fois le fil par le même anfe % parce qu'il tient plus ferme que le nœud fimple. Il y en a qui mettent de très-petites comprelTes de linge D. D. fous chaque nœud. L'autre efpece d'entrecoupée fe fait avec un fil double enfilé dans l'aiguille \ il fait un anfe par fon bout , & quand on Ta pafTé par la plaie comme le précédent , lance qui eft la par rie inférieure de cette plaie fe relevé vers la fupérieure , ôc on patTe un d^s fils par cette anfe ; après quoi l'ayant noué d'un double nœud on le coupe avec les cifeaux E. Cette future ne diffère pas de l'autre feulement par le fil fimple ou double , mais encore parce qu'il faut la commencer par la lèvre inférieure de la plaie qui eft l'endroit où le fil doit faire fon ance , cV elle a cet avantage fur l'autre , qu'elle convient mieux aux plaies profondes , parce qu'elle eft plus forte &c qu'elle ferre plus exactement, (a) ,
(a) Cette future entrecoupée fe peut faire d'une ma- nière plus fimple. On raproche les lèvres de la p'aie, ©nies fait tenir dans cette fituation par un aide; on porte en fuite avec la main droite à quelque diitance de Ja divifîon & à un pouce de fon extrémité la pointe d'une aiguille enfiiee ; on met le pouce & le doi^.t indice de la ma n gauche fur lecôtéoprofé à i'endroic où Ton doit faire entrer la pointe derai^uiile ;on perce tout à la fois le- deux lèvres delà plaie, Ilfautque l'a: gui ile paûe jus- qu'au fond , & que fa pointe forte de l'autre côté vis-à- vis de fon entrée & à une diitance égaie On tire l'ai- guille par fa pointe , & l'on fait les antres points de fu?
Première D e'm onstrati, on. ê?
Pour bien faire les futures le Chirurgien doit cîrconft*». avoir une pelote F* lardée d'aiguilles de toutes les ces nécefoi- fortes , de droites, de courbes, de grandes, de tc prad^ue," petites , de rondes , de plates » de triangulaires , enfilées de plusieurs efpeces de fil , afin qu'il voye devant lui toute prête celle qui conviendra à la plaie qu'il doit coudre j autrement il feroit fou- vent obligé ou de fe fervir d'une aiguille qui ne feroit pas propre , ou d'attendre qu'on lui en eut apporté une autre qu'il auroit envoyé chercher.
Après avoir fait la future il y a encore des cir~ confiances eiTentielles à. obferver , dont la princi- pale eft de faire enforte qu'ayant joint enfemble; le plusjufte qu'il étoit pofïïble les lèvres, d'une plaie , elles puiuent demeurer en cet état.. Plu- iieurs confeillcnt de mettre fur la plaie une pou- dre qu'ils appellent confervatrice des futures 5 elle: eft compofée avec des remèdes gluans ôc collans £, tels que le maftic ,. la mirrhe , le bol , &c l'aioës >, il y en a dans cette fiole G. D'autres prétendent: que le meilleur remède eft le fuc nourriiiler qui porté à la partie en fait la réunion j l'on employé communément le baume d'A.rceus , qui eft dans, ce petit pot A. dont on enduit ce petit plumaceau I. qu'on met fur la future , & qu'on recouvre de cet autre plumaceau K. qui eft a (fez grand pour s'étendre jufques fur les nœuds , afin que l'emplâ-
tures fans couper les fils. Ces points doivent être à égale diftance les uns des autres ,.& en nombre proportionné à l'étendue de la plaie. Lorfqu'on les fait si faut tenir le. fil fort lâche, deforte qu'il forme des anfes allez grandes. On coupe ces anfes par le milieu , & l'on noué les fila «le manière que le nœud ne fe trouve pas fur la divifîoiv On applique fur la piaie un petit plumaceau couvert de baume d'Àrceus, & au lieuse l'emplâtre que l'Auteut- propofe, on fe 1ère d'une petite compreiïe iur laquelle; on en met une ou deux autres plus grandes fouteni.es.. de plufïeurs tours de bande, qu'on dirige de maniera qu'ils tendent à raprocha les lèvres <k Ia.plaie.
h iij
yo dis Ope'rations de Chirurgie ,; tre ne s' attachant pas à ces nœuds onnefafïê point de douleur en relevant l'appareil : on pofe enfuice l'emplâtre L, qui doit être fait de médi- camens agglutinatifs Se aftringens , tel qu'eft ceiui des hernies , puis la compreiTe M. trempée dans quelque liqueur , qui fortifie Se qui réftfte à la pourriture. Pour le bandage il faut le conformer à la ligure de la partie bleffée , ç'eft pourquoi on ne peut pas le fpécificr en particulier \ mais il faut qu'il foit fait de manière qu'il retienne les lèvres, de la plaie jointe étroitement enfemble, ; Moyen de L'entortillée ou enfilée a reçu ce nom de ce faire l'entor-qugkjflkfjj. [es aiguilles dans la plaie , on trains le fil tout autour de ces aiguilles , de la même manière que les tailleurs le font autour des ai- guilles enfilées qu'ils gardent fur leurs manches. Cette future s'exécute aufli en deux façons, car ou les aiguilles font parlées à travers la plaie com- me celle qu'on a marquée par N. ou bien com- me celle qui vous eft indiquée par O. elles font fichées à les cotez. Elles le font l'une & l'autre ordinairement avec deux aiguilles , à la première on prend deux aiguilles droites bien pointues que l'on pa(ïe l'une après l'autre avec l'aide de la ca-. nule au travers de la playe ; on commence par les enfoncer dé dehors en dedans , Se on les fait fortir enfuite de dedans en dehors -, Se fe trouvant difpofées de manière que leurs quatre excrêmitez faflent un quatre égal , on prend un fil qu'on tourne fous ces quatre excrêmitez , Se qu'on croife par deffus la plaie trois ou quatre fois , enforte qu'il en faffe joindre exactement les lèvres , puis on arrête le fil , on coupe les pointes des aiguilles, avec des tenailles incilives , Se ou finit par deux petites comprefFes , P. P. que l'on met fous les ai- guilles. La leçon de efpece d'entortillée n'eft diffé- rente de la première qu'en ce que les aiguilles ,- au lieu de traver fer la plaie , font ppiees le long de, fes
P R, E. M I Z.K E D e'mû N S T K A T I ON. 71.
lèvres , comme vous le voyez par cecre figure CX Je conviens que ces deux aiguilles font deux corps. étrangers qui peuvent biefler fans ceflfe *, mais fi ion lesfouffre bien au travers d'une plaie :, elles ne fe- ront pas plus, de mal dans cette difpofirion ^puis. qu'elles y doivent moins faire de douleur &c qu'el- les renferment une plaie fans qu'il y ait rien au de- dans qui la puifte fatiguer : ces futures; font admi- rables pour les parties qu'on ne peut pas. empêcher de fe mouvoir , comme les lèvres*.
La. future (éche a été ainfi nommée, parce qu il f^cJa a^jJ ne faut point verfer de fang pour la faire , elle n'a ces deux aU befoin ni d'aiguille , ni de fil , ni de canule , Se elle,Pèces* supplique, fans douleur fconla diftingue.cn. deux, efpeces comme les précédentes , parce qu'elle fe, fait tantôt avec unfeul morceau detofe, & tantôt il en faut deux. Pour faire la première , on prend un petit morceau de toile ou de cuir figure com- me il vous eft marqué par Q. on la couvre de colle, forte ou de quelque médicament qui s'attache a la peau, comme de la farine mêlée avec, un blanc d'eeuf , (a) on en applique la moitié fur un des çôtsz de la plaie , Se lors qu'elle tient a la peau x. on tire la toile par fon autre moitié pour l'appli* quer fur l'autre coté , où s'attachant a(Tez forte- ment , ces deux lèvres de la plaie fe trouvent très-, unies, enfemble *, cette future eft fort facile à faire -,, mais elle ne convient qu'aux plaies ; fupeu&cielles*. L'autre efpece de future féche veut un peu plus de façon -, on prend deux petits morceaux de cuir R. DiVerfc* R. coupez en triangle fur un des cotez duquel pratiques IX y a trois dentelures , dont chacune a un petit fuulïC8 fil ; on couvre ces morceaux de quelque chofe qui les fafle tenir à la peau • l'on en pofe l'un fur une des lèvres de la plaie,& l'autre fur l'autre côte*.
(a. ) L'emplâtre d'André de la Croix > ou quelqu'autre decetteefpèce, eft très- ai^j'urinatif & préférable à 1%. colle forte & à la farine. r#ëj|â avec le. bUnc d'œuf.
£ iiij
7i Des OrE'RATiQNS de Chirurgie. Les deux endroits où ils font collez font éloignez de l'extrémité des bords de la plaie d'environ un doigt j enfuite tirant ces bouts de fil on fait ap- procher les lèvres de la plaie , ôc liant ces fils par un double nœud on tient ces lèvres jointes , dc(ouc que la réunion s'en peut facilement ac- complir ; quelques-uns coufent ces dents les unes aux autres , ou bien ils y mettent des agraphes pour y paiTer un cordonnet ,* ôc d'autre ne fe fer- vent que de deux petits morceaux de cuir marquez S. S. couverts du même remède ôc garnis des mê- mes fils ou rubans : mais cela ne change point l'ef- pece Ôc ne va qu'à la même fin. Cette future eft merveilleufe pour les plaies du vifage , parce qu'é- vitant la difformité caufée par les points de l'aiguil- le , elle fait qu'après la guérxfon la cicatrice ne paroît que très-peu.
Je ne vous parie point des plaies angulaires & figurées, parce qu'il s'en peut faire de tant de différentes manières , qu'il eil impoffible de vous montrer ici comment il les faut coudre toutes ; je vous dirai feulement qu'en général on commence toujours par des points de future entrecoupée dans les angles quand il y en a , ôc dans le milieu de leurs lignes ou droites ou circulaires 9 quand elles font fans angles : on y fait autant de points que leur longueur le requiert , obfervant de ne les fai- re ni trop ferrez , ni trop éloignez , mais à une diftance raifonnable les uns des autres félon que la plaie paroit expofée a fe rouvrir , ferrant d'or- dinaire le premier Se avec plus de force l'endroit qui fait plus de violence à le dilater , parce qu'en le contenant fermement rejoint , tous les autres reftent comme d'eux-mêmes dans la îituation où De quelle on les a mis- façon l'on Quand une plaie eft réunie il eft queftion d'en
débarrafle les ; , r Lts \ r - J o
furies après o:er la future , ôc pour le faire avec prudence ôc la réunion de avec a^relTe, il faut que le Chirurgien fâche deux
la plaie, ' * °
Première D e'm onstration. y$ chofo , le tems de l'ôter , 8c le moyen de le faire. Il connoic le tems de Forer , quand il voit la plaie parfaitement bien guérie , car alors il n'y a plus à cicatrifer que les petits points faits par l'aiguille , leiquels tenant toujours ces trous ouverts les empê- chent de fe boucher -, le moyen de les ôter eft diffé- rent fuivant la nature de la future : autrement fe levé une entre coupée, autrement une entortillée , 8c autrement une future féche. Si c'eft une entre coupée 3 il faut palTer une petite fonde fous le fil , puis le couper avec la pointe des cifeaux fur la fonde proche du nœud, 8c enluite en tirant par le nœud appuyer du doigt fur la plaie, afin quelle ne puirTe pas fe rouvrir ; fi c'eft une entortillée , on défait le fil tourné autour des aiguilles , 8c on rire avec dextérité ces mêmes aiguilles , prenant bien garde de rien violenter , de crainte de renou- veler la plaie ; 8c fi c'eft une future (éche , il ne faut que de l'eau pour humecter ces morceaux de toile ou de cuir attachez fur la peau , qui étanc mouillez s'en détachent facilement.
Voilà > Meilleurs , tout ce que j'avois a vous démontrer aujourd'hui fur le général des Opéra- tions , 8c fur les futures -, demain nous commence- cerons par les opérations qui fe pratiquent fur le ventre inférieur pour fuivre l'ordre des Démonilra- tions Anatomiques , où nous avons examiné d'a- bord les parties contenues dans cette région , com- me étant les plus fujettes à fe corrompre , 8c celles où fe font les premières préparations des fucs qui doivent être distribuez enfuite à tout le refte du corps -y nous avons encore une autre raifon de commencer par elles , en ce qu'elles font plus ex- pofées que les autres , a des maladies dont le Chi- rurgien doit principalement entreprendre la cure.
lin du générât des opérations.
OPERATIONS
CHIRURGIE
<J?"
Des Opérations qui fe pratiquent, fur le ventre inférieur.
SECONDE DEMONSTRATION.
'Homme n'eil pas plutôt né , Me£. fleurs , qu'il doit un tribut à la Chi- rurgie. Il faut qu'il fonrrre d'abord une de Tes opérations , fans quoi il
» ftroit en danger de périr peu de tems
après fanairlance. A peine voit-il le jour , qu'il implore le fecours d'un Chirurgien qui lui faite la ligature 6c Fincifion du cordon ombilical. Lebe- foin que nous avons d'une telle opération en ve- nant au monde , prouve la néceiîité de l'Art qui nous enfeigne à la pratiquer , puifque fans elle , aulîitôtque nous commencerions à refpirer , nous ferions obligez de rendre incontinent les derniers, foupirs.
Qu'on ne nous dife pas que ce qui fe prati- que pour lors a l'ombilic n'çft point du dom.ûnq-
Seconde D e'm q n s t r a t i o n. 75
de la Chirurgie , à caufe que les Sages - femmes. De j3 K to
cor- îbilu
font employées à cette opération ; car quoique par t«« du cor. un motif de pudeur mai fondé les Chirurgiens ca°"
ayent anciennement inltruit dzs Matrones dans l'art d'accoucher , toutefois il efb vrai de dire que les accouchemens ne dépendent pas moins de la Chirurgie , que les maladies des yeux , des dents , de la pierre , les fractures & les luxations , le£ quelles (ont pourtant traitées par des perfonnes qu'on defigne fous le nom cTÔçuliftes , d'Arra- cheurs de dents, de Lithotomiftes, de Renoueurs y puifque tous ces diiîerens Opérateurs n'ont de ïliccès dans la cure de ces infirmités qu'entant qu'iis fe conforment aux préceptes que leurpref- crit notre Profetlion.
La fcienee Chirurgicale eft d'une fi grande étendue , qu'on a été obligé de la féparer en di- vers emplois, aufquels plusieurs gens fuivant leur génie fe font uniquement attachés. En effet les parties de la Chirurgie font en fi grand nombre , qu'il eft très-difficile qu'un Chirurgien puilTe ex- celler également en toutes -, mais il ne lui eft pas permis de les ignorer , il ne doir point donner de bornes à Tes lumières , &: c'eft ce qui le diftingue de ces fortes d'Opérateurs particuliers.
Les Chirurgiens qui ne font pas leur principal des accouchemens , ou qui même (ont dans le delfein de ne s'en pas mêler du tout , doivent fça- voir comment il faut lier le cordon de l'ombilic , parce que s'ils étoient appeliez au moment qu'une Femme viendrait d'accoucher , ou qu'ils fe trou- valïent feuls avec elle , ils verroient expirer l'en- fant entre leurs bras, s'ils ignoroient les moyens de faire la ligature a ce cordon.
Il ne faut pas différer long-tems à faire cette li- gature, par la raifon que je vais vous en dire : vous, avez pu apprendre dans mon Anatomie que le fang étpit porté de la mère à l'enfant le long du
76 des Opérations de Chirurgie, cordon par la veine ombilicale, & qu'il retournoit de l'enfant à la mère par les artères du même nom, ce qui eft manifefte par le battement qu'on fent à. ces artères tout le long de ce cordon , Ôc qui ré- pond au mouvement du cœur de l'enfant j ainiî vous jugez bien que par le retardement de la liga- ture l'enfant pourroit perdre tout fon fang , parce que les artères le portant fans celle vers le placenta. d'où il fe peut échaper par les mêmes embouchu- res , par où ilrepatïoit à la mère , ôc n'en revenant plus de nouveau par la veine ombilicale pour remplacer celai qui fe vuideroit , il ne faudroit pas que cette inue reftât ouverte beaucoup de tems, pour le faire mourir.
Cette opération qu'on nomme embruotomie , dé* rive de embruon, qui lignifie enfant, ôc de témnein> qui veut dire couper, parce qu'elle conûfte à faire la fection du nombril d'un enfant qui ne vient que de naître. Cette opération s dis^je , quoique des. plus fimples de la Chirurgie , demande néant- rhoins toute l'application de celui qui la fait, par- ce qu'elle eft accompagnée de circonftances e£- fentielles qui font très-délicates , puifqu on a vu mourir plufieurs enfans 3 faute de l'avoir bien faite. Voici la manière de s'en acquitter parfaite- ment.
On prend du fil qu'on ployé en cinq ou fix don-,
blés , Ôc de la longueur d'environ un pied , on fait
un noeud à chaque bout de ces fils pour les tenir
enfemble , ôc empêcher qu'ils ne s'entremêlent en
fllA:.Pr?-faifant la ligature. De ce fil A. ainfî apprêté, on
pre a lier le . ■ . & x , 1 i • 5F j
cordon de lie le cordon a deux travers de doigt près du nom- l'ombilic. fcÇy je penfant [ & Qn fait un double nœud d'a- bord i puis retournant le fil de l'autre côté , on y fait encore un femblable nœud qu'on recommen- ce une troifiéme fois pour plus grande fureté ; CifcauxB. enfuite on coupe avec de bons cifeaux B. ce cor- don à un doigt au-de-là de la ligature 3 enforte-
Seconde Démonstration. 77 *<ju9il ne refte du cordon au ventre de l'enfant , que la longueur de trois travers de doigt.
Cette ligature doit être médiocrement férée , car ii elle l'étoit trop , elle pourroit couper le cor- don , principalement quand on la fait avec du fil fin , c eft-pourquoi on prend ordinairement de gros fil : il ne faut pas auiîi qu'elle foit trop lâche , de crainte que le fang ne s'échape , ce qui caufe- roit la mort a l'enfant , avant qu'on fe fut apperçu de cet écoulement , parce que l'enfant alors fe trouve emmailloté , & cela n'eft arrivé que trop fouvent. On obferve donc un milieu entre ces deux extrémités , 6c on examine aptes la ligature faite & le cordon coupé, s'il ne fort point de fang, ce qui fera une preuve évidente que l'opération eft bien exécutée.
On trempe dans de l'huile un morceau de linge large de trois doigts, ou bien on le couvrede beure frais pour en envelopper circulairement ce refte de cordon lié, puis le relevant en haut on le cou- che fur une petite comprefle dont on aura garni le ventre de l'enfant *, on en met une féconde fur le nombril, ôc on bande le tout avec un linge large de quatre travers de doigt qui fait le tour du corps de l'enfant.
Quelquefois ce cordon venant à fe defTécher , . inconvé- fait que la ligature n'eft plus aflez ferrée, ôc qu'il m en fort quelques gouttes de fang par les différentes impulfions de celui de fes artères qui fait toujours des efforts pour reprendre fon ancienne route ; en ce cas rlfaut rerTerer la ligature, c 'eft-pourquoi le Chirurgien ne doit pas la première fois couper les fils proche des nœuds , au-contraire il les laiffera un peu longs pour en faire encore quelques tours quand la néceflité le requierera.
Lorfque le Chirurgien aura fait ce que nous ve- nons de marquer , il abandonnera le refte à la na- ture qui aura le foin de féparer ce cordon, ce
ter.
7$ Des Opé'ràtiôms de Chirurgie, qu'elle achevé en fept ou huit jours , 8c on doit toujours le lailTer tomber de lui-même , fans tirer par trop d'impatience , de crainte qu'en l'arrachant trop tôt 8c avant que les artères (oient entièrement réunies 8c fermées, il n'y arrivât une perte de fang. Erreur per* Il n'y a (ur cette opération que trop d'erreurs ricieu e* vulgaires aufquelles le Chirurgien ne doit point faire attention. Quelques femmes prétendent qu'a- vant que de faire la ligature de l'ombilic , il fuit repoutfer dans le ventre de i'enfant tout le fang qui ell dans les vaiflfeaux de ce cordon -, cette pratique feroit pernicieufe , 8c on fe donnera bien de garde de la îuivre, vu que ce fang refroidi par l'air du dehors , étant ordinairement grumeié , feroit ca- pable de faire des obilru étions 8c de le corrompre dans le corps. Il y en a d'autres qui afîùrent qu'une femme aura encore autant d'enfans qu'il fe ren- contre de noeuds le long de ce cordon > 8c elles ajoutent que de ces nœuds ceux qui font rouges , marquent les garçons , 8c les blancs les filles ; mais comme ces nœuds ne font faits que par la dilata- tion des vailTeaux qui font plus pleins de fang en un endroit qu'en un autre , c'elt un abus de croire qu'ils marquent le nombre des enfans qu'une fem- me aura , puifqu'on en voit autant au cordon du dernier enfant d'une femme qui accouchera a quarante-cinq ans , qu'au cordon du premier en- fant d'une autre qui fera accouchée à dix-huit ou vingt ans. D'autres encore veulent qu'on faile la li- gature tout proche du ventre de l'enfant quand c'eft une fille , 8c plus loin quand c'eft un garçon , parce qu'elles s'imaginent que les parties de la gé- nération ont du rapport arec ce cordon , 8c qu'el- les feront dans la iuïte proportionnée à la mefure qu'on lui donne alors : Mais vous ne devez avoir aucun égard à ces préventions qui ne peuvent paf- fer que pour des contes de bonnes-femmes.
Seconde Démonstration. 7^
OUoiquc la Gaftroraphie foit une des plus con- ®£STR,01U* fidérables Opérations , ce n'eft cependant qu'une future qui fe fait aux plaies du ventre. Ce nom eft compofé de deux di&ions grecques , fça- voir , dcgaz,e r , qui fignifîe ventre , de de raphé 9 Etimoîogi* qui veut dire couture \ de comme cecte couture ne de çe mot• fe pratique pas feulement à l'abdomen ,. mais en- core à i'eftomac de aux inteftins , il eft a propos que le Chirurgien foit inftruit des plaies qui arrivent à ces parties.
Les plaies du ventre font de deux fortes , car ou elles font pénétrantes > ou bien elles ne bleifenc que les parties contenantes fans entrer dans la capa- cité j de alors elles ne demandent pour être gué- ries que le traitement qu'on fait aux plaies iimpies de toutes les autres parties du corps ( a ).
Des plaies pénétrantes , les unes font fans léfîon des parties contenues , de les autres avec léiion j celles qui ne bieflent point les parties internes , fe- ront encore panfées comme les plaies (impies , tâ- chant d'en procurer au plutôt la réunion *. mais pour celles où les parties contenues ont reçu quel- qu'atteinte , il faut que le Chirurgien examine foi- gneufement quelles de cts parties peuvent être of- f enfées -, car de telles plaies ont toutes des lignes particuliers qui nous indiquent le vifeere bleffé , de l'endroit où le coup a porté.
De toutes ces plaies , les unes font avec iflue de quelque partie fans léfion 3 les autres font avec irTue de i-éfion tout enfemble , de tant aux unes qu'aux autres , ou c'eft l'épiploon qui fort , ou c'eft
(a) Il y a néanmoins des plaies non pénétrantes du bas-ventre qu'on ne doit pas traiter comme de plaies fimples. Telles font celles qui font faites par les armes ir feu & par d'autres inftrumens contondans , & celles qui pénètrent jufqu'à la guaine des mufcles droits , & qui peuvent fe trouver compliquées de tous les accidens qui fuivent le? blelfuïes des paities apQneuiQuques.
$o Des Opérations de Chirurgie, l'inteftin , ou tous les deux de compagnie : Enfin à ces fortes de blcflures où les parties font récem- ment (orties les inteftins ne font pas encore enflez , ni l'épiploon altéré j au- contraire fi ces organes ont été long-rems expofés à l'air , pour lors les inteftins étant bourfouflez , ont befoin de remèdes carmi- natifs & difcuflifs , pour les défenfler , ôc la partie de lepipoloon qui fera poufïee au dehors , étant altérée 3 il y faudra faire la ligature , pour la re- trancher de la manière que je vous montrerai dans un inftant» il faut «a- Le bas-ventre peut recevoir une bleiïure de tout
ininer l'ïn- ■ n i i i> r J
ftrumenc qui ce qui eft capable d en faire dans toute autre partie a fait la plaie, tJu corps, mais en quelqif endroit qu'il arrive plaie il eft toujours de la prudence de le faire repréfen- ter llnftrument avec quoi le malade a été oflenfé , de de l'examiner comme l'on fit lorfque le Roy Henri III. fut bleiîé i on trouva que le couteau dont le traître l'avoit frappé , étoit long d'un pied Se enfanglanté plus de quatre doigts , ce qui fit ju- ger que les inteftins étoient percez , eu égard à la fituation delà playe , en quoi on le confirma par les accidens qui fur vinrent , 6c par la .mort qui s'en ' enfuivit dix huit heures après le coup reçu. Comment On connoît quand une plaie eft pénétrante , ou on connoîtra par ^a (onje (a~j ou par Ce qui en fort y comme l'épi-
pénécre. plûon
(a) Pour découvrir la pénétration d'une plaie du bas- ventre par le moyen de la fonde , on doit mettre, autant qu'il eft poffible, le blefîé dans la fituation où il étoit lodquila ie^u le coup. Cette méthode cependant ne tentât pas toujours. Le changement de direction des fibres qui ont été divifés , un corps étranger arrêté dans la plaie , le gonflement qui arrive quelquefois autour de la plaie par la rétention du fang , de la lymphe, ou de l'air; l'iiTue de quelques parties engagées dans le trajet de la plaie, font autant d'obftacles qui peuvent empê- cher la fonde de pénétrer jufqu'au fond de la plaie. Au refte la fonde ne fait connoître que la pénétration des plaies fans découvrir fi les parties intérieures fo»c
Seconde Démonstration. Si ploon 6c i'inteftin : 8c parce que les plaies qui pé- nétrent peuvent blefïer toutes les parties contenues dans le bas- ventre , c'eft au Chirurgien à. diftin- guer parles fignes qui paroitTent,quelies font celles qui font ofFenfées, Voici à peu près tous les fignes généraux fan lefquels on ne fe peut guéres trom-*
Per*
La fîtuation de la bleffure donne ou Chirurgien pat \2 n£Ua-
la première notion de la partie qui peut être en- tion« dommagée, puifque fcachant par l' Anatomie quel- les font celles qui font placées dans chaque région du ventre , il eft vrai-femblable de croire que fi le coup a été reçu dans Phypocondre droit, par exem- jple > c'eft le foye qui fera blefTé \ de Ci la plaie eft
blefiees ou non -, & comme le plus où le moins de pro- fondeur d'une plaie n'en fait pas le danger > il me iem- ble que la pratique de fonder les plaies du basventrè eïl aifez inutile. Ce qui les tend dangereufes , c'eft prin- cipalement la léfion des parties intérieures. Or les fym- ptômes qui viennent derépanchement des liqueurs ott de la divifion des parties neryeufes & membraneufes , font les feuls moyens par lefquels on peut connoïtre fï les parties intérieures font endomagées. ,
II faut encore remarquer ici au fujèt de la pénétration des plaies , qu'une plaie peut paroitre pénétrante , & ne l'être pas effectivement. Par exemple , une épée perce les tégumens extérieurs du ventre à un certain endroit,&: fort par l'endroit oppofé : il femble alors quelle traverfe le ventre. Cependant elle peut avoir gliffé le long du pé- ritoine fans l'avoir percé , furtout ïi le blelTé eft Fort re- plet. Un homme a deux bleflures à peu près femblables au ventre, l'une par devant, l'autre par derrière: on peut croire qu'elles ont été faites du même coup , & par conféquentquerinftrumenta percé le ventre de part en part. Elles pourroient néanmoins venir de deux coups différents , & n'être point pénétrantes. Pour ne fe point tromper en ce cas, il faut fçavoir diftinguer l'effet de l'entrée des inftrumens d'avec celui de leur fortie. Les inftrumens piquans tels que l'épée , font de plus grandes ouvertures en entrant qu'en fortant ; au -contraire les in- ftrumens contondans , tels que les baies de fufil , font de plus grandes ouvertures en fortant qu'en entrant.
^ar le» ex
frétions,
ti Des Ope'ràttions de ChirUrgIiî à gauche , ce fera la ratte > ôc ainfi des autres.
Les excrétions font des marques certaines de la nature de la partie bieiTée , par exemple , fi c'eft le foye , il fortira de la plaie une grande quantité de fang affez vermeil ; fi c'eft la ratte > il n'en fortira pas tant , mais il fera plus noir ôc plus épais , parce qu'il eft moins atténué ôc qu'il féjourne davantage dans ce dernier vifeere, fi c'eft l'eftomac , il s'en écoulera des alimens i fi ce font les inteftins grê- les , il fe fera perte dune lubftance blanchâtre ôc chileufe; des gros boyaux percez, on verra éva- cuer les matières fécales ; comme l'urine de la vef- fie qui aura été ouverte. Accidents Les plaies des parties du ventre ont encore cha- |^/biaeu^ cime leurs accidens propres qui nous les font di- ftes. ftinguer les unes âts autres. On appelle accidens
propres, ceux qui font particuliers à chaque or- gane. Le foye i>le(fé fait fentir une douleur poi- gnante qui s'étend jufqu'au cartilage xiphoide. Les. ceins, les uretères ôc la veftie ne font point attaquez enfemble ou féparément qu'il n'y ait difficulté d'u- riner, ou que les malades ne rendent une urine teinte de fang , ôc quelquefois du fang tout pur : l'eftomac percé caufe le hoquet , le vomiffement , <les contorfions au ventre , des fueurs avec refroi- chftement des extrémitez : ôc les plaies des inte- ftins , principalement des grêles , font accompa- gnées de fréquentes foiblelfes , de douleurs extrê- mes , de furfocations , de naufées , de fièvre con- tinue 9 defoifinfupportable , ôc de grandes in- quiétudes $ ce furent aufli tous ces fymptômes que Guillemeau nous rapporte être furvenus à la blei- (lire d'Henry 1IL Roy de France Ôc de Pologne (a).
(a,) Outre tous ces moyens de difeerner quelle eft la partie bleffée , il en eft plufîeurs autres qui ne font pas moini utiles. iQ. Le fîégede la douleur indique à peu près la partie foufrante. i°. Si l'on peut faire dire au blefle en quelle fmiacion ilétok lorfqu'il a reçu le coup, oa
Seconde Démonstration,, S 5 Quoiqu'une plaie du ventre ne foie pas des plus grandes , il arrive toutefois très-fouvent que l'in- reftin en fort *, un Chirurgien habile connoîr à la #gne Cer- ieule vue s'il eft blelTé ou non , quand même ce fe- teftïf p«S" roit dans un autre endroit que dans la portion qui eft fortie. Lorfque Tinteftin eft flétri Ôc afFaifle , c'eft une marque qu'il y a eu ouverrnre par où les ventofitez Te font échapées ,• mais lorfqu'il eft ren- dre ôc bourfouflé , c'eft tin ligne évident qu'il n'a point reçu de plaie.
Il ne faut pas s'étonner fi l'inteftin fort fouvent pourquoi feul fans être accompagné del epiploonjaraifon en ^piploo« n®
n t> s • » a. E' • 1 V fort pas cou-
eft aitee a concevoir, c eit que 1 epiploon pour 1 or- jours avec dinaire ne defeend point plus bas que le nombril ,l,inteftin*
en tire quelques conjectures *, car Ton fçait que les par- ties flotantes du bas-ventre peuvent, félon les différen- tes fituations ou attitudes du corps > changer de place & en faire changer à quelques-unes de celles qu'on appelle fixes. Il n'eft pas même inutile de feavoir l'attitude de celui qui a porté le coup ; car un coup porté de haut en bas &en certain endroit, bleffer a des parties différentes de celles qu'il blefferoit s'il étoit porté de bas en haut vers le même endroit. 3° Il eft bon de fçavoir, fi l'eftomac n'étoitpas rempli d'alimens, & s'il y avoit long-tems que le blefle avoit uriné lorfqu'il a reçu le coup , car la plé- nitude de l'eftomac ou de la vefTie augmentant leur vo* lume, les expofent davantage aux bleflures, & change un peu la fituation naturelle des, parties voifines. 40. Si' la blefiure à été faite par une épée , i! faut tâcher , s'il eft poffible , de l'avoir pour confronter la différente lar- geur qu'elle a dans fa longueur avec celle de la plaie. On pourra conjecturer par là combien l'épée a pénétré. Il faut remarquer au fujet de la tenfion , de la dou- leur, de la difficulté de refp ire r, delà petiteffe&r d@ la concentration du pouls , du froid des extrémités , des naufées, des vomifiemens, delà fièvre > Se des autres fymptômes de cette efpèce, qu'ils font plutôt les fuites de l'inflammation ou del'épancnement de quelques liqueurs dans la cavité , que les effets de la léfîon des parties , & par conféquent, que les plaies du bas-ventre ne font dangereuses que par l'épanchement qu l'inflammation qui peuvent y furvenir.
. Fii
^4 Des Opérations de Chirurgie? ce qui fait qu'aux plaies qui font au-deflbus de l'ombilic , cette toile graifleufe ne paroît point an dehors , fi ce n'eft à des perfonnes dans qui il oc- cupe une plus grande étendue,tombant à quelques- uns jufques dans le ferotum. te ptogno- Nous ne parlerons ici que de la cure des plaies* phi«C eft$ ^es inte^ms & de l'épiploon , parce qu'il n y a que douteux, celles-là qui ayent befoin de l'opération que je vais vous enfeigner. Mais avant qu'un Chirurgien i'en- treprene , il doit «n faire un prognoftic douteux * car il en meurt beaucoup plus qu'il n'en réchape : il faut auffi qu'il fçache que les inteftins gicles font, plus difficilement guéris que les gros , tant à caufe de la ténuité & de la délicateffe de leur fubftance à qui eft moins charnue de pat-conféquent moins propre à fe cicatrifer , qu'à caufe que ce qui palTe chez eux étant plus liquide * échape plus aifément par la plaie. Comment Venons à préfent aux moyens de remettre l'in-
Hntcftfn fors teftin tàfy& eft <"<*« , & qu'il n'eft point bleffé ï &> nous travaillerons enfuke fur celui qui eft percé ,
ôc qui a befoin d'une future pour être guéri.
Un Chirurgien qui voit un inteftin dehors , Se qui, comme je vous ai déjà dit, connoît à fon bom> fouflement extraordinaire qu'il n'eft point ouvert , doit le faire rentrer dans le ventre au plutôt, après avoir reconnu qu'il ne fait que de fortir ; car alors il fera plus aifé de le remettre promptement , fur- tout quand la plaie de l'abdomen eft affez grande » Se il s'y prendra de la manière qui fuit. On pofe le malade de forte que la plaie foit au plus haut lieu. Si elle eft au dedans du nombril il fe tiendra de boue ou aflis. Si elle eft au-deftbus, on le couchera, & on lui mettra les feffes ôc les cuifïes beaucoup plus hau^ tes que le refte du corps ; quand elle fe trouve dans la partie lombaire droite » on le couchera fur lar gauche , 8>c au-contraireiî la plaie eft à la gauche, on le mettra fur la droite , afin que dans de telles
Seconde Démonstration., 85 poftures le refte des parties internes ne pouffe pas vers la plaie -, puis avec Les deux doigts indices, Se Remarque» non pas avec des bougies comme vouloient quel- dc PratI(lue* ques Anciens , il faut rèpôuflèr peu à peu l'inteftin dans le ventre , obfervant de ne point retirer le doigt qui eft au dedans , que celui qui eft au de- hors ne foit entré , de peur que fi la partie de l'in- teftin qu'on a fait rentrer nétoit toujours retenue par un doigt , elle ne reflortîr*! l'inftant. Il faut commencer à faire rentrer le boyau par le bout fortile dernier, & finir par celui qui a paru le premier ,. afin que chacun puifle être remis dans fa place ordinaire. Si le malade pouvoir continuée de poufler de de rendre fon haleine pendant qu'on lui repoufïe les inteftins en dedans, ilsrentreroienc plus commodément , parce que durant l'expiration le diaphragme fe retirant en enhaut, la capacité du Le m^âe. bas-ventre en feroit plus grande. Il faut faire tenir facilite l'o- €n même tems avec les deux maihspar un ferviteur j^àn" f0na les deux lèvres delaplaie pour empêcher quei'inre- haleine» ftin ne refTorte; &: enfin agiter ôc fecouer le malade, afin que les parties reprennent leur lieu natureL
Mais s'il y avoit long-tems que l'inteftin fur fbr- ti , & s'il étoit tellement grofli 3c enflé qu'il fut impofîible de le renforcer en cet état dans l'abdo- men , il faudroit procurer ce remplacement en fai~ lant de deux choies l'une 5 fçavoir , de difïiper les ventofitez , ou d'accroître la plaie.
Pour difïiper les ventofitez , dont la caufe eft Caufe du toujours Pimprefîion de l'air extérieur , quirefroi- bourf°,ufl,!"w
T/Y i>* n*" r • i/i r\' 1 r • rr ment de 1 i»=
amant 1 mteftin rait obftruehon dans les vailleaux teft'm, Se excite dans fes fibres charnues ôc tendineufes ,. des convulfions qui le bourfouflent,on fomentera, cet organe avec de Peau de du vin tiédes, lorfqu on n'aura pas la commodité ni le tems d'y faire des fo^ menrations avec de gros vin dans lequel ou auroit mis bouillir l'anis , le fenouil , la camomille , Ôc le Trémie* mélilot 3 y ajoutant un peu defel commun. Sipaxm°ye" d*&
F iij
%6 Des Opérations de Chirurgie , malheur on étoit en pleine campagne où on n'eut rien pour rechauffer Ôc amollir Pinteftin , il fau- drait faire piller le blefle , & de fon urine route chaude fomenter cette partie pour en diiîîper les vents. Quelques Auteurs ordonnent de mettre deffus des animaux , comme de petits chiens cou- pez vifs -, Se Paré nous propofe de faire à Pinteftin c. pluiieurs ponctions avec cette aiguille C. Il affure v Aiguille. en avo jr vu ^e ^Qns effets > mais il faut que l'ai- guille foit ronde , afin quelle ne faffe qu'écarter les fibres de ce canal fans les couper ,' comme feroit* une aiguille qui feroit tranchante, plate , ou trian- gulaire (a). Second si ce premier moyen tenté par toutes ces voyes oycn* ne réufliffoit pas affez pour faire rentrer le boyau 9 il en faudroit venir au fécond , qui feroit d'agran- dir la plaie (b) , Se pour le faire avec méthode , on doit examiner quatre chofes 9 qui font, i°. le lieu qu'il faut amplifier. 2°. la grandeur de l 'ou- verture qu'il y faut faire , 30. lesinftrumens qu'on y employera ; Se 40. comment on s'y prendra pour faire cette augmentation. Quatre con- Pour le premier point , il faut avoir égard a\ £trT"c°i? a^eux chofes , la première , que les inteftins ne première*, puiffent pas fortir librement par l'endroit qu'on dilatera , Se la féconde , que la plaie fe puiffe re- prendre Se agglutiner facilement , fans qu'il y fur- vienne d'accidens qui embaraffent , Se qu'on évi-
(4 ) Il eft inutile & fort dangereux de faire ces fortes de pondions à Pinteftin : les ouvertures qu'une aiguille londe peut y faire ne font pas affez grandes pour don- ner ilïuë à Pair qui y feroit renferme , & peuvent y oc- cafionner une inflammationé
(b ) Quand on ne peut pas faire rentrer avec les doigts les parties forties , il eft plus prudent de ne pas s'amu- fer aux premiers moyens dont l'Auteur parle